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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:56

Voici la tribune du capitaine Sanogo parue dans le Monde du 25 octobre 2012, qui a tant irrité l’un des « nouveaux chiens de garde » du pré carré françafricain. Nos lecteurs pourront constater que le jeune chef militaire malien y fait preuve d’une très bonne connaissance de cette époque tragique de l’histoire de France et, s’ils ont lu les inepties que son texte a inspirées à Vincent Hugeux, que c’est lui le mieux placé pour donner des leçons – ce qu’il fait d’ailleurs avec un réel bonheur dans ces lignes – et non cet impudique Dupont-la-Joie ignare bouffi de vanité raciale.

 

Il y a des gens qui sont Français parce qu’ils sont nés en France et qui, de ce fait, se croient seuls habilités à se réclamer héritiers des héros de 1792, de 1830, de 1848, de la Commune de Paris, de la Résistance à l’invasion nazie. Mais il suffit de les écouter ou de les lire pour s’apercevoir que s’ils avaient vécu à ces différentes époques, leur vraie nature les eût irrésistiblement portés du côté des pires ennemis de ces glorieux géants, tout comme aujourd’hui elle les porte du côté du traître Amadou Toumani Touré, dit ATT, qu’Hugeux et ses semblables adulaient, justement, parce qu’il n’était que cela… A l’inverse, un authentique patriote malien comme le jeune capitaine Amadou Haya Sanogo me paraît tout à fait fondé à se réclamer de ces glorieux produits d’une histoire étrangère aussi bien que de ceux de l’histoire de sa propre patrie évoquées dans les premières lignes de son article.

Marcel Amondji

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« La France ne peut être la France sans la grandeur », disait le général de Gaulle. Le Mali, qui a écrit dans le grand livre de l'histoire une des pages les plus glorieuses de l'histoire africaine, ne peut se concevoir sans grandeur et sans honneur. C'est pourquoi l'invasion de notre pays par les hordes barbares est une indignité nationale, comme l'a été pour la France le déferlement des hordes nazies sur son territoire en juin 1940. Aujourd'hui Tombouctou est « outragée », Tombouctou est « brisée » Tombouctou est « martyrisée », mais Tombouctou sera « libérée » comme Paris l'a été.

 

En juin 1940, le maréchal Pétain a accepté le déshonneur de la capitulation, mais de Gaulle a su dire non. Le président Amadou Toumani Touré a été pour le Mali ce que le maréchal Pétain a été pour la France en 1940 et je n'ai été pour le Mali que ce que de Gaulle a été pour la France.

 

La débâcle au nord du Mali n'est pas seulement une défaite de l'armée malienne mais celle du chef de l'armée Amadou Toumani Touré qui, pour des raisons de survie politique personnelle, n'a pas voulu donner les moyens à l'armée pour défendre le territoire. Le chef de l'Etat, chef de l'armée, Amadou Toumani Touré, en intelligence avec l'ennemi, a laissé les groupes armés occuper le nord du pays pour ne pas organiser des élections et invoquer l'occupation du nord pour des buts inavoués plutôt que de défendre l'intégrité du territoire national.

 

C'est là où sa responsabilité est encore plus lourde que celle de Pétain. Pétain a subi une occupation, Amadou Toumani Touré l'a planifiée. Après la débâcle, de Gaulle a appelé à la résistance et réorganisé l'armée, l'a réarmée moralement pour la grande bataille de la reconquête.

 

"La bataille de France doit avant tout être la bataille des Français", disait de Gaulle. Pour nous aussi, la bataille de Tombouctou, de Kidal et de Gao doit avant tout être la bataille de l'armée malienne. C'est pourquoi nous sommes d'accord avec la position du président François Hollande, l'armée malienne n'a besoin que de soutien logistique pour libérer le nord du pays.

 

L'Etat qui s'est effondré est en train d'être reconstruit, l'armée qui a été réarmée moralement est en train d'être rééquipée afin qu'elle soit à la hauteur des circonstances exceptionnelles de sa mission historique. La vie politique n'est pas une priorité pour nous. En mars 2012, nous avons cru devoir prendre nos responsabilités pour agir et aboutir à ce qu'on appelle un coup d'Etat. Il est à notre sens vertueux car nous n'avions que le seul dessein de sauver ce qui restait de la République.

 

GUERRE CONTRE LE TERRORISME

 

La sécurité est à la base du contrat social et, moralement, un gouvernement qui a failli au point de perdre les deux tiers du territoire ne pouvait plus rester en place. Par ailleurs, la bataille pour libérer le nord du Mali s'inscrit dans une guerre mondiale contre le terrorisme. Dans les années 1990, la communauté internationale avait fait preuve de cécité politique en laissant le commandant Massoud seul face aux talibans en Afghanistan. Le nord du Mali est comparable à l'Afghanistan des années 1990 quand Al-Qaida venait de s'y installer pour en faire une base mondiale pour le terrorisme.

 

Pour l'Occident et le monde arabe, aider le Mali à chasser Al-Qaida, c'est s'aider soi-même, car Al-Qaida au Maghreb islamique veut transformer Tombouctou en Kandahar et Gao en Kaboul. Le nord du Mali serait la base arrière d'où partiraient les terroristes pour lancer des attaques à l'étranger. Le processus a déjà commencé, nous notons la présence de plus en plus importante d'Algériens, de Pakistanais, de Soudanais et de ressortissants du Golfe. Nous demandons donc à la communauté internationale d'accorder son appui à l'armée ainsi qu'aux autorités de la transition.

 

Nous aspirons à un Mali démocratique, respectant ses minorités et les droits de l'homme. Dans le nouveau comité militaire de suivi des réformes des forces de défense et de sécurité, créé par une loi et rattaché au président de la République, le seul credo qui vaille est l'émergence d'une armée malienne républicaine, garante d'une démocratie exemplaire au service de la paix et de l'intégrité territoriale du Mali.

 

Par Amadou Haya Sanogo, président du comité militaire de suivi des réformes des forces de défense et de sécurité (Mali)

 

EN MARAUDE DANS LE WEB

ous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la «crise ivoirienne ».

 

Source : Le Monde 25 octobre 2012

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 01:25

Aujourd’hui, la parole à Vincent Hugeux, journaliste et blogueur

 

« Si le ridicule tuait, il y aurait depuis hier un putschiste galonné de moins ici-bas ». Ainsi Vincent Hugeux commence l’article qu’il a posté sur son blog, le 26 octobre, sous le titre : « Capitaine, nous voilà ! ». Et il le termine ainsi : « Puisque l’intéressé invoque avec tant de ferveur les mânes du "Grand Charles", nul doute qu’il méditera plus avant l’exemple de son modèle. Lequel s’exila à vincent_hugueux1.jpegLondres, sut s’effacer un temps, ne revint au sommet qu’avec l’onction des urnes, puis se retira en Irlande à l’heure du désaveu de 1969. Orgueilleusement ? Certes. Mais lui, au moins, pouvait éprouver quelque fierté en contemplant son œuvre ».

 

@@@@

 

Si le ridicule tuait… Evidemment, Hugeux sait très bien que non ! Par expérience, si l’on peut dire… Sinon, il n’aurait pas pondu cette cascade de sottises juste après avoir tancé le capitaine Sanogo avec tant de condescendance ; une condescendance frisant ce qu’on appelait naguère le « mépris colonialiste ». Au risque de faire douter sinon de sa connaissance factuelle de l’histoire de la France depuis 1940, du moins de la compréhension qu’il en a.

 

*  Exilé à Londres, le « Grand Charles » ? Moi, j’aurais écrit qu’il s’y était replié devant un ennemi bénéficiant déjà d’une supériorité certaine, et qui par dessus le marché était secondé par la trahison domestique sous les nobles traits du …maréchal Pétain. Quand je dis « moi », je veux dire : quiconque a tant soit peu le respect de la vérité historique… et ne méprise pas ses lecteurs.

*  Il « sut s’effacer un temps… » ? Moi, j’aurais écrit que, tel Achille devant Troie, De Gaulle s’était retiré sous sa tente pour bouder, parce que la constitution que le peuple français venait d’adopter ne lui plaisait pas.

*  Il « revint au sommet avec l’onction (sic) des urnes » ? Moi, j’aurais écrit qu’un coup d’Etat planifié, à la faveur des événements d’Algérie, par ses partisans embusqués au cœur de la République le ramena au pouvoir en 1958.

*  Il « se retira en Irlande » ? Un comble ! Je me souviens qu’après le rejet de son plébiscite, en 1969, De Gaulle se retira théâtralement à Colombey-les-Deux-Eglises, où il devait bientôt s’éteindre. Mais il est vrai qu’il mit sa brève retraite à profit pour voyager en Irlande, du 10 mai au 19 juin… Mais, de là à dire qu’il s’y retira…

 

Avec une telle façon d’écrire l’histoire, surtout l’histoire de ces temps-là, je soupçonne que si Vincent Hugeux avait été journaliste aux temps où un certain nombre de Français « se réfugiaient », qui à Londres, qui au Maquis, il aurait figuré en bonne place dans l’ours de « Je suis partout »…

 

Mais il a un alibi solide ; en 1940, il restait encore à naître.

 

Marcel Amondji

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:01

En marge de l’affaire Justin Katinan Koné, l’ancien ministre Lazare Koffi Koffi* commente le communiqué du Conseil des ministres du 26 septembre 2012.

 

Le Conseil des ministres du mercredi 26 septembre 2012 a-t-il voulu consacrer officiellement la cession d’une partie du territoire national à la République du Ghana ? Dans sa volonté de montrer que l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012 est partie du Ghana, le communiqué de ce Conseil indique au chapitre des divers.

 

« Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et le ministre auprès du président de la République, chargé de la Défense, ont informé le Conseil des circonstances de l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012. Cette attaque armée a été l’œuvre d’assaillants venus de Nougoua, village ghanéen situé à environ 7 kilomètres de Noé. »

 

Cette information du communiqué du Conseil des ministres faisant de « Nougoua, un village ghanéen » est surprenante. Tout le monde sait, et les populations de ce village en premier, Nougoua se trouve en territoire ivoirien reconnu comme tel depuis la mémorable délimitation de la frontière entre l’actuel Ghana (autrefois Gold Coast) et la Côte d’Ivoire en 1882 et ratifié en 1902 par les gouvernements français et anglais de l’époque. Depuis cette date, la commission franco-anglaise qui a admis le cours d’eau de la Tanoé comme limite naturelle entre le deux pays, tous les villages à l’Ouest de ce cours d’eau font partie intégrante de notre pays. Ainsi, Noé. Ainsi Nougoua. Il est vrai que ce dernier village a abandonné son premier site du fait des inondations fréquentes, site appelé encore aujourd’hui Coco Town ou ancien Nougoua, mais que ce soit l’ancien site ou le nouveau, tout cet espace villageois appartient à la Côte d’Ivoire. A l’Est de cet espace, le village ghanéen le plus proche est Tanosso. D’où vient donc que le Conseil des ministres du mercredi dernier ait attribué « notre » Nougoua au Ghana ? L’actuel chef de ce village, qui se réclame chef de canton, se nomme Essan Kacou ; c’est un ancien gendarme ivoirien à la retraite. Ce village de Nougoua fait partie aujourd’hui du département de Tiapoum et de la sous-préfecture de Noé. Les candidats aux différentes élections y ont effectué plusieurs fois des missions et autres tournées de campagne. Quel est donc ce village de Nougoua qui se trouve, selon le gouvernement, en territoire ghanéen à 7 kilomètres de Noé. Le gouvernement doit le montrer au peuple ivoirien. Sinon, ce peuple sera en droit de lui exiger des explications sur la cession unilatérale d’une partie de notre territoire au Ghana. Après l’attaque de Noé, les autorités ghanéennes n’ont eu de cesse de montrer que cette attaque a eu lieu non pas à la frontière mais en plein territoire ivoirien, par des individus qu’on n’a pas vu venir du Ghana. Information du reste confirmée par le commandant Frci du poste de Noé. Pourquoi vouloir coûte que coûte que ces assaillants viennent du Ghana, jusqu’à faire du village ivoirien de Nougoua, un village ghanéen ?

 

 

 

(*) - Lazare Koffi Koffi est historien et natif du département de Tiapoum.

 

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Source : La Dépêche d'Abidjan 30 Septembre 2012

(Le titre est de la rédaction)

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 00:19

Monsieur Alain, bonjour ! Vous êtes ancien conseiller et ex-porte-parole du président Ivoirien renversé en avril 2011, Monsieur Laurent Gbagbo. Aujourd’hui vous êtes Président de « Côte d’Ivoire Coalition, INC » et continuez de défendre toujours aussi activement Toussaint-ALAIN.jpgMonsieur Laurent Gbagbo, victime de putsch. On sait que ce putsch a été réalisé non sans la participation des forces armées françaises, on parle notamment de la fameuse « opération Licorne », ainsi que de l’ONUCI. Je vous remercie pour cet entretien exclusif de votre part pour La Voix de la Russie, votre premier entretien pour un média russe.

 

Monsieur Alain, on sait que Monsieur Laurent Gbagbo a été renversé en avril 2011, avec une participation active de troupes militaires françaises, y compris l’aviation. Depuis le 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo est incarcéré à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Ma première question : que pensez-vous d’une part de la légitimité des actions perpétrés par la force Licorne et de l’ONUCI en Côte d’Ivoire et aussi de la légitimité du placement en détention de Monsieur Gbagbo à la Haye ?

Toussaint ALAIN : Le président Laurent Gbagbo a été victime d’une démonstration de puissance coloniale. Le gouvernement français s’est ingéré de manière outrageuse et intolérable dans le contentieux post-électoral d’un pays souverain. Ses forces armées ont installé à la tête de mon pays M. Alassane Ouattara, l’instigateur de l’insurrection armée de septembre 2002. Durant une décennie, la France, soutien politique, diplomatique, militaire et financier de la rébellion, était à l’initiative de toutes les résolutions onusiennes dans le cadre de la crise ivoirienne. Elle a instrumentalisé le Conseil de sécurité des Nations unies parce qu’elle voulait coûte que coûte chasser le président Gbagbo, pourtant légitimement élu en octobre 2000. Aux yeux des dirigeants français, en particulier Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, l’ancien pouvoir socialiste ivoirien constituait une grave menace pour la pérennité des intérêts de la France en Côte d’Ivoire. Le sort du président Gbagbo était scellé depuis longtemps. Il devait partir même au prix d’une guerre absurde bien qu’étant le vainqueur de la présidentielle de novembre 2010. Un recomptage des voix, comme préconisé par Gbagbo lui-même, aurait réglé le problème et établi définitivement la vérité électorale en Côte d’Ivoire. Au lieu de cela, la communauté internationale, la France et les Etats-Unis en tête, a préféré le décompte macabre des morts plutôt que de recompter des bulletins de vote. Gbagbo n’a pas perdu les élections, il a été évincé du pouvoir par la guerre. Alassane Ouattara a été imposé à la tête de mon pays au terme d’un complot dont la ligne-force était d’arrêter Laurent Gbagbo. Dès janvier 2003, après la signature de l’Accord de Marcoussis, les autorités françaises menaçaient déjà de le traduire devant la Cour pénale internationale (CPI). Il paie au prix fort son insoumission à l’ancien colonisateur. La détention du président Laurent Gbagbo à La Haye est illégale, arbitraire et sans fondement. La CPI est une juridiction au service des grandes puissances occidentales. Elle ne dit pas le droit, elle fait de la politique. D’ailleurs tout se décide au Conseil de sécurité de l’ONU.

 

La Voix de la Russie : Dans une lettre adressée par vous au Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon, vous accusez ouvertement la France et les Etats-Unis d’avoir orchestré ce putsch militaro-électoral. Quels intérêts la France et les Etats-Unis voulaient-ils à protéger en intervenant dans les affaires de l’Etat souverain, qu’est la Côte d’Ivoire ? Et en quoi Laurent Gbagbo les gênait-il ?

Toussaint ALAIN : Se soumettre à la France ou être démis par la France, tel était le dilemme du président Gbagbo. Le Président Gbagbo a fait le bon choix en préférant la souveraineté à l’assujettissement, la dignité à l’indignité. Ce qui s’est passé dans mon pays relance la question de l’indépendance des pays africains et de la mainmise coloniale de l’ex-puissance sur ses anciennes possessions d’Afrique. Laurent Gbagbo est la victime expiatoire d’un système : la Françafrique, une mafia au service des intérêts français en Afrique. En Côte d’Ivoire, la France contrôle la quasi-totalité de l’économie ivoirienne. La Côte d’Ivoire est le 1er producteur mondial de cacao : lorsque vous achèterez une tablette de chocolat, il y a 99% de chances que le cacao vienne de mon pays. C’est également un nouveau producteur de pétrole offshore : c’est le groupe français Total qui va l’exploiter. Plusieurs grandes entreprises françaises gèrent également des secteurs stratégiques comme le port et le chemin de fer (Bolloré), la téléphonie mobile et fixe (Orange), l’eau et l’électricité (Bouygues), l’importation et la vente de véhicules neufs et de produits pharmaceutiques (François Pinault/PPR), la banque (Société générale et BNP Paribas), etc. Sur le plan audiovisuel, Canal+ détient le marché exclusif de la télévision par satellite. La Côte d’Ivoire abrite au moins 200 filiales d’entreprises françaises et compte plus de 600 entreprises appartenant à des ressortissants français. Il y a également d’autres secteurs qui expliquent ce néo-colonialisme rampant : le café, le bois, le coton, l’or, les pierres précieuses… Enfin, la quasi-totalité du marché de la reconstruction post-crise devrait revenir aux entreprises civiles ou militaires françaises. Notamment le renouvellement de l’armement ivoirien détruit par l’armée française. C’est quand même un comble ! En Côte d’Ivoire, la France ne défend pas la démocratie, elle défend ses intérêts. Quant aux Etats-Unis, ce sont principalement le cacao et le pétrole du Golfe de Guinée qui les intéressent. La Côte d’Ivoire possède d’importantes réserves. En outre, les Américains restent toujours en quête d’un territoire pour abriter Africom, leur commandement militaire pour l’Afrique. Le président Gbagbo a ouvert le marché ivoirien à des investisseurs chinois, russes, sud-africains, brésiliens et indiens. Cette politique a fortement irrité et inquiété les dirigeants et les patrons français.

 

La Voix de la Russie : Laurent Gbagbo est accusé à la Haye de « crimes contre l’humanité ». Pourtant, et vous l’avez d’ailleurs également mentionné dans votre lettre au Secrétaire Général de l’ONU, il est désormais avéré que de nombreux massacres ont été perpétrés par les milices pro-Ouattara, notamment celui de Duékoué où près d’un millier de civils ont été tués. Et malgré cela, fait étrange, Laurent Gbagbo est aujourd’hui emprisonné à la Haye, et Alassane Ouattara est salué et reçu par les chefs de gouvernements occidentaux. N’est-ce pas la manifestation d’une véritable politique des doubles standards.

Toussaint ALAIN : La communauté internationale a clairement érigé en règle la justice des vainqueurs. J’ai toujours dénoncé le parti-pris de cette procédure. La CPI est l’instrument de la France qui s’en sert pour assouvir ses noirs desseins politiques, régenter le paysage politique en Afrique, aider à l’accession au pouvoir de copains ou punir les dirigeants africains indociles. La détention du président Gbagbo à La Haye est insensée et injuste. Dans cette affaire, la CPI fait plus de politique que du droit. Il est illusoire de penser qu’elle serait guidée par la recherche de la vérité. Alassane Ouattara, Guillaume Soro et leurs mercenaires sont les premiers responsables de la violence en Côte d’Ivoire. Dès le début de la crise postélectorale, un commando dit « invisible », dirigé par des collaborateurs de Ouattara et Soro, a perpétré des attentats meurtriers contre les forces de l’ordre et les civils à Abidjan. Ces mêmes combattants ont commis des milliers de crimes depuis septembre 2002. Au nom de quoi, Laurent Gbagbo, Chef d’Etat et chef suprême des armées, aurait-il dû laisser la population se faire massacrer par la rébellion sans demander à l’armée régulière d’intervenir pour stopper ces tueries ? Sans la réaction de l’armée gouvernementale, des centaines de villages auraient été rayés de la carte de la Côte d’Ivoire par les troupes de Ouattara. On ne peut donc pas sérieusement accuser Laurent Gbagbo de crimes contre les populations civiles. Je rappelle que toute cette crise est née d’un contentieux électoral qui aurait pu être résolu par le simple recomptage des voix. Malheureusement, Ouattara et la France ont catégoriquement refusé cette solution. Ils ont choisi une agression militaire pour la prise du pouvoir. J’indexe également le Secrétaire Général de l’ONU qui a considéré que le recomptage des voix serait une « injustice ». Via une résolution criminelle, Ban Ki-Moon a autorisé l’armée française et les troupes onusiennes à bombarder des populations civiles. Ouattara, le « démocrate », est en réalité un chef de guerre, un usurpateur, adoubé par les puissances occidentales.

 

La Voix de la Russie : Pensez-vous qu’un jour les responsables des crimes que vous avez cités puissent être traduits en justice ? Ne pensez-vous pas que le temps est venu de créer une alternative à la Cour pénale internationale de la Haye dont le rôle est extrêmement controversé ?

Toussaint ALAIN : En fait, Alassane Ouattara, chef de guerre de la rébellion armée, est devenu chef d’Etat par la volonté militaire de la France, des Etats-Unis et de l’ONU à l’issue d’un putsch électoral. Il doit rendre des comptes à la justice pour tous les crimes perpétrés par ses troupes. Tout comme Guillaume Soro, chef politique et chef militaire de la rébellion, ancien Premier Ministre et aujourd’hui président du parlement ivoirien. Ces deux éminents dirigeants de la rébellion ont recruté et financé, avec leurs parrains français, des dizaines de milliers de mercenaires, coupables de la mort d’au moins dix mille personnes depuis septembre 2002. Toutes ces victimes et celles occasionnées durant le contentieux postélectoral méritent justice. Contrairement à d’autres, je milite plutôt pour une justice nationale. On ne peut pas prétendre défendre la souveraineté de son pays et sous-traiter les affaires judiciaires auprès de la CPI. Il revient aux dirigeants ivoiriens, actuels et futurs, de la Côte d’Ivoire de renforcer et de crédibiliser l’institution judiciaire. C’est un pilier essentiel de l’Etat de droit. Ouattara et Soro ne jouiront pas indéfiniment d’un brevet d’impunité.

 

La Voix de la Russie : Quelles démarches entreprenez-vous afin d’obtenir la libération de Laurent Gbagbo ?

Toussaint ALAIN : Le président Gbagbo est un Africain authentique, un combattant de la souveraineté et de l’indépendance de notre continent. Il s’est toujours posé en défenseur de la démocratie et de la dignité africaine. Comme Patrice Lumumba et Nelson Mandela, Laurent Gbagbo a fait voir aux Africains l’éclat de leur dignité et la possibilité de leur liberté. Aux côtés de mes compatriotes de la diaspora ivoirienne, des Africains et des personnes de bonne volonté, nous nous battons pour faire libérer Laurent Gbagbo. En effet, nous ne serons de nouveau libres que le jour où le président Gbagbo retrouvera sa liberté. Depuis dix-huit mois, je parcours le monde pour rencontrer des décideurs politiques, des défenseurs des droits humains, des médias, participer à des actions citoyennes (marches, sit-in) ou tenir des réunions publiques afin de sensibiliser sur la situation en Côte d’Ivoire. Au-delà de Gbagbo, nous pensons aux générations futures. Il n’y a aucun complexe à devenir des hommes et des femmes libres après plusieurs siècles d’esclavage et de servitude, un siècle de colonisation, d’humiliation et de pillage des ressources naturelles du sous-sol africain. Je suis un témoin privilégié de l’Histoire de l’Afrique. Je prends ma part à l’éveil des consciences.

 

La Voix de la Russie : Comment se porte Laurent Gbagbo ?

Toussaint ALAIN : C’est un exercice toujours délicat d’évoquer l‘état physique ou le moral d’un prisonnier, surtout quand il s’agit d’un détenu politique injustement embastillé. Sachez seulement que le président Gbagbo est confiant. Il attend avec sérénité les différentes étapes de la procédure à la CPI. Cet homme est innocent !

 

La Voix de la Russie : Quel est la situation actuelle de la Côte d’Ivoire ?

Toussaint ALAIN : Je n’irai pas par quatre chemins pour vous dire que la Côte d’Ivoire vit sous un régime d’exception, une vraie dictature. Les milices tribales d’Alassane Ouattara font la loi sur toute l’étendue du territoire : exactions, tueries ciblées quotidiennes et pillages. L’insécurité règne partout en raison de la circulation des armes légères due au non-désarmement des troupes (au moins 100 000 mercenaires) ayant servi de supplétifs aux forces françaises et onusiennes lors de la guerre contre le président Laurent Gbagbo. Il s’agit des personnes désœuvrées, des délinquants et des criminels libérés des prisons au cours de l’offensive des forces pro-Ouattara, composées de rebelles, de mercenaires, principalement libériens, sierra léonais, sénégalais, burkinabés, nigérians… L’opposition ne peut pas tenir de réunions publiques. Plusieurs centaines de dirigeants politiques, des militants de base, des journalistes sont ainsi détenus au secret par le régime de Ouattara. Le nord du pays, région acquise au nouveau pouvoir, a été transformé en goulag. La presse libre est régulièrement interdite de parution. Les universités publiques sont fermées depuis plus d’un an. Sur le plan économique et social, le pouvoir d’achat des foyers se réduit comme une peau de chagrin. Le chômage est galopant. Les autorités actuelles se livrent à une chasse aux sorcières : les sympathisants de l’ancien pouvoir sont renvoyés de l’administration. D’une façon générale, l’Etat se désagrège, le tissu social se délite, la corruption a atteint un niveau endémique, les investisseurs sont méfiants face à l’instabilité chronique. L’arrivée de Ouattara n’a apporté ni la paix ni le développement. Tout est à refaire.

 

La Voix de la Russie : Dernière question. Après de nombreuses interventions de pays occidentaux et notamment de l’OTAN dans les affaires intérieures de pays souverains, selon vous que doivent faire les pays tels que la Russie, la Chine, le leader africain – l’Afrique du Sud – et plus généralement les pays du BRICS ainsi que tous les autres pays et forces du monde qui refusent cette domination et cette politique néocolonialiste ?

Toussaint ALAIN : D’une façon générale, l’Afrique doit cesser de subir la volonté d’une puissance étrangère quelle qu’elle soit. Or, notre continent est actuellement victime d’une croisade sans précédent des grandes puissances occidentales. Cette minorité, membre du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle instrumentalise au gré de ses intérêts, impose son diktat aux plus faibles par le truchement des résolutions onusiennes. Nous devons nous organiser, trouver des alternatives, créer de nouveaux équilibres face à la force brutale des puissants. Nous devons nouer de nouvelles relations, de nouveaux partenariats équitables avec les pays émergents tels que le Brésil, la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud et l’Inde. Seul le transfert des technologies peut sauver l’Afrique. Il nous faut aussi remédier à notre faiblesse militaire afin de protéger nos populations et nos richesses des prédateurs. Car les véritables motivations des interventions militaires des Occidentaux en Afrique sont économiques. La défense de la « démocratie » et les droits de l’Homme sont une couverture. Les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne dépendent de plus en plus du pétrole brut africain. Pour profiter de cet approvisionnement, il leur faut agir sur la gouvernance et à la stabilité de nos pays en y installant des pantins à leur service. L’Afrique doit impérativement se tourner vers d’autres interlocuteurs. Par ailleurs, sa voix mérite être prise en considération. Il est grand temps qu’un pays africain obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie et la Chine pourraient faire avancer cette cause.

 

La Voix de la Russie : Monsieur Toussaint Alain, je vous remercie pour cet entretien exclusif.

 

Propos recueillis par Mikhail Gamandiy-Egorov

 

 

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Source : http://www.ladepechedabidjan.info/ Mercredi 31 Octobre 2012

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 18:12

« Dans mon dernier voyage en Utopie, j’ai visité Dindon-Collège. Vous pensez bien que c’est là un titre pour rire ; l’établissement dont il s’agit s’appelle en réalité : Ecole supérieure des Gouvernants. "Vous avez certainement remarqué, me dit le directeur, qu’un certain nombre d’hommes sont disposés, par nature, à préférer le paraître à l’être, et à s’engraisser Guillaume Sorode l’opinion d’autrui. Ils tiennent beaucoup de place dans la vie ordinaire, et ne sont bons à rien. Aussi nous les prenons pendant qu’ils sont encore jeunes, et les formons pour leur véritable carrière, qui est le gouvernement des peuples ; car il ne convient pas que les forces de la Nation se dépensent dans des luttes inutiles. Chacun à sa place, telle est notre devise ; et nous gonflons la grenouille scientifiquement ; cela lui épargne bien des peines". »

Alain (Propos sur les pouvoirs) 

 

 

Président, il voulait être. Président, il est. Mais pas tout à fait à la place où il le souhaiterait : depuis mars, Guillaume Soro tient le perchoir de l’Assemblée nationale de Côte-d’Ivoire. A 40 ans, celui qui fait figure de dauphin putatif de l’actuel chef de l’Etat, Alassane Ouattara, reçu ce jeudi par François Hollande, continue sa trajectoire irrésistible. A moins que la justice internationale ne s’en mêle. Retour en cinq actes sur le fulgurant parcours de l’ambitieux M. Soro.

 

Septembre 2002, Abidjan : le rebelle. C’est dans les décombres fumants du coup d’Etat raté contre Laurent Gbagbo à Abidjan que ce tout juste trentenaire replet émerge comme personnalité de premier plan. A la stupéfaction générale, Soro surgit dans les habits de chef politique de ces mystérieux rebelles qui s’emparent de la moitié Nord du pays. Jusqu’alors, il était plutôt connu comme un ex-leader étudiant n’hésitant pas à défier dans les rues d’Abidjan, aux côtés d’un certain Laurent Gbagbo, le régime vieillissant de Félix Houphouët-Boigny (décédé en 1993).

 

Né en 1972 dans le Nord, une zone majoritairement musulmane, il est issu d’une famille catholique modeste. Père (polygame) employé dans une compagnie de textile, mère au foyer – tous deux décédés au début des années 2000. « J’ai vécu une enfance très ordinaire, entre école et parties de foot. Frères, sœurs, demi-frères… Nous vivions tous dans la même cour. » Remarqué à la fin du primaire par un prêtre français, Marcel Dussud, il fait le petit séminaire. Mais en classe de troisième, il abandonne la voie religieuse. L’ex-séminariste a gardé le lien avec le père blanc, installé aujourd’hui à Dijon. Mieux, confie Soro, très discret sur sa vie privée, il a donné son nom au premier de ses quatre enfants.

 

Bon élève, Soro a poursuivi ses études à l’université d’Abidjan, où, dit-il, révolté par la corruption rampante, il s’engage, puis dirige (de 1995 à 1998), le syndicat de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte-d’Ivoire (Fesci). Au début des années 2000, on perd la trace de Soro. Jusqu’au coup d’Etat.

 

Janvier 2003, Paris : le ministre. Aux côtés de sous-officiers originaires du Nord qui ont fait le coup de feu à Abidjan – des soudards analphabètes ou peu instruits –, Soro s’impose comme la tête politique de la rébellion. Certains l’accusent de l’avoir ralliée sur le tard. Pas du tout, répond-il : « Le sergent Ibrahim Coulibaly [dit «IB»] s’occupait du plan militaire, moi, de la stratégie politique. » Et de confier : « C’est moi qui ai trouvé le nom de notre mouvement. J’avais songé au MRCI, Mouvement révolutionnaire de Côte-d’Ivoire. Mais Blaise Compaoré m’a dit que cela rebuterait l’opinion internationale. » Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, et vrai parrain des rebelles qui ont préparé leur coup à Ouagadougou. Ce sera finalement le MPCI : Mouvement patriotique de Côte-d’Ivoire. En janvier 2003, Soro conduit la délégation des rebelles qui négocie près de Paris, sous l’égide de la diplomatie française, un accord de paix interivoirien. Le chef de la diplomatie, Dominique de Villepin, fait le forcing. Un compromis est arraché. Dans le bureau de « DDV » au Quai d’Orsay, on se répartit ensuite les portefeuilles. Triomphant, Soro obtient la Défense. Une nouvelle qui provoque une émeute à Abidjan. Face au tollé, il se voit confier la Communication au sein d’un gouvernement de réconciliation, rapidement paralysé.

 

Juin 2007, Bouaké : le miraculé. Sous forte pression internationale, Laurent Gbagbo décide de négocier directement avec les rebelles pour sortir de l’impasse politique. Un nouvel accord est trouvé à « Ouaga », chez le frère ennemi Compaoré, à l’issue duquel Soro est nommé Premier ministre. Enorme prise de risques. « On m’a parfois traité de "vendu", se souvient-il. Mais mon seul objectif était de conduire le pays à de nouvelles élections. J’ai dit à Gbagbo : "M. le Président, je ne vous poignarderai pas dans le dos, je ferai mon travail" ». Laurent Gbagbo dira de lui qu’il a été son « meilleur chef de gouvernement ». Et en aurait bien fait son successeur.

 

Après tout, ils ont bien des points communs : la politique dans le sang, un vrai sens tactique, du charisme et de l’autorité, des talents de tribun… Mais le compromis de « Ouaga » ne plaît pas à tout le monde. En juin 2007, sur le tarmac de l’aéroport de Bouaké, la «capitale» des rebelles, le jet de Soro est visé par deux roquettes. L’une atteint la carlingue, faisant quatre morts. Soro, lui, s’en tire miraculeusement indemne. Les responsables du tir ? Selon toute vraisemblance, les hommes d’« IB ». Celui-ci ne perd rien pour attendre. Au lendemain de la chute de Gbagbo, en avril 2011, l’ex-allié devenu rival est tué par la troupe de Soro dans un faubourg d’Abidjan.

 

Décembre 2010, Abidjan: l’opportuniste. L’ancien chef rebelle a tenu parole : les élections ont lieu à l’automne 2010. Laurent Gbagbo a perdu. « J’ai été lui dire qu’il devait lâcher le pouvoir, mais il ne m’a pas écouté », jure Soro qui rallie avec armes et bagages le camp du vainqueur, Alassane Ouattara, réfugié dans l’hôtel du Golfe sous forte protection de l’ONU. Ce dernier le nomme aussitôt… Premier ministre. Et lui demande de préparer ses hommes à une possible offensive militaire en cas de blocage politique persistant. Trois mois plus tard, ils passent à l’attaque. Dans l’Ouest, à Duékoué, plusieurs centaines de civils sont tuées, selon les ONG. Des crimes imputés aux hommes de Soro qui s’ajoutent à une longue série d’exactions commises depuis 2002. Guillaume Soro, qui parle de « dérapages » à Duékoué, affiche une « sérénité inébranlable » face à de possibles poursuites par la Cour pénale internationale. « Nous étions en état de légitime défense ! Je considère avoir sauvé des milliers de vies humaines par mon action », dit-il. Et il avance cet étrange argument : « Comment la CPI pourrait-elle m’inculper alors qu’elle m’a récemment invité à m’exprimer à sa tribune lors d’une conférence à New York ? »

 

Mars 2012, Abidjan : président de l’Assemblée. Elu député haut la main, pour la première fois, dans sa région natale, Soro est propulsé à la tête de l’Assemblée nationale. Le voici deuxième personnage de l’Etat, mais moins au cœur de l’action. Il a du temps pour s’adonner à sa nouvelle passion, les tweets, et lire des polars. Le quadra attend son heure : « J’espère en secret que le président Ouattara fera un second mandat », jure-t-il. Le temps, pour lui, de faire oublier ses états de service passés, ses turpitudes à la tête de rebelles sans foi ni loi. De se poser en rassembleur. Président ? « Je ne me rase pas le matin pour ne pas y penser », plaisante cet homme secret, dont l’ambition dévorante, elle, l’est beaucoup moins.

 

D’après Thomas Hofnung (Libération 25 juillet 2012)

Titre original : Guillaume Soro. L’ambitieux d’Abidjan

 

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:23

Voulant sans doute se convaincre que c’est bien lui le chef, le général-quatre-étoiles Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major général des FRCI, a affirmé que le commando qui harcèle les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) depuis début août, n’a rien de mystérieux pour lui : « Nous savons à qui nous avons affaire. Nous allons lutter fermement le-general-alors-de-division-Soumaila-Bakayoko.jpgcontre ces ennemis du pays qui nous trouverons toujours sur leur chemin ; la capacité d’une force s’apprécie par rapport à sa réaction ». Puis, comme pour enfoncer le clou, il ajouta : « Nous nous sommes engagés résolument dans la réconciliation mais, je n’accepterai pas que certains parmi nous jouent un double jeu ». Une sortie qui, au lieu d’apaiser, provoque l’indignation au sein de l’opinion publique nationale. « Si le général Bakayoko connaît les ennemis comme il l’a prétendu hier, pourquoi peine-t-il à les neutraliser ? On admet qu’il abat un travail remarquable pour reconstruire une armée digne de la Côte d’Ivoire sur le chemin du redressement économique mais, en même temps qu’il rebâtit, il doit assurer la sécurité des Ivoiriens et des Institutions. Je ne crois pas que la réconciliation fasse partie des missions à lui confiées », a rétorqué hier, sous le couvert de l’anonymat, un leader politique proche de la coalition au pouvoir. Visiblement plus énervé que le chef d’état-major général des Frci, notre interlocuteur appelle les principaux chefs de l’armée à vite remplacer « le boulon défaillant, faute de quoi ils seront appelés à prendre la porte. Soit vous vous dites que ce sont des ennemis à neutraliser et vous le faites, soit vous continuez de ressasser le même discours qu’on entend après chaque attaque et nous comprendrons que vous êtes les complices des assaillants. Et, on sera obligé de demander à celui qui vous a confié les rênes de l’armée, de vous dessaisir de la charge. Je ne suis pas seul à tenir ce raisonnement. Croyez-moi, de nombreux Ivoiriens pensent comme moi ». No comment.

 

 

 

D'après Marc Dossa (Nord Sud Quotidien)

 

Titre original : Quand le général se décrédibilise !

 

 

 

 

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Source : La Dépêche D'Abidjan 25 Octobre 2012

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 12:01

Extrait du discours de Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen National Democratic Congres (NDC), devant le 24e congrès de l’Internationale socialiste à Cape Town (Afrique du Sud) du 30 août au 14 septembre 2012.

 

« Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana ; mais nous la prenons pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin : la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès : Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde. Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans.

 

Quels étaient les objectifs de cette rébellion ? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné ? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée.

 

Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

 

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Libye de Kadhafi, la Cedeao, l’UA ; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine autodétermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive. Camarades, notre délégation est indignée de savoir que le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

 

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune ? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun porte-voix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’œil sur le Rapport MBeki concernant la situation ivoirienne.

 

Le Président MBeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade MBeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle œuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

 

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie ; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays. Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néocolonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

 

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

 

Je vous remercie de votre attention. »

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:23

L’euphorie des politiques a de quoi surprendre lorsqu’ils annoncent avec fierté qu’ils ont réussi à obtenir pour leur pays, le statut de PPTE. Mais comment peut-on se réjouir d’une telle appellation? Pays pauvre très endetté, ça veut dire qu’à la notion de pauvreté qui était inhérente au terme de pays sous-développé, on ajoute celle de mauvais gestionnaire. Certes, la reconversion d’une partie de la dette en investissements directs qu’on obtient après avoir atteint le point d’achèvement, est bonne pour l’économie en général et la création d’emplois en particulier. Mais avait-on besoin de donner à ce processus une dénomination aussi dévalorisante, voire même humiliante ?

 

Ceux qui vendent ce programme de développement sont les mêmes qui, il n’y a pas si longtemps, nous certifiaient que les programmes d’ajustement structurel (PAS) imposés aux pays africains les feraient sortir de leur sous-développement. Force est de constater qu’ils se sont bien trompés. La plupart des pays qui sont passés sous le rouleau compresseur de ces PAS en sont sortis pauvres et très endettés au point de nécessiter un nouveau programme.

 

Ce qui est le plus sidérant, c’est que la gouvernance financière internationale est en train d’imposer à quelques pays européens, la plupart des recettes contenues dans ces fameux programmes d’ajustement structurel qui, en Afrique, n’ont ni permis d’améliorer la gouvernance, ni contribué au mieux-être des peuples. Sans prendre trop de risque, on peut se dire qu’aussi vrai que les PAS n’ont quasiment rien apporté à l’Afrique, on ne doit pas s’attendre à ce que les politiques d’austérité imposées à certains pays européens soient couronnées de plus de succès.

 

Le véritable drame de ces politiques d’austérité, c’est la souffrance qu’elles imposent aux peuples. En Afrique, nous avions affaire à des populations qui, dans leur grande majorité, n’avaient pas vraiment connu le développement. Ajouter un peu plus de misère à de la misère ne change pas, de façon significative, les difficultés de populations déjà habituées à la débrouillardise. Par contre en Europe, c’est loin d’être le cas. On demande à des gens qui ont connu des conditions de vie décentes de se contenter de vivre avec moins que ce qu’eux-mêmes considèrent comme étant le strict minimum. Cette situation me parait bien plus explosive que celle qu’a connue l’Afrique des PAS, surtout qu’à cela s’ajoutent des taux de chômage abyssaux. Un taux de chômage à plus de 25% de la population active en Grèce n’est tout simplement pas acceptable dans ce pays comme partout ailleurs.

 

Ce ne sont pas les mesures d’austérité qui sortiront l’économie mondiale de son marasme et la question est de savoir combien d’années il faudra aux partisans de cette approche pour comprendre qu’ils ne réussiront certainement pas à sauver le système financier international en appauvrissant les peuples. Pour le non économiste que je suis, la solution pourrait être la mise en place au côté du programme PPTE, d’un programme PRTE pour ces pays riches très endettés.

 

Il est temps que la gouvernance financière internationale remette en cause ses certitudes et trouve un nouveau modèle économique mondial qui ne se servira plus des travailleurs comme variables d’ajustement. Ce modèle devra faire en sorte que la création de richesses s’accompagne d’une nouvelle clé de répartition entre nantis et défavorisés, afin de combler une bonne partie des écarts actuels qui semblent pour le moins inacceptables. Il ne s’agit pas là de défendre une idéologie face à une autre. Il s’agit tout simplement de faire preuve de plus d’équité dans la gestion financière internationale. Pour cela, il faut que les politiques se souviennent que leur mission première est de veiller au bien-être des populations qui, dans les systèmes démocratiques, les ont mandatés en mettant leur bulletin dans l’urne. Fort de ce mandat, ils se doivent de faire pression sur les pouvoirs financiers afin qu’on passe de ce système régis par un totalitarisme qui ne dit pas son nom, à un système moins arrogant, laissant la place à d’autres approches économiques et sociales.

 

La deuxième chose qui a de quoi laisser perplexe en cet an 12 du vingt-et-unième siècle, est la célébration du franc des Comptoirs Francophones d’Afrique. Cette situation est absolument anachronique. La France est la seule puissance coloniale qui maintienne ses ex-colonies africaines dans ce carcan. Le pire, c’est qu’on est arrivé à convaincre des intellectuels du bien-fondé de ce montage inepte, qui fait que la banque de France a son mot à dire dans la gestion de la monnaie de pays qui mis ensemble ont une puissance économique qui dépasse de loin celle de la France. Quel avantage un pays en voie de développement a-t-il à voir sa monnaie indexée sur l’une des plus fortes monnaies au monde ? Disposer d’une main-d’œuvre bon marché n’est-il pas l‘un des meilleurs moyens pour attirer les investisseurs ? Cette monnaie rend la main-d’œuvre et l’activité industrielle de la zone CFA non compétitive par rapport aux pays d’Asie.

 

Dans ce cas comme dans bien d’autres, il ne faut surtout pas émettre un avis contraire à celui promu par la puissance coloniale, sinon vous risquez d’être indexé et mis au banc des accusés. Alors que le nouveau Président de la République française jure la main sur le cœur que la Françafrique c’est fini, on célèbre ce symbole on ne peut plus ostentatoire de cette Françafrique. Cette monnaie qui ne reflète pas l’activité économique des pays qui la partagent, présente néanmoins l’avantage de faciliter les échanges entre eux. Mais cette monnaie communautaire avait-elle besoin d’être rattachée à l’Euro ? J’en doute et je crois qu’aussi vrai que la Roupie mauricienne n’empêche pas l’Ile Maurice de se développer, pour ne pas parler du Ghana voisin, un Franc communautaire d’Afrique de l’Ouest et du Centre non rattaché à l’Euro ne devrait pas empêcher le développement des pays dont il serait la monnaie. Tout est une question de volonté politique.

 

Tant que les politiques africains penseront que leur survie politique dépend plus de leur capacité à satisfaire les tenants de l’ordre mondial actuel que de la satisfaction des attentes de leur peuple, notre sous-développement a encore de beaux jours devant lui. Tant que la politique se résumera à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et qu’aucune manipulation politicienne des faits ne nous sera épargnée, les pays africains, même s’ils bénéficient d’un programme PPTE, resteront dans le sous-développement, limitant leur rôle à celui de vache à lait du monde. Ce dont l’Afrique en général et la Côte d’Ivoire en particulier ont besoin, ce n’est pas de dirigeants pétris de certitudes qui, au nom de la vérité qu’ils croient détenir, tentent d’inhiber et d’annihiler tout avis contraire. Ce dont elles ont besoin, c’est de dirigeants qui doutent et qui, de ce fait, acceptent la contradiction sans laquelle il ne peut y avoir de démocratie. Oui, l’Afrique a besoin pour se développer que le jeu démocratique s’exprime et comme le disait Trudeau, « La démocratie a besoin pour s'épanouir, d'un climat d'honnêteté. »

 

Ce devoir d’honnêteté de nos politiques doit s’ajouter à la conviction formulée par Clément Richard Attlee qui dit que « La démocratie n'est pas simplement la loi de la majorité, c'est la loi de la majorité respectant comme il convient les droits des minorités. »

 

Jean-Antoine Zinsou

 

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Source : Fraternité Matin 17 octobre 2012

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:40

Il a suffi d'un message aux diplômés de première année de l'Institut de sciences médicales "Victoria de Girón" pour que le poulailler de la Fidel-Castro-Ruz-le-21-octobre-2012---copyright-Al-copie-1.jpgpropagande impérialiste s'affole et que les agences de presse se repaissent du mensonge. Pour comble, leurs dépêches avaient colporté au sujet du patient les sottises les plus insolites.

 

Le journal espagnol ABC avait ainsi rapporté les propos d'un médecin vénézuélien, établi on ne sait où, révélant que Castro aurait souffert d'une embolie massive de l'artère cérébrale droite. "Je peux affirmer que nous n'allons pas le revoir en public", a-t-il déclaré. Ce soi-disant médecin qui n'hésiterait pas à abandonner ses compatriotes a qualifié l'état de santé de Castro de "très proche de l'état neurovégétatif".

 

Même si bien des gens dans le monde sont trompés par les médias, presque tous aux mains des privilégiés et des riches, qui publient ces bêtises, les peuples y croient de moins en moins. Personne n'aime qu'on le trompe. Même le menteur le plus incorrigible espère qu'on lui dise la vérité. Tout le monde a cru, en avril 1961, les nouvelles publiées par les agences de presse, affirmant que les envahisseurs mercenaires de Girón ou de la Baie des Cochons, suivant le nom qu'on veuille lui donner, arrivaient à La Havane, alors qu'en réalité certains d'entre eux tentaient sans succès d'accoster en bateaux sur les navires de guerre yankees qui les escortaient.

 

Les peuples apprennent, la résistance grandit face aux crises du capitalisme qui se répètent de plus en plus souvent ; aucun mensonge, aucune répression, aucune arme nouvelle ne pourront empêcher l'effondrement d'un système de production toujours plus inégal et injuste.

 

Il y a quelques jours, peu avant le cinquantième anniversaire de la "crise d'octobre" [1962], les agences ont désigné trois coupables : Kennedy, qui était récemment arrivé à la tête de l'empire, Khrouchtchev et Castro. Cuba n'a joué aucun rôle dans la diffusion de l'arme nucléaire ni dans la tuerie inutile d'Hiroshima et de Nagasaki perpétrée par le président des Etats-Unis, Harry S. Truman, tuerie qui a eu pour effet d'établir la tyrannie atomique. Cuba défendait son droit à l'indépendance et à la justice sociale.

 

Quand nous avons accepté l'aide soviétique en armes, en pétrole, en aliments et autres ressources, c'était pour nous défendre des projets yankees d'invasion de notre Patrie, soumise à une guerre sale et sanglante que ce pays capitaliste a mené contre nous dès les premiers mois et qui s'est soldée par des milliers de morts et de mutilés cubains.

 

Lorsqu'au nom de la solidarité Khrouchtchev nous a proposé d'installer des projectiles de moyenne portée, semblables à ceux que les Etats-Unis avaient en Turquie – un pays encore plus proche de l'URSS que Cuba ne l'est des Etats-Unis –, Cuba n'a pas hésité à prendre ce risque. Notre conduite a été éthiquement sans tache. Nous ne demanderons jamais pardon à qui que ce soit pour ce que nous avons fait. Une chose est sûre, un demi siècle a passé et nous sommes toujours là, la tête haute.

 

J'aime écrire et j'écris ; j'aime étudier et j'étudie. Il y a beaucoup à faire dans le domaine de la connaissance. Jamais les sciences, par exemple, n'ont avancé à une vitesse aussi étonnante.

 

J'ai cessé de publier mes Réflexions, car ce n'est certainement pas mon rôle d'occuper les pages de notre presse, qui se consacre à d'autres tâches dans l'intérêt de notre pays.

 

Oiseaux de mauvais augure ! J'ai même oublié ce que c'était que d'avoir mal à la tête. Pour vous prouver combien ils sont menteurs, je vous offre les photos qui accompagnent cet article.

 

Fidel Castro Ruz - le 21 octobre 2012

Source : Le Courrier international 22 octobre 2012

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 09:42

    Au citoyen Mamadou Koulibaly, avec nos voeux de prompt rétablissement

 

En zappant ce beau matin du 10 octobre, je suis arrivé sur une chaîne documentaire télévisuelle consacrée à la vie des animaux. Dans cette jungle, les combats étaient férocement engagés entre ces espèces sauvages. Au terme du reportage, une des espèces finit par succomber. Le journaliste réalisateur s’est alors laissé aller à ce commentaire sans appel : « Dans la jungle, la règle est implacable : Pour que l’un puisse vivre … l’autre doit mourir ». Toujours.

 

Observateur attentif de la politique ivoirienne, la chute du commentaire du journaliste a résonné dans mes oreilles et m’a fait penser, par une bouleversante analogie, à la gouvernance désastreuse d’Alassane Ouattara en Côte d’ivoire. Oui, en quelque mois, Ouattara a réussi à transformer la Côte d’Ivoire, une république, en une jungle où pour qu’il puisse vivre et régner, l’autre, c’est-à-dire celui qui a été et demeure proche de Laurent Gbagbo, doit fatalement mourir. Mourir en prison ou en exil, mourir tétanisé par la terreur ambiante, mourir reclus dans son propre pays, exproprié de ses doits les plus élémentaires. Un pro-Gbagbo ou supposé comme tel qui est quotidiennement pourchassé, justement comme dans une jungle, pour être broyé par des fauves animés d’un pitoyable instinct de survie. C’est dans cette jungle qu’ont subitement fleuri des expressions assassines comme aseptiser, nettoyer, éradiquer. Ceci pour en finir avec ces pro-Gbagbo qui, subitement devenus fous selon l’expression du journal du RDR « Le Patriote » , veulent s’allier à des coupeurs de bras d’Ansar Dine. En fait, comme les lépreux du temps de la Rome antique, on aurait tellement voulu les voir circuler partout avec des clochettes pour que toute la planète s’écartât de leur chemin !

 

Tenez, combien sont-ils ces fonctionnaires qui sont assis chez eux, chassés par la politique immonde de rattrapage ethnique revendiquée publiquement par Ouattara. A la douane, à l’éducation nationale, au Port autonome d’Abidjan, dans l’armée, dans les entreprises publiques, bref partout. Le couteau de la vengeance entre les dents, Ouattara chasse et veut tout mettre à mort comme dans la jungle, pour faire place nette en vue de régner. Parlant de vengeance, la chanteuse ivoirienne de renom Aïcha Koné, n’en pouvant plus de s’étouffer, a fini par s’éclater dans la presse en ces termes : « Moi, en 2000, j’ai fait campagne et voté pour Robert Guéi. Mais j’ai été touchée d’apprendre que le président Gbagbo allait décorer un certain nombre d’artistes dont je faisais partie parce qu’il estimait qu’ils honoraient la Côte d’Ivoire. Ce geste m’a marquée. Il n’a pas dit : celle-là, je ne veux pas la décorer parce qu’elle soutenait mon adversaire. Il n’a pas eu cette attitude. Il n’a pas eu l’esprit revanchard. Il a plutôt été rassembleur. Il a agi en Chef de l’Etat, en président de tous les Ivoiriens ».

 

Aïcha Koné invite ainsi les Ivoiriens et l’ensemble de la communauté des humains à bien observer pour comprendre le drame que vit notre pays. Gbagbo voulait construire en Côte d’Ivoire une république démocratique, prospère, harmonieuse et solidaire… Ouattara est venu y installer une jungle. Pour combien de temps ?

 

 

Aristide Silué (In L’Alternative du 15 Octobre 2012)

 

 

Titre original : « Désastreuse gouvernance de Ouattara : la république et la jungle ».

 

 

 

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Source : civox.net 16 octobre 2012

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