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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 11:57

Le Collectif des Etudiants pour la Réouverture immédiate des Universités Publiques de Côte d’Ivoire (CERUPCI) que je représente dans ce communiqué est très préoccupé par la fermeture des universités publiques de Côte d’Ivoire, notamment l’université de Cocody, l’université d’Abobo-Adjamé, les URS de Korohogo et de Daloa.

En effet, depuis le mois d’avril 2011, au sortir de la grave crise postélectorale qu’a connue notre pays, les universités publiques d’Abidjan ainsi que celles de Korohogo et Daloa ont été fermées par les autorités gouvernementales ivoiriennes. La réouverture de ces établissements avait été annoncée pour le mois d’octobre 2011. Malheureusement, le Président de la République lors d’une visite officielle au Togo, en novembre 2011, a dans son discours, fait mention du report de cette réouverture en octobre 2012. Cette fermeture prolongée des universités publiques constitue pour nous, une grave atteinte à notre droit à l’éducation.

Les quelques mois de fermeture initialement annoncés se sont donc prolongés et nous n’avons aucune certitude d’ailleurs sur la date d’octobre 2012. Ce délai permet, selon les autorités, de restaurer les locaux et de lutter contre les réseaux estudiantins qui se sont avérés préjudiciables à la sécurité et à l’équité au sein de l’université. Or, nous évaluons à 2% le nombre d’étudiants sensés appartenir à la FESCI, syndicat qu’accuse l’actuel pouvoir, à juste titre, d’avoir fait régner l’insécurité sur les campus universitaires. Sachant que le problème ne peut être traité dans des locaux vides, il faut d’évidence que l’université rouvre pour gérer la situation de violence et la circonscrire si le besoin s’en faisait sentir. Nous demandons instamment au gouvernement de ré-analyser cette situation.

Notons que la connaissance est la base de tout projet professionnel et, au-delà, elle est le fondement de la démocratie. Or, les années blanches successives sont préjudiciables aux étudiants qui se retrouvent désœuvrés, dans l’incertitude et le stress de l’attente.

Notons que cette fermeture des universités publiques handicape vivement les étudiants dont les parents n’ont pas les capacités financières nécessaires pour les inscrire dans des universités privées. Situation d’autant plus gênante que depuis 2009 les années blanches s’enchaînent. On se retrouverait ainsi à la rentrée 2012-2013 avec quatre promotions de bacheliers et des centaines de doctorants en attente de soutenance. Ces derniers sont d’ailleurs particulièrement contrariés par cette décision qui ne leur offre aucune alternative. Les bourses des doctorants qui sont supposés assurer la relève de l’enseignement universitaire en Côte-d’Ivoire ont été suspendues par une décision unilatérale du ministre de l’Enseignement supérieur qui considère qu’il ne s’agit pas d’une priorité. Les bacheliers de l’année scolaire 2009-2010 qui ont été orientés au titre de l’année universitaire 2010-2011 accumuleront deux années d’interruption d’études injustifiées. Notons que plus de 60% de la population ivoirienne vit dans l’extrême pauvreté ce qui explique le besoin crucial de pouvoir s’appuyer sur l’enseignement public.

Cette période de vacuité freine l’avenir de la jeunesse et par voie de conséquence celui du pays qui a véritablement besoin d’une jeunesse bien formée et efficiente pour relever les défis du développement. Or, le développement d’une nation vient de la valorisation de ses ressources humaines. Tous les Etats qui progressent, se soucient de l’avenir social et du développement, font de l’éducation une priorité. Cependant, depuis les années 80 notre système éducatif connaît une tournure de détérioration. Cette crise constante au fil des temps prend une allure étouffante puisqu’elle débouche aujourd’hui sur la fermeture des universités publiques de Côte d’Ivoire alors que nous attendions des solutions et au contraire des nouvelles universités dans le pays. Cette décision, nous le répétons, est inadmissible par nous, les étudiants de Côte-d’Ivoire et notamment par le collectif au sein duquel nous sommes réunis qui représente l’ensemble des étudiants. Nous sommes indignés.

Nous invitons massivement les étudiants de Côte d’Ivoire concernés, les parents d’élèves et tous ceux qui sont sensibles à notre cause, notamment toutes les associations défendant les droits de l’Homme et l’éducation dans le monde, à soutenir notre action en participant à la signature de pétition en ligne à l’adresse suivante : http://campuslibre.wordpress.com

Nous demandons, entre autres, au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour accélérer les travaux à l’université pour la restauration des bâtiments de cours, plutôt que de privilégier la construction des murs d’enceinte qui pourraient être construits ultérieurement. Les cours pourraient reprendre durant la finalisation de cette phase des travaux. On peut imaginer, comme cela a été fait dans d’autres pays, la mise en place de grandes bâches en lieu et place des salles de cours dans l’attente de la finalisation des travaux. Quand il y a la volonté on avance et on trouve les solutions.

Nous demandons au gouvernement de régler les arriérés de salaire des professeurs en veillant à ce que l’ensemble des professeurs soient rémunérés pour éviter un mouvement de grève à la reprise des cours. Grève qui serait encore très préjudiciable aux étudiants.

Toutes nos propositions sont sur le texte court de la pétition mise en ligne.

Fait à Abidjan, le 19 janvier 2012.

Aleoussene Gbane (Contact : +225/02 65 11 43)

Communique de presse du Collectif des Etudiants pour la Réouverture immédiate des Universités Publiques de Côte d’Ivoire (CERUPCI).

Source : Connectionivoirienne.net 21 janvier 2012. 

en maraude dans le Web

Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

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