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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 17:51

 

Sous le titre « Pacification de la Côte d’Ivoire », l’image montre des citoyens allongés sur le sol dans la rue quelque part dans Abidjan. Devant eux, debout, trois ou quatre individus tous armés ; l’un d’eux, sans doute le chef de la bande, tient en plus dans sa main droite une chicotte dont il frappe violemment l’un des citoyens à terre malgré ses supplications…

 

Les personnes de mon âge et plus ont dû éprouver d’étranges sensations en regardant cette image. Alors on n’en faisait pas des photographies, encore moins des photographies en couleurs, mais de telles scènes étaient, pour ainsi dire, le pain quotidien de nos pères. En ce temps-là, c’était le travail de ceux que nous appelions avec mépris les « gardes froko », ces exécuteurs des basses œuvres des commandants auxquels, il y a cinquante et un ans l’indépendance avait substitué nos sous-préfets et nos préfets…

 

« Pacification de la Côte d’Ivoire », c’est le titre du livre dans lequel le sanguinaire gouverneur Angoulvant croyait justifier ses crimes contre les Baoulé, les Abbey, les Tchaman et quelques autres peuples de cette contrée dont ses compatriotes convoitaient les terres, les forêts et la force de travail. C’était en 1911, il y a tout juste cent ans… 

 

Et nous sommes indépendants depuis cinquante et un ans. Cinquante et un ans pendant lesquels, à contempler un tel spectacle, nous n’aurions donc fait que tourner en rond jusqu’à retomber dans l’époque d’Angoulvant et des « gardes froko ».

 

Marcel Amondji (14 avril 2011)

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Published by chato9.over-blog.com - dans Billets d'humeur
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