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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 09:42

    Au citoyen Mamadou Koulibaly, avec nos voeux de prompt rétablissement

 

En zappant ce beau matin du 10 octobre, je suis arrivé sur une chaîne documentaire télévisuelle consacrée à la vie des animaux. Dans cette jungle, les combats étaient férocement engagés entre ces espèces sauvages. Au terme du reportage, une des espèces finit par succomber. Le journaliste réalisateur s’est alors laissé aller à ce commentaire sans appel : « Dans la jungle, la règle est implacable : Pour que l’un puisse vivre … l’autre doit mourir ». Toujours.

 

Observateur attentif de la politique ivoirienne, la chute du commentaire du journaliste a résonné dans mes oreilles et m’a fait penser, par une bouleversante analogie, à la gouvernance désastreuse d’Alassane Ouattara en Côte d’ivoire. Oui, en quelque mois, Ouattara a réussi à transformer la Côte d’Ivoire, une république, en une jungle où pour qu’il puisse vivre et régner, l’autre, c’est-à-dire celui qui a été et demeure proche de Laurent Gbagbo, doit fatalement mourir. Mourir en prison ou en exil, mourir tétanisé par la terreur ambiante, mourir reclus dans son propre pays, exproprié de ses doits les plus élémentaires. Un pro-Gbagbo ou supposé comme tel qui est quotidiennement pourchassé, justement comme dans une jungle, pour être broyé par des fauves animés d’un pitoyable instinct de survie. C’est dans cette jungle qu’ont subitement fleuri des expressions assassines comme aseptiser, nettoyer, éradiquer. Ceci pour en finir avec ces pro-Gbagbo qui, subitement devenus fous selon l’expression du journal du RDR « Le Patriote » , veulent s’allier à des coupeurs de bras d’Ansar Dine. En fait, comme les lépreux du temps de la Rome antique, on aurait tellement voulu les voir circuler partout avec des clochettes pour que toute la planète s’écartât de leur chemin !

 

Tenez, combien sont-ils ces fonctionnaires qui sont assis chez eux, chassés par la politique immonde de rattrapage ethnique revendiquée publiquement par Ouattara. A la douane, à l’éducation nationale, au Port autonome d’Abidjan, dans l’armée, dans les entreprises publiques, bref partout. Le couteau de la vengeance entre les dents, Ouattara chasse et veut tout mettre à mort comme dans la jungle, pour faire place nette en vue de régner. Parlant de vengeance, la chanteuse ivoirienne de renom Aïcha Koné, n’en pouvant plus de s’étouffer, a fini par s’éclater dans la presse en ces termes : « Moi, en 2000, j’ai fait campagne et voté pour Robert Guéi. Mais j’ai été touchée d’apprendre que le président Gbagbo allait décorer un certain nombre d’artistes dont je faisais partie parce qu’il estimait qu’ils honoraient la Côte d’Ivoire. Ce geste m’a marquée. Il n’a pas dit : celle-là, je ne veux pas la décorer parce qu’elle soutenait mon adversaire. Il n’a pas eu cette attitude. Il n’a pas eu l’esprit revanchard. Il a plutôt été rassembleur. Il a agi en Chef de l’Etat, en président de tous les Ivoiriens ».

 

Aïcha Koné invite ainsi les Ivoiriens et l’ensemble de la communauté des humains à bien observer pour comprendre le drame que vit notre pays. Gbagbo voulait construire en Côte d’Ivoire une république démocratique, prospère, harmonieuse et solidaire… Ouattara est venu y installer une jungle. Pour combien de temps ?

 

 

Aristide Silué (In L’Alternative du 15 Octobre 2012)

 

 

Titre original : « Désastreuse gouvernance de Ouattara : la république et la jungle ».

 

 

 

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la «crise ivoirienne ».

 

 

Source : civox.net 16 octobre 2012

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