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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 10:11

Que célébrons-nous le 7 août 2012 ?


Depuis l’installation au pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara, la France contrôle désormais la Côte d’Ivoire au double plan politique et économique. Le nouveau chef d’Etat ivoirien est entouré de conseillers français bombardés là par l’ex-Président français, Nicolas Sarkozy, ami et parrain de M. Ouattara. Parmi ces conseillers, il y a le général Réglat, un général 4 étoiles, qui joue le rôle du vrai ministre de la Défense du gouvernement Ouattara. L’autre Français Philippe Serey-Eiffel, patron du pool des conseillers spéciaux au Palais présidentiel, est ce qu’était Jacques Foccart, « Monsieur Afrique » du IMG 0045général De Gaulle, pour Houphouët-Boigny à partir de 1960. C’est-à-dire une sorte d’éminence crise qui régente tout. Serey-Eiffel est même plus puissant que le Premier ministre de Côte d’Ivoire. D’où ses relations heurtées avec Guillaume Soro quand celui-ci était à la Primature. Philippe Serey-Eiffel passe aussi pour être le véritable ministre de l’Economie et des Finances du régime Ouattara. Au plan politique, jusqu’à la chute de Nicolas Sarkozy, c’était encore l’Elysée, a-t-on appris, qui donnait les ordres à Abidjan. On ne sait pas si sous François Hollande, quelque chose pourra changer. Parce qu’aux côtés de l’actuel président français, il y a Laurent Fabius, un Françafricain de la vieille école qui soutient Alassane Ouattara. Il se raconte même que Sarkozy, avant sa chute, aurait donné son accord pour le dernier remaniement ministériel qui a porté Jeannot Ahoussou-Kouadio à la tête du gouvernement. La France de Sarkozy s’était réjouie d’avoir renversé Laurent Gbagbo. Elle affirmait, en avril 2011, avoir retrouvé ses relations traditionnelles avec la Côte d’Ivoire avec la chute du président Laurent Gbagbo en qui cette France-là trouvait des visées indépendantistes. C’est pourquoi on comprend que Jacques Chirac a soutenu la rébellion armée en Côte d’Ivoire. Qui ne se souvient pas que c’est bien Jacques Chirac qui a parrainé, via son « Monsieur Afrique », Michel de Bonnecorse, la création du Rhdp à Paris. L’homme était prêt à tout pour voir Laurent Gbagbo disparaître de la scène politique ivoirienne. Gbagbo qui refusait d’être téléguidé par l’ancienne puissance coloniale. Les armes ont eu raison de lui et la communauté internationale a installé son pion à la tête de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, c’est l’Onuci, une armée étrangère, qui assure la sécurité du chef de l’Etat ivoirien. Son patron Bert koenders, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, est quasiment assimilé par certains observateurs à un vice-Président de la Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, l’indépendance devient un vain mot pour la Côte d’Ivoire. Qui est devenue un pays sous tutelle de la France et de la communauté internationale. Alors que célébreront les Ivoiriens, le 7 août 2012 ? Peut-être la recolonisation, mais pas l’indépendance.

Robert Krassault
(Source : Notre Voie 4, 5 & 6 août 2012)


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