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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:37

Le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des militaires patriotes qui ont renversé le capitaine Sanogo le 7 avril 2012 - photo Joe Pe-copie-1le président malien Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012, a été officiellement investi mercredi à la tête du comité de réforme de l'armée, près de six mois après sa nomination à ce poste.  

Le capitaine Sanogo avait été nommé président du "Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité" par décret présidentiel daté du 8 août 2012. La cérémonie a eu lieu à Koulouba, siège de la présidence, en présence du président par intérim Dioncounda Traoré, du Premier ministre Diango Cissoko et de plusieurs chefs militaires maliens.  

 

Source : AFP 13/02/2013

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 15:36

A L’heure où notre pays traverse une sérieuse crise, mettant en péril le fondement de la nation et l’existence de l’Etat, un préalable s’impose.  Qu’est-ce qu’un Etat ? En existe-t-il un  en Côte-d’Ivoire sous le régime Ouattara ?

Telles sont les questions auxquelles nous devons apporter réponses avant d’entamer toutes discussions sur les différentes menaces qui planent sur notre pays : menaces de mouvements sociaux, crise de confiance entre citoyens, crise de confiance entre citoyens et l’Etat, grève des enseignants, des sages-femmes, des infirmiers, la réconciliation en panne, etc., etc.… Pour savoir ce qu’est un Etat, il est indispensable d’élucider un certain nombre d’aspects qui vont de la définition de l’Etat et de ses caractéristiques.

L’Etat correspond à la forme d’organisation politique et juridique existante dans une société pensée soit en tant que communauté rassemblant les citoyens, soit en tant que pays. En d’autre terme, c’est une autorité qui s’exerce sur un territoire et sa population. Il est en effet composé de trois éléments essentiels : un territoire, une population… et un gouvernement. L’Etat signifie société organisée, ayant des institutions et organes politiques, administratifs, juridiques. Il signifie aussi l’ensemble de ces organes et institutions.

- Le territoire est une condition indispensable pour que l’autorité politique s’exerce efficacement. L’assise territoriale implique une délimitation précise et la notion de frontière apparaît indispensable. Le territoire joue un rôle fondamental : il contribue à fixer la population en favorisant l’idée de nation et détermine le titre et le cadre de compétence de l’Etat. Rôle essentiel, car les autorités publiques doivent disposer de la plénitude des compétences pour imposer des obligations aux individus et faire respecter le droit. Comment se fait-il que, alors que les frontières naturelles et artificielles entre la Côte-d’Ivoire et le Burkina sont déterminées, 4 millions de Burkinabés viennent subitement dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire (Duékoue) et prennent les terres, les plantations des populations autochtones ?

- La population d’un Etat se présente comme une collectivité humaine. Cet ensemble doit être également déterminé par une appartenance. C’est de là qu’on parle de nationalité, et un contenu exprimé en termes de droit et de devoirs ou encore de citoyenneté. Tous les individus d’un Etat sont soumis sans exception au même ordre juridique, expression de la souveraineté de l’Etat qui s’applique aux nationaux tout comme aux résidents étrangers.

Pourquoi alors, dans notre pays, sous Ouattara, l’ordre juridique ne s’applique-t-il pas à ces étrangers qui sont venus tout droit du Burkina, qui tuent des nationaux, déchirent tout un tissu social organisé, prennent les terres et les plantations de ces gens dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire… Où est l’ordre juridique qui est l’expression de la souveraineté de l’Etat ? Alors que l’Etat a une obligation morale de protéger ses citoyens, et de défendre la souveraineté territoriale lorsque celle-ci est bafouée. Aujourd’hui dans les villes de l’intérieur tout comme à Abidjan, les populations sont terrorisées par des bandes armées. Les populations sont soumises quotidiennement à des rackets, à la torture et aux tueries. Où est l’expression de la souveraineté de l’Etat ? Ceux qui ont tué à Nahibly vadrouillent impunément.

Pour que l’Etat fonctionne et se maintienne, l’unité de la population nationale doit résulter d’une certaine harmonie et/ou homogénéité, qualité qui forme un tout cohérent et harmonieux entre l’ensemble de ses membres. Des caractéristiques communes comme la langue, l’ethnie, l’histoire commune …aident à préserver cette unité nationale.

Cependant dans un Etat comme le nôtre, qui est fondé sur une diversité de populations: pluralité de langues, d’ethnies, de religions, il appartient à l’Etat de préserver la cohésion nationale, ce qui n’est pas le cas sous Ouattara.

Tant de déchirement de la nation, tant de haine en son sein. La réconciliation tant chantée par Ouattara est lettre morte.

Comment donc surmonter un passé odieux et se frayer un chemin vers un avenir radieux après tant d’abomination et de crimes de guerre civile et domestique ? Réponse : le problème de la réconciliation est fondamentalement politique et son règlement ne peut être que politique. Libérer tous les prisonniers politiques, engager un vrai dialogue social avec tous les partenaires sociaux. Permettre que tous les partis politiques aient un espace d’expression. Les médias d’opposition doivent jouer leur plein rôle, celui d’apporter la contradiction dans le débat de société. C’est le seul gage d’une réconciliation RÉELLE.

Le gouvernement est le troisième élément constitutif d’un Etat car le concept d’Etat implique en partie une organisation politique. Cette organisation bénéficie de la puissance publique et de sa capacité à commander et de se faire obéir. Pour qu’un gouvernement puisse être obéi, il doit être légitime. C’est pour maintenir l’ordre sur le territoire, il doit être légitime et respecter les règles en vigueur dans la société. Or le pouvoir de Ouattara souffre d’une légitimité criard. Il n’arrive pas à diriger le pays. Le pays est totalement bloqué. Il n’arrive pas á commander et se faire obéir par ses groupes militaires FRCI. Voilà pourquoi ceux-ci peuvent se permettre de dicter leur propre loi sur les citoyens en les pillant, en les tuant, en les torturant comme ils le veulent. Du côté de la population, il ne bénéficie pas d’une légitimité populaire. On assiste à une disparition de l’Etat petit à petit.

L’Etat a plusieurs rôles parmi lesquels, offrir un cadre juridique pour vivre dans l’ordre et la sécurité. Mais aussi, il doit essentiellement assurer la défense de l’ordre public afin de garantir la sécurité du pays. Il doit assurer la paix et la sécurité des citoyens. L’Etat doit aussi assurer la construction de la liberté humaine, apporter le bonheur car c’est sa fonction morale. Il doit toujours viser le bien suprême : l’éducation, la santé, l’emploi, le logement, faire rentrer les devises par le biais du Trésor public en faisant payer l’impôt surtout aux sociétés étrangères. Tout ceci est inexistant sous Ouattara.

Les Ivoiriens vivent leur quotidien la peur au ventre à cause de l’insécurité généralisée. On a une société ou les rapports entre les gouvernants et les citoyens sont basés sur la force et non sur la légitimité démocratique… Le pouvoir est aux mains d’un seigneur de guerre (Ouattara) et d’une junte (frci).

On a désormais une société où le pouvoir n’est pas partagé ; où il n’existe pas de contrôle de l’exécutif… Un pouvoir où la jeunesse est livrée à elle-même… Un pouvoir dominé par une restriction de la liberté d’expression des opinions. Opposants bannis, exilés, emprisonnés, persécutés… Absence de droits de l’homme. C’est le totalitarisme dans toute sa forme, où la Justice est tenue par un seul homme, Ouattara.

Les fusils résonnent pratiquement chaque mois. La souveraineté de l’Etat est bradée. La Côte-d’Ivoire fait marche-arrière, la démocratie est mise entre parenthèse.

Le rôle de l’Etat est de capter les ressources internes du pays, pour son développement, et non une coopération économique forcée avec la France qui fera de la Côte-d’Ivoire un perdant. Si la coopération économique avec la France pouvait contribuer à l’émergence, Côte-d’Ivoire serait aujourd’hui le pays le plus développé de la sous-région. Plus de 50 ans de coopération économique avec la France n’ont rien eu de positif pour notre société. Il faut passer á autre chose. Tout ce que Ouattara est en train de tricoter avec la France au bord de la banqueroute, et quasiment en faillite n’est rien d’autre qu’une chimère. C’est la meilleure façon que Ouattara a trouvée pour liquider les ressources de la Côte-d’Ivoire et non les utiliser à des fins utiles pour les Ivoiriens. C’est une ardoise lourde qui nous attend, car Ouattara est en train d’endetter les générations futures. L’histoire des peuples d’Europe et d’Amérique a démontré que ce ne sont pas les infrastructures financées et bâties par la coopération néocoloniale qui crée le développement. Le développement d’un pays c’est d’abord l’investissement dans l’homme par la formation, l’éducation, la liberté, le travail et surtout la démocratie. Ce n’est pas dans un pays où la dictature est le plat de résistance que les investisseurs vont accourir.

Abraham Lincoln disait : « celui qui prend plaisir à faire porter les chaînes de l’esclavage aux autres, qu’il s’apprête à les porter lui-même un jour ».

Une libre opinion d’Adolphe Inagbé

Titre original : « L’Etat existe-il sous Alassane Dramane Ouattara en Côte-d’Ivoire ? »

 

 en maraude dans le web

Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

 

Source : Connectionivoirienne.net 8 février 2013

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 14:29

Dirigés par des potentats offshores, c’est-à-dire à la loyauté nomade et centrifuge, surfant sur deux, trois ou quatre passeports, entourés de ministres incompétents et arrogants, les peuples africains ont tout à craindre du siècle qui vient de s’ouvrir. Ils doivent savoir que dépourvus de leadership compétent et dévoué à l’Afrique, le continent se trouve sous la menace directe d’un nouvel asservissement. A travers les évènements en cours au Congo, en Somalie, au Soudan, en Libye, au Nigéria, en Côte d’Ivoire et au Mali, se dessine une stratégie qui rappelle étrangement le XIXe siècle. C’est ici qu’il faut entendre, et surtout comprendre ces mots du Pr Alain Berthoz, professeur honoraire de la Chaire de physiologie de la perception et de l’action au Collège de France : « La mémoire du passé n’est pas faite pour se souvenir du passé, elle est faite pour prévenir le futur. La mémoire est un instrument de prédiction. » Mais c’est pourtant ici que pèchent les sociétés africaines actuelles, et particulièrement leurs élites, par une ignorance coupable de leur histoire et de celle de l’Europe et des Etats-Unis. Il s’agit ici des vraies élites, pas des collabos de l’ordre esclavagiste qui ont transformé nos écoles en fabriques de serfs. L’histoire est la vraie matrice de l’intelligence prospective. Aussi, pour avoir la mémoire courte, les Africains de ce temps sont-ils de piètres joueurs d’échecs. Face à la crise actuelle du capitalisme qui accélère leur entrée en décadence, les Etats d’Occident ont décidé de reconduire en Afrique et en Asie de l’Ouest, régions qui monopolisent la quasi-totalité des ressources naturelles, une stratégie qui leur avait été particulièrement bénéfique au XIXe siècle, la désorganisation généralisée. En effet, le boom démographique, le boom éducatif et la prise de conscience des peuples sont les forces qui, conjuguées avec des Etats solides, risquent de rendre à ces deux régions, leur indépendance globale. C’est cette « menace » que l’Occident entend contrer par la géopolitique du chaos, aidé en cela par les forces les plus rétrogrades de ces deux régions : les primitifs djihadistes et les zombies offshores. Cette manœuvre par le chaos, guerre fourbe menée sous le masque de Tartuffe, se décline en deux pratiques : la destruction des Etats et la razzia des ressources. La poursuite par l’Occident d’une existence de gaspillage est à ce prix.

 

Nouvelle donne.

Unique acteur sur l’échiquier africain depuis la chute du mur de Berlin, l’Occident pouvait se reposer sur les plans d’ajustement structurel, les putschs et les trucages électoraux pour tenir en laisse les Etats africains afin de spolier les richesses des peuples. L’émergence des BRIC, qui a introduit de nouveaux acteurs dans la partie, et la crise de 2008 ont changé la donne. Ces deux faits sont des tendances lourdes dont il faut compendieusement indiquer les implications. Le pic du prix du baril à 147$ en juillet 2008 et le krach boursier des subprimes deux mois plus tard n’étaient pas les symptômes d’une crise conjoncturelle mais les révélateurs d’un déclin structurel. Depuis quatre ans, en Europe comme aux Etats-Unis, la désindustrialisation s’est étendue, la pauvreté s’est accrue, le recul de la part du PIB en parité de pouvoir d’achat s’est poursuivi, la sécession des rentiers de la finance s’est consolidée et le nombre de personnes en grand âge a continué de croître. Ce sont là autant de constantes de longue durée qui indiquent que les pays du Nord sont, pour ce siècle qui va, lourdement engagés dans une décadence.  L’essor de la Chine, du Brésil, de l’Inde et le retour de la Russie, sont désormais un fait établi. Depuis 2009, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les Occidentaux découvrent les délices de la concurrence. On rirait presque de lire un rapport officiel où les autorités françaises se gendarment pour «en finir avec la mondialisation déloyale ». Ah, bon ? Il y a de la déloyauté dans la mondialisation ? Pourtant on nous avait assuré du contraire. Mais ce qui est plus important, c’est que ces nouveaux acteurs présentent une approche différente des échanges qui diversifie effectivement l’offre sur le marché mondial. La concurrence de ces acteurs a ouvert aux Etats africains une marge de manœuvre. La géopolitique du chaos est l’antidote à cette nouvelle conjoncture mondiale. La colonisation sur le modèle du XIXe siècle étant impossible – aucun peuple n’accepte aujourd’hui d’être dirigé par des étrangers –, les impérialistes d’Occident, désormais affranchis du contrôle démocratique de leurs peuples et en complicité avec des pays-commandites tels le Qatar, ont opté pour la dislocation des Etats existants sur les territoires dont ils convoitent les ressources. Cette destruction devant leur offrir comme unique interlocuteur dans ces espaces, des potentats offshores conduisant en contremaîtres des Etats-zombies ou des warlords incultes, cupides et violents terrorisant des zones de non-droit. Cette tactique de la dislocation s’appuie sur un triptyque : éliminer les chefs charismatiques et non malléables, fomenter des « révolutions », rébellions et autres printemps, ou les subvertir s’ils sont autonomes,  et émietter les territoires des pays convoités.

 

...Pratiques anciennes

Sommes-nous à l’aube d’un nouvel esclavage ? Cette question n’est plus d’actualité, elle est dépassée. Quand M. Zadi Kessy dit à ses filleuls de l’ENSEA que pour les questions de revalorisation salariale dans l’entreprise, ses pairs et lui ont les mains liées, car les décideurs sont à Paris, Londres ou New-York. Sommes-nous encore libres ? Telle est la seule question qui vaille aujourd’hui. Suis-je alarmiste ? Répondront par l’affirmative ceux qui ont manqué, sur l’écran de l’histoire, l’épisode de la colonisation. Je les invite à aller lire Le roi de Kahel, de Tierno Monénembo, hymne colonial qui, simple hasard, a été couronné du prix Renaudot en 2008. En attendant, servons-nous de la tragédie du Mali pour débusquer les esclavagistes et leurs complices, les mêmes qui ont assassiné Lumumba, en projetant sur les évènements les lumières de l’histoire. C’est à la suite et à l’instigation des grandes compagnies capitalistes que les Etats européens ont de tout temps attaqué l’Afrique. Que ce soit la Compagnies des Indes et du Sénégal, ou la Lloyds autrefois, ou Areva, Monsanto, Nestlé, Shell et Goldman Sachs aujourd’hui, c’est la même logique qui est en jeu. Bonnet blanc et blanc bonnet. Le capitaine d’industrie est l’ex-futur ministre des affaires étrangères ou du département du commerce ; et vice-versa. Vous en doutez ? Lisez les CV. Pas ceux de George W. Bush ou de Condoleezza Rice, trop caricatural ; regardez pour les autres. Par exemple celui de Christine Lagarde, qui a fait la leçon à nos députés. Pendant que vous y serez, profitez pour consulter la liste du conseil d’administration de la multinationale qui sévit près de chez vous ; vous serez surpris du nombre de vieilles connaissances. Donc, il paraît que les Touareg, discriminés, ont attaqué le Mali pour réclamer leur autonomie. C’est alors une guerre d’indépendance ? Menée par 2% de la population ? Que nous répond l’histoire ? Des mots d’une limpidité troublante : « Kayor appartient au Damel dont je suis sûr, nous sommes entièrement liés d’intérêt… Pour celui de Djollof dont le roi se nomme Bourba-Ouolof, je ne sçay s’il me fera quelques difficultés, mais s’il ne veut pas s’arranger avec moy, je luy ferai faire la guerre par Damel. Je leur ferai assez bien sentir leur intérêt et je donnerai à Damel des présents de poudre et de balles afin de l’engager à attaquer Bourba-Ouolof, je pourrois même lui fournir un détachement et du canon de campagne ». Que l’histoire parle à travers la plume de M. Charles Poncet, gouverneur de Gorée, informant en mai 1764, le ministre du commerce français de son intention de susciter une guerre entre le Djollof et le Kayor ne fait qu’apporter un surcroît d’éclairage. « Entièrement liés d’intérêt » dit Poncet. Ah, oui ! C’est pour cela que les communiqués du MNLA, pardon du Damel, sont donnés depuis… Paris, sur France 24 ? « Rien à voir, s’indigne l’universitaire collabo offshore, inculte en histoire, la France a volé au secours du Mali contre AQMI. » La bonne affaire ! Que disait déjà La Fontaine au sujet des voleurs, de l’âne et de maître Aliboron le troisième larron ? Ignorants aussi en histoire et en littérature, ces larrons d’AQMI, pardon du GSPC, pardon du GIA, pardon du DRS, pardon… enfin ces larrons de rebelles du Nord, qui ont cru pouvoir escamoter tranquillement l’âne. Comment !? Vous dites… Tous ces sigles ne renvoient pas aux mêmes acteurs ? Ah, bon ! Vous n’avez jamais entendu parler de poupées russes, alors ?…   Et vous avez cru à cette hénaurme farce hollywoodienne du Global War on Terror ? Ou au fait que le MNLA, ce groupuscule de trafiquants incultes convertis en rebelles, décide tout seul comme un grand, d’avoir une « république » en plein cœur du désert, alors que rien de tel ne s’est vu depuis le temps de Sounjata ? Hum… Il faut alors être admiratif devant votre capacité de tolérance aux absurdités. Dans ce cas lisez The Dark Sahara du Pr Jeremy Keenan. Et pourquoi, selon vous, l’armée malienne n’accompagne-t-elle pas Serval à Kidal ? Parce que le MNLA doit légitimer la future Monusco, pardon Monusma. La mémoire sert à prédire, on vous dit… Mais Poncet parle aussi d’autres choses. Il entend lancer sa guerre préventive parce qu’il soupçonne le roi Bourba-Ouolof de pouvoir lui faire « quelques difficultés » dans ses pillages, rapts et rapines. Eh bien, l’histoire sans pitié, dessille les yeux des plus naïfs. Diocounda Traoré – ou Haya Sanogo – n’est pas le descendant de Bourba-Ouolof. Le Mali ne peut faire la moindre difficulté à quiconque veut s’emparer des richesses des Maliens ou les réduire en esclavage. Les femmes transformées en esclaves sexuelles et quotidiennement violées à Gao ou les mains coupées à Tombouctou sont triste- ment exemplaires de cet état de fait. Cruelle, l’histoire poursuit qu’il en est de même, du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Burkina, du Togo ou du Niger. A quoi servent alors ces « armées » pléthoriques et obèses qui obèrent nos budgets, interrogent les peuples africains inquiets ? La réponse se trouve dans une dépêche publiée à Ouagadougou, l’autre jour : « La gendarmerie française vient d’achever la formation d’une force spéciale chargée de lutter contre toute forme d’insurrection. » L’insurrection, c’est l’action, pour un peuple, de se révolter contre un pouvoir tyrannique. Ces « armées » ne sont donc pas destinées à nous protéger contre des envahisseurs mais à nous empêcher de « faire quelque difficultés » si l’on veut nous soumettre et nous exploiter. Elles ne sont que les héritières de ces troupes de tirailleurs qui ravageaient villes et hameaux durant la colonisation. Pour rendre la chose plus limpide, regardons en Côte d’Ivoire où l’AFD (Agence Française du Développement), entre deux accaparements de terres, aide le Damel à réhabiliter et à construire des prisons. Cheikh Anta Diop nous avait prévenus, la sécurité précède le développement, et sans intégration régionale, nous serons toujours à la merci du premier aventurier venu.

 

Les dividendes du désordre

La géopolitique du chaos a pour projet de perpétuer « les accords inégaux » et d’empêcher la Chine de pratiquer « une mondialisation déloyale » en achetant les matières premières africaines à des prix moins indécents. Je vois d’ici le sceptique ricaner : il n’y a aucun profit pour qui que ce soit dans le désordre. Voilà un qui ne connaît pas l’adage français qui dit que de la confusion naît l’opportunité. Mais, donnons un exemple plus probant. Depuis que l’Onu, les Etats-Unis et les Européens ont installé le chaos en Somalie, les thoniers espagnols, français, italiens et autres, peuvent piller pour des millions d’Euro les ressources halieutiques de ce pays. Bon, il faut être juste. Ces pays veulent bien payer les droits de pêche, malheureusement il n’y a plus d’Etat. Comme c’est commode…  « Mais c’est différent ici, il n’y a aucun intérêt au Mali, un des pays les plus pauvre du monde, éructe, sur les plateaux de médias complaisants, le même universitaire à gages. » Voici encore un qui, comme l’autre (vous savez bien, l’anticancre) a raté une belle occasion de se taire. C’est sans doute par téléportation que l’uranium d’Arlit se retrouve en Alsace. Notre universitaire pédant ne sait pas ce qu’on appelle la sécurité des voies d’approvisionnement. Il n’a jamais appris que Kidal est plus proche de Niamey que de Bamako. Comment… ? Ce n’est plus de l’histoire, c’est de la géographie ? C’est exact, mais Elisée Reclus nous a enseigné qu’il n’y a pas trop de différence. Pour lui, l’histoire c’est de la géographie dans le temps et la géographie de l’histoire dans l’espace. Dans géopolitique, il y a donc géographie, vous savez, la science qui sert, d’abord, à faire la guerre (si l’on en croit Yves Lacoste), et les géographes dressent des cartes, et tout le monde sait que les cartes sont très bavardes, surtout les cartes géologiques. Ainsi, celles de l’Azawad racontent qu’au-dessous du désert il y a de l’uranium, et aussi beaucoup d’or, et un peu de pétrole. D’autres cartes murmurent même que plus bas encore se trouvent une gigantesque nappe d’eau fossile qui semble s’étendre sous tout le sahel, jusqu’en Somalie. Et voilà pourquoi votre fille est muette, Madame ! 

Laissons le Mali, où la géopolitique du chaos, toujours en cours, est pour l’instant trop éblouissante pour la majorité des experts autoproclamés, et où des populations flouées acclament de Tombouctou à Bamako des pompier-pyromanes, et parlons du Libéria, où les projecteurs ont été éteints. Vous savez bien, le Libéria, ce pays qui a connu une sanglante « guerre civile », et dont on a déporté l’ancien dirigeant à la Haye pour qu’il y endosse le rôle de premier président déféré devant la CPI. Le Libéria où séjourne depuis plus d’une décennie une force étrangère qui transforme le pays en protectorat. Que dit l’histoire à ce sujet ? Pour être éclairé, parcourons quelques centaines de kilomètres vers l’Est, allons dans le royaume d’Abomey, dans les années 1815. Le prince Gankpé, qui prendra le nom de règne de Gézo, excédé d’attendre son sur le trône, lance une rébellion contre le roi Adandozan, « monarque jugé tiède au sujet de la Traite négrière ». En 1818, à l’issue d’une guerre brutale, Gankpé renverse le souverain légitime et prend le pouvoir, aidé par le Portugais Francisco Félix da Souza alias Cha-Cha dont le titre officiel est « protecteur des intérêts économiques liés au commerce atlantique ». Cela a le mérite d’être clair. Ceux du XIXe siècle ne se cachaient pas derrière d’hypocrites « Haut représentant du… », ou « Médiateur spécial de… ». Victorieux, Gézo lance une lutte « sanglante contre les fils d’Adandozan dont la plupart furent pourchassés et exécutés. Les fameuses amazones, guerrières restées fidèles au roi, sont décimées. Les annales royales sont manipulées pour présenter Adandozan comme un souverain déchu pour incompétence, et de ce fait, gommé de la généalogie royale. » Voici comment on livre un pays à la colonisation. 

Mais revenons au présent, revenons au Libéria. N’est-ce pas là que des dirigeants offshores ont vendu le quart des terres du pays à des multinationales vampires, lesquelles ont créé de gigantesques plantations d’hévéa et de palmiers à huile, comme au bon vieux temps de Saint-Domingue, où triment les nègres descendants de ceux ayant accueillis des esclaves affranchis, sous la féroce garde de milices privées dénommées, en novlangue : sociétés de sécurité ? D’ailleurs, pourquoi je parle de la paille qui est dans l’œil du voisin ? Sans doute à cause de la douleur causée par la poutre dans le mien. Il paraît que ce sont les propriétaires de l’Olympique de Marseille qui vont nous apprendre à cultiver le riz maintenant. Quelle injure à la mémoire d’Houphouët ! Nous n’avons pas attendu la bande à Dreyfus pour savoir comment être autosuffisants. Mais qui a dissout la SORIZCI ? Et puis, quelle ineptie que de transformer toute la savane allant de Boundiali à Odienné en rizière. Sauf si l’on veut provoquer un écocide. Que les négriers d’autrefois se parent aujourd’hui du label d’investisseurs change-t-il le mal qu’ils causent ? Donc, nous disons ici solennellement à tous ceux qui sont en train de s’accaparer ainsi nos terres, quels que soient les contrats que vous signerez avec les autorités du moment, Assemblée comprise ou pas, le peuple ivoirien ne reconnaîtra jamais ces accords.

 

Dr Abdoulaye Sylla, Université de Cocody (in L’éléphant déchaîné 8-11 février 2013)

 

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Source : CIVOX. NET 11 Février 2013

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 13:54

Aujourd’hui, la parole à Tia Koné, ancien président de la Cour suprême :

 

« Mesdames et Messieurs,


Si ma joie est grande aujourd’hui, je voudrais signifier qu’elle l’est davantage pour la possibilité que l’occasion de cette liesse populaire me donne pour, comme je l’avais dit en son temps, apporter une des pierres blanches de mon cœur à l’œuvre de réconciliation entreprise par le président Alassane Ouattara à la tête du pays. Cette œuvre qui me semble la plus importante de toutes les autres, parce que conditionnant le succès de toutes celles-là, doit être soutenue et amplifiée par l’ensemble de nos populations. Aussi me paraît-il impérieux dans ce cadre d’enrayer dès à présent l’aspect relationnel existant entre le président de la République et son frère que j’ai toujours été et que je suis demeuré, malgré les apparences à propos de l’arrêt N° E 001/2000 rendu par la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Côte d’Ivoire en son audience du 06 octobre que je présidais. J’ai décidé de revenir sur cet arrêt dans le simple souci de lever tous les malentendus que ladite décision n’a pas manqué en son temps et même aujourd’hui encore de susciter dans le pays. Pour cela, il est bon de le placer dans le contexte de la crise économique rampante de l’époque. Au point que tous les espoirs étaient tournés vers l’extérieur d’où pouvait provenir un fils prodige (sic), plein de sciences et de connaissances pour abréger nos souffrances. Il n’était point question dans cette pathétique attente de rejeter ipso facto d’honorables fils du pays, de surcroît ancien DGA du FMI, pouvant de toute évidence être cet artisan du regain de notre économie et de notre grandeur nationale en perdition. A cet effet, j’affirme qu’il n’a jamais été dit dans l’arrêt du 06 octobre 2000 que M. Alassane Ouattara n’était pas Ivoirien. Cet arrêt à notre grand regret a causé un grand tort au concerné et à sa famille, représentée ici par Ibrahim Ouattara et bien d’autres Ivoiriens.

Je voudrais solennellement m’excuser pour tout le désagrément que cela a pu causer durant toute cette période à ce jour. Aujourd’hui, la preuve est faite en effet que le président de la République est un Ivoirien qui a un profond amour pour sa patrie et qui engage en ce moment notre pays sur de nombreux chantiers en vue de faire de la Côte d’Ivoire un Etat de paix et de prospérité. Aussi voudrais-je porter à la connaissance de mes collègues ce qui précède et leur recommande fermement de rétablir l’honorabilité du président de la République au plan judiciaire. Je l’ai dit et je le proclame, je me mets entièrement à la disposition de la nation entière pour y contribuer. Je répète que l’acte juridictionnel n’avait d’aucune manière dénié la nationalité ivoirienne à Alassane Ouattara. Pour être complet dans ma démarche d’association de recherche de solution à la réconciliation, il me faut sans en épuiser le sujet, parler aussi de ce que je crois être un point de friction dans les rapports des citoyens ivoiriens entre eux. A l’époque de l’arrêt précité, nous avons été sans surprise confrontés à une véritable incongruité textuelle dans l’application de l’article 35 de la Constitution en y découvrant les éléments d’une malheureuse stratification sociale fondée sur une illusion aux allures démagogiques. En effet, que lit-on dans ce texte. On y lit ceci : "le candidat à l’élection présidentielle doit être Ivoirien d’origine de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine". Fin de citation.

On remarque très rapidement que ce texte est tout à la fois absurde et vide. Il est absurde du point de vue historique. Car l’histoire nous enseigne que notre pays n’a acquis la souveraineté nationale qu’en 1960 avec les atouts d’acquisition de citoyenneté. Avant cette date, nul doute que les habitants de ce pays, s’ils avaient une nationalité, n’étaient nullement Ivoiriens. Si on se réfère donc à l’article en question, cela veut dire qu’en 2000 le candidat qui avait 40 ans était né en 1960. Ce qui devait aussi dire qu’il avait le même âge que ses parents. Il est indéniable que ses parents ne pouvaient pas avoir une nationalité qui n’existait pas. Mais, ce qui était vrai pour les parents, l’était aussi pour les candidats. Ici, ils étaient tous nés avant 1960, à l’époque coloniale sous la qualité de citoyen français. Ou à tout le moins de sujets français. Finalement, à l’analyse exhaustive, nous avons relevé qu’aucun des candidats n’était né Ivoirien, encore moins de père et de mère Ivoiriens. Nous avons dû, Mesdames et Messieurs, à défaut de pouvoir agir autrement, procéder à une transposition du présent au passé pour réussir à faire admettre que tous ceux qui habitaient ce lopin de terre devenu la République de Côte d’Ivoire, était déjà Ivoiriens. (…) Mais si ce concept est absurde, il est aussi inique. Parce que comportant les germes d’une répartition des Ivoiriens en plusieurs catégories. Contrairement au code de la nationalité qui lui se contente du simple minimum que l’un des deux parents soient Ivoiriens et cela en ces termes : "est Ivoirien l’enfant légitime ou légitimé né en Côte d’Ivoire, sauf si ses deux parents sont étrangers ou l’enfant né hors mariage en Côte d‘Ivoire, sauf si sa filiation est légalement établie à l’égard de ses deux parents ou d’un seul parent étranger ou l’enfant légitime ou légitimé né à l’étranger d’un parent Ivoirien ou encore l’enfant né hors mariage et dont la filiation est établi à l’égard d’un parent Ivoirien (articles 6 et 7)".

D’où vient alors que l’on crée de toutes pièces une catégorie ultra privilégiée d’Ivoiriens qui auraient seule le droit d’être candidats à l’élection présidentielle ? C'est-à-dire l’enfant né Ivoirien d’origine de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens. Ce concept comporte donc en son sein les germes d’une pernicieuse opposition des populations susceptibles de rompre l’harmonie nationale dont la mission n’a été rendue possible, à mon sens, par le jeu des manipulations politiciennes aux objectifs inavoués. (…) Nous avons dès lors relevé que ce texte était perfide et mauvais. (…) En l’appliquant par devoir de juge, nous avons en même temps reconnu que dans sa disposition essentielle, dans l’espoir que l’avenir permette d’en relever les aspérités. (…) Aussi m’apparaît-il judicieux de dire au chef de l’Etat, du haut de cette tribune, que dans sa quête inexorable d’harmonie et d’équilibre sociale, donc de réconciliation, qu’il prenne en compte cet aspect pernicieux de notre loi fondamentale qui est l’un des points d’achoppement, de clivage de nos populations. Un comité de réflexion et de réforme constitutionnelle doit être mis en place pour l’entame de l’importante tâche (…). »

 

Source : Le Patriote 11 février 2013

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 22:20

Le pouvoir Ouattara se propose de procéder à la naturalisation de plus de 4 millions de Burkinabè vivant sur le sol ivoirien. Un vieux projet habillement exprimé en termes de «droit du sol» par le mentor du Rdr dans l’Annexe des accords de Linas-Marcoussis sur la naturalisation des Etrangers en Côte d’Ivoire. Mais ce projet, conçu à l’attention de la diaspora burkinabé n’intéresse pas vraiment les «bénéficiaires forcés». Comme si la crise ivoirienne qui a déchiré la sous-région ne suffisait pas, le régime Ouattara se préparerait encore à exposer les étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Particulièrement les Burkinabè. En effet, le pouvoir propose à plus de 4 millions de Burkinabè vivant sur le sol ivoirien depuis longtemps de leur offrir «gracieusement» la nationalité ivoirienne. Un vieux projet exprimé par le mentor du Rdr depuis 2003, dans l’Annexe des Accords de Linas-Marcoussis sur la naturalisation des Etrangers en Côte d’Ivoire. Il suffit de lire ledit document pour comprendre les origines de la loi que Ouattara veut faire adopter à l’Assemblée nationale, contre l’avis des Ivoiriens. Dès l’amorce du texte, il est mentionné que :

« La Table Ronde estime que la loi 61-415 du 14 décembre 1961 portant code de la nationalité ivoirienne modifiée par la loi 72-852 du 21 décembre 1972, fondée sur une complémentarité entre le droit du sang et le droit du sol, et qui comporte des dispositions ouvertes en matière de naturalisation par un acte des pouvoirs publics, constitue un texte libéral et bien rédigé».

  Mais une loi «libérale et bien rédigée» ne suffisait pas à Ouattara. Aussi les Accords de Linas-Marcoussis, imposés au Président Laurent Gbagbo sous la pression de Jacques Chirac le 24 janvier 2003, sont arrivés à la considération qui suit :

« La Table Ronde considère en revanche que l’application de la loi soulève de nombreuses difficultés, soit du fait de l’ignorance des populations, soit du fait de pratiques administratives et des forces de l’ordre et de sécurité contraires au droit et au respect des personnes ».

Des arguments pernicieux

  Après avoir ainsi noirci le régime en l’accusant de non respect des droits et des personnes les soi-disant experts français qui ont élaborés les Accords et leur annexe ont insisté sur le fait que :

  « La Table Ronde a constaté une difficulté juridique certaine à appliquer les articles 6 et 7 du code de la nationalité. Cette difficulté est aggravée par le fait que, dans la pratique, le certificat de nationalité n’est valable que pendant 3 mois et que, l’impétrant doit chaque fois faire la preuve de sa nationalité en produisant certaines pièces. Toutefois, le code a été appliqué jusqu’à maintenant ».  

Et les auteurs de l’Annexe des Accords de Linas-Marcoussis sur la naturalisation des Etrangers en Côte d’Ivoire de proposer, de façon sournoise, le bradage de la nationalité ivoirienne en ces termes :  

« En conséquence, le gouvernement de réconciliation nationale… relancera immédiatement les procédures de naturalisation existantes en recourant à une meilleure information et le cas échéant à des projets de coopération mis en œuvre avec le soutien des partenaires de développement internationaux ».  

Pour accomplir le projet, les concepteurs de l’annexe des Accords de Linas-Marcoussis ont exigé ce qui suit : Le projet, conçu dans un but électoraliste, visait, dès 2003, à évoquer « la xénophobie » et « l’exclusion » pour entretenir la confusion, dans le but de proposer la nationalité ivoirienne à tous les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire, pour que ceux-ci servent de bétail électoral à Ouattara, le moment venu. C’est ainsi qu’à la suite de Marcoussis, le « gouvernement de réconciliation nationale » a reçu pour mission de « donner un mandat impératif » au Parlement pour lui faire adopter le texte. Mais cette disposition sera rejetée par les députés de tous bords, qui n’entendaient pas vendre la nationalité ivoirienne comme au marché sur des étals.  

   

Les Burkinabè dignes et fiers de leur patrie, pas intéressés

En fait, si le projet n’a pas vraiment prospéré et n’a, à vrai dire, pas grand chance de le faire dans un débat ouvert et démocratique sur la nationalité ivoirienne, c’est que ceux à qui Ouattara propose le « deal » ne sont pas vraiment intéressés par la nationalité ivoirienne, dans les conditions qui sont celles du contexte de ce projet. En effet, la vraie communauté burkinabé, à dissocier des aventuriers de guerre et autres mercenaires comme Amadé Ouérémi, a payé, tout comme le peuple ivoirien, un lourd tribut à cette guerre imposée pour pousser Ouattara au pouvoir. Déjà suffisamment intégrée en Côte d’Ivoire, cette communauté, que le Rhdp a tout fait pour opposer aux Ivoiriens par des discours haineux qui visaient à saper la cohésion sociale et la coexistence pacifique, a déploré, comme son hôte, la tragédie vécue ensemble, sous les bombes de l’armée française. La majorité des « Hommes intègres » généralement fiers de leur nationalité burkinabé, n’étaient pas demandeurs de la nationalité ivoirienne. Les Burkinabè dignes et fiers de leur patrie ne sont pas intéressés par cette démarche qui tend à les présenter comme des quémandeurs de la nationalité ivoirienne. Qui plus est, les Burkinabè de Côte d’Ivoire connaissent les dispositions légales qui permettent aux Etrangers – et qui ont déjà permis à plusieurs d’entre eux – d’avoir la nationalité ivoirienne. A vrai dire, les débats sur la naturalisation des Burkinabé de Côte d’Ivoire relève d’une manipulation juridico-politique entretenue par un discours haineux qui pousse à la division. La politique du « rattrapage des gens du nord » au plan national, issue de la Charte du nord qui divise la Côte d’Ivoire en deux, nous fournit la preuve que le régime Ouattara ne prospère que dans la haine et la division. Certes, Ouattara et ses parrains occidentaux réussiront à instrumentaliser certains membres de la communauté burkinabé de Côte d’Ivoire pour les pousser aux heurts avec les frères Ivoiriens, en récupérant des litiges fonciers et des différends de divers natures qui datent, pour beaucoup, de l’ère Houphouët-Boigny ou Bédié.

Un aspect qui soulève une autre question sensible : le code foncier. Sur lequel nous reviendrons. Mais la vérité sur ce projet du nouveau code de nationalité, qui gêne au plus haut point les « bénéficiaires » est que, de façon générale, ils n’en sont pas demandeurs. Il y a seulement que Ouattara, conscient qu’il est minoritaire et impopulaire en Côte d’ivoire, veut les instrumentaliser à des fins inavouées.

Maurice K. Kouassi

 

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Source : Le Temps 28 Novembre 2012

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 21:32

TRIBUNE – Par Dominique de Villepin, ancien Premier ministre. A paraître demain dans le JDD.

 

Le Mali, pays ami, s’effondre. Les djihadistes avancent vers le sud, l’urgence est là.

Mais ne cédons pas au réflexe de la guerre pour la guerre. L’unanimisme des va-t-en-guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la « guerre contre le terrorisme » m’inquiètent. Ce n’est pas la France. Tirons les leçons de la décennie Dominique-de-Villepin.jpgdes guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.

Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées.

Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux.

Jamais ces guerres n’ont permis la paix régionale. Au contraire, l’intervention occidentale permet à chacun de se défausser de ses responsabilités.

Pire encore, ces guerres sont un engrenage. Chacune crée les conditions de la suivante. Elles sont les batailles d’une seule et même guerre qui fait tache d’huile, de l’Irak vers la Libye et la Syrie, de la Libye vers le Mali en inondant le Sahara d’armes de contrebande. Il faut en finir.

Au Mali, aucune des conditions de la réussite n’est réunie.

Nous nous battrons à l’aveuglette, faute de but de guerre. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d’AQMI sont autant de guerres différentes.

Nous nous battrons seuls, faute de partenaire malien solide. Eviction du président en mars et du premier ministre en décembre, effondrement d’une armée malienne divisée, défaillance générale de l’Etat, sur qui nous appuierons-nous?

Nous nous battrons dans le vide, faute d’appui régional solide. La Communauté des Etats de l’Afrique Occidentale reste en arrière de la main et l’Algérie a marqué ses réticences.

Un processus politique est seul capable d’amener la paix au Mali.

Il faut une dynamique nationale pour reconstruire l’Etat malien. Misons sur l’union nationale, les pressions sur la junte militaire et un processus de garanties démocratiques et de l’Etat de droit à travers des politiques de coopération fortes.

Il faut aussi une dynamique régionale, en mobilisant l’acteur central qu’est l’Algérie et la CEDEAO en faveur d’un plan de stabilisation du Sahel.

Il faut enfin une dynamique politique pour négocier en isolant les islamistes en ralliant les touaregs à une solution raisonnable.

Comment le virus néoconservateur a-t-il pu gagner ainsi tous les esprits? Non, la guerre ce n’est pas la France. Il est temps d’en finir avec une décennie de guerres perdues. Il y a dix ans, presque jour pour jour, nous étions réunis à l’ONU pour intensifier la lutte contre le terrorisme. Deux mois plus tard commençait l’intervention en Irak. Je n’ai depuis jamais cessé de m’engager pour la résolution politique des crises et contre le cercle vicieux de la force. Aujourd’hui notre pays peut ouvrir la voie pour sortir de l’impasse guerrière, si elle invente un nouveau modèle d’engagement, fondé sur les réalités de l’histoire, sur les aspirations des peuples et le respect des identités. Telle est la responsabilité de la France devant l’histoire.

Dominique de Villepin

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Source : Connectionivoirienne.net 14 janvier 2013

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 00:10

La Côte d’Ivoire en ce début d’année 2013, devrait après l’intervention des deux chefs du RHDP, pousser un grand ouf de soulagement. Malheureusement, ce mouvement respiratoire est resté dans ses poumons, un peu avant l’aube. D’aucuns se demandent pourquoi la Côte d’Ivoire devrait-elle respirer un grand coup ? La raison est simple. C’est parce que, Alassane Dramane Ouattara et son compère Bédié ont enfin découvert que, lorsqu’on est dans un pays comme le nôtre, on doit travailler au bonheur de ses concitoyens. Par ailleurs, ce qui est bon pour soi, l’est aussi pour les autres et par les autres. L’aîné des deux Houphouétistes, dans le Nouveau Réveil n°3276 du 02/01/13 p.6, annonce à travers ses vœux de nouvel an que, « la croissance reprend et les indicateurs le montrent à souhait. »

Embouchant la même trompette, l’indéboulonnable découvre sans appel, sans gêne qu’il entend dire que « l’argent ne circule pas », mais à son avis, malgré tout, il « travaille. » Nous reviendrons plus loin sur cet aspect, mais avant, étonnons-nous de ce que ces deux principaux responsables Houphouétistes découvrent enfin la joie d’un pays apaisé qui se met au travail. Alassane Dramane Ouattara se dit indéboulonnable, mais personne dans ce pays n’a jamais voulu le déboulonner, c’est lui qui est le père de la violence politique. C’est lui qui se prend pour le messie indispensable à la Côte d’Ivoire. C’est lui qui dit que, ou c’est lui à la barre, ou rien ne peut se faire. C’est lui qui n’a pas su attendre son heure et a voulu comprimer le temps, après les menaces de mélanger le pays. Voilà pourquoi nous sommes étonnés de l’entendre dire que le pays est au travail. Mais pourquoi donc le pays ne serait-il pas à la tâche puisque lui, l’empêcheur de tourner en rond s’est calmé, cela ne pouvait que démarrer, pardi ! Nous ne le déboulonnerons pas, si nous avions quelque chose à faire, ce serait de le faire sauter, son socle et lui compris. Heureusement que cela n’est pas foncièrement ivoirien. Quant à M. Bédié, dit N’Zuéba, quand il voit les indicateurs s’allumer et lui dire que la croissance est là, ça ne peut prêter qu’à rire, parce qu’il est le même qui nous a endormis avec le miracle de l’économie ivoirienne des années 1970. Il est le même qui a contredit le docteur Samir Amin quand celui-ci parlait de croissance sans développement. Dix ans plus tard, les faits avaient donné raison au docteur Samir Amin. Pour la petite histoire, l’Egyptien Samir Amin a fait sa thèse de doctorat en économie sur le cas ivoirien…

Revenons à présent sur la boutade de M. Alassane Dramane Ouattara. Il dit entendre le peuple constater que l’argent ne circule pas. Lui-même, en tant qu’économiste, ne le voit-il pas ? Ne le sait-il pas en tant qu’individu vivant en Côte d’Ivoire ? C’est le dire sous cet angle qui est le problème même s’il le reconnaît indirectement. Si nous voulions être son alter ego dans le cynisme, nous dirions à contrario, que lorsque Bédié et Gbagbo étaient au pouvoir, l’argent circulait, donc ne travaillait-il pas alors ? L’argent peut-il à la fois circuler et travailler ? Si oui, quel est donc le rôle de celui-ci dans la société ? Avant de répondre à cette dernière question, faisons un clin d’œil au journaliste Jean-Eric Adingra dans Le Patriote n°3933 du 02/01/13, p.3. Ce dernier cire les pompes à Alassane Dramane Ouattara et déclare qu’il a donné une leçon d’économie aux donneurs de leçons qui prétendent qu’il y a des problèmes parce que l’argent ne circule pas. Devant une telle aberration, le commun des mortels peut faire tous les efforts pour respecter ce point de vue, mais tout cela sera voué à l’échec, parce que tout simplement absurde. Par contre, ce que le journaliste ne dit pas et qu’Alassane Dramane Ouattara a affirmé en filigrane, c’est que M. Alassane Dramane Ouattara reconnaît implicitement que l’argent ne circule pas effectivement. Ce faisant, il attire l’attention de ses détracteurs sur le fait que malgré tout, cet argent travaille. Mais ce travail est-il la conséquence de la non circulation ? Est-ce à cette fin qu’il a cité les chantiers qui le prouvent ? Cette façon de le dire est la meilleure manière de s’autocélébrer. On attendait sur ce point qu’Alassane Dramane Ouattara en tant que sachant, explique comment sans circulation de l’argent, le peuple peut ressentir dans son quotidien, les effets de « sa » politique ? Notre déception a été de constater que cet économiste s’est une fois de plus, abrité dans les promesses, lesquelles à l’instar des prophéties, prennent le futur comme l’exutoire par excellence afin d’échapper à la justification concrète que le présent exige. Hier, 2012 devait nous apporter la sécurité et le démarrage effectif de l’économie. Tout a été dit et constaté par les dirigeants politiques, mais le panier de la ménagère est resté affligent, affreusement malheureux et vide…

Cela dit, ce n’est pas une explication d’expert en économie que de dire que sans circuler, l’argent travaille. On n’a même pas besoin d’être économiste pour comprendre que l’argent est fait pour circuler. Et justement, c’est cela son premier rôle. Pour la gouverne de M. Adingra, l’argent conventionnellement permet les échanges qui ne se traduiraient que par le troc. Or qui dit troc dit échange et par voie de conséquence, la circulation de la monnaie qui créé un puissant mouvement de richesse. C’est trop facile de jouer les thuriféraires d’Alassane Dramane Ouattara, pour qu’à la moindre petite erreur qu’il commet, l’on l’explique par une leçon d’économie. C’est parce que la communauté internationale a adoubé le comportement de cet homme qu’il ne s’améliore pas. Il s’est installé dans la réputation de grand économiste « vouvouzela » ; du bruit, rien que du bruit. C’est au pied du mur que l’on voit, dit-on le vrai maçon. Quand on confond la truelle et le fil à plomb, il y a de sérieuses raisons de douter des qualités de vrai maçon. M. Adingra défend son pain, d’accord, mais est-ce une raison pour vouloir changer du vinaigre en vin fin ? Les économistes de la « pauvreté » comme nous aimons à désigner ces gens que tout le monde admire et qui ne font rien de vraiment concret, ont de beaux jours devant eux avec des gens comme M. Adingra. Alassane Dramane Ouattara fait partie de ceux dont tout le monde parle en bien mais qui laissent souvent le monde entier sur sa faim. Hier, à la primature, le magicien de l’économie avait lamentablement échoué, cela ne semble pas avoir ouvert les yeux à ses affidés. Néanmoins, on peut tous se réjouir de le voir découvrir la volupté que procure un climat apaisé Si ses adversaires faisaient la même chose que lui, ferait-il le bilan qu’il se donne ?


Louis-Freddy Aguisso

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Source : La Dépêche d'Abidjan 5 Janvier 2013

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 00:04

En Côte d'Ivoire, il y a des individus qui ont certainement mal assimilés leurs cours d'économie politique et qui confondent gestion rentière, gestion de boutique ou gestion de banque avec une politique rationalisée de développement. Ils s'adonnent à des expérimentations hasardeuses dont les conséquences risquent malheureusement d'être lourdes pour la postérité.

Ce sont des gens qui croient naïvement que si on transportait tous les immeubles et édifices de Paris en Côte d'Ivoire et qu'on y réalisait des festivals de feux d'artifices semblables à ceux de la ville de Tokyo, et qu'on organisait de temps en temps, dans des domiciles privés ou au stade Houphouët-Boigny, quelques concerts avec des chanteurs qu'on voit à Las Vegas ou dans des Clips américains, cela suffirait pour que la Côte d'Ivoire devienne subitement un pays développé ou un pays émergent !

Ces gens confondent investissement de façades, actes ostentatoires, illuminations chimériques, chiffres statistiques creux avec le vrai développement ! Ils feignent ne pas savoir que le développement, l'accroissement de la misère et des inégalités dans une nation, ne se déterminent pas avec les chiffres du PIB, ni avec des œuvres architecturales, encore moins à partir des actes politiques d'ostentations qui ne changent rien de façon durable aux conditions de vie et d'existence des populations qui sont contraintes de survivre dans la mendicité sans filets de protection de l'Etat, pendant que les ressources sont concentrées entre les mains d'une minorité clanique de "Kleptocrates", qui renforcent leurs positions économiques et leurs pouvoirs personnels, aux dépens de toute la société.


Docteur Doumbia Major

Titre original : « Côte d'Ivoire : quand des individus assimilent mal leurs cours d'économie politique » 

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Source : La Dépêche d'Abidjan 5 Janvier 2013

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:55

La fête de la lumière, dont l’apothéose était le gigantesque feu d’artifice tiré le 31 décembre à minuit dans le quartier du Plateau, s’est terminée en tragédie à Abidjan.

 

La Côte d’Ivoire commence mal l’année.

Soixante morts, des dizaines de blessés, dont certains très graves. Que s’est-il vraiment passé à Abidjan lors de cette nuit de la Saint-Sylvestre qui devait marquer l’entrée de la Côte d’Ivoire dans une ère de renouveau, selon les souhaits de son président Alassane Ouattara? Les services de sécurité ont-ils été à la hauteur? Et, question subsidiaire, le pays est-il en état de bon fonctionnement comme ne cessent de le répéter les autorités ivoiriennes?

 

Des secours trop tardifs

Selon le présentateur du journal de la RTI (Radio-Télévision Ivoirienne), le drame s’est joué vers 3 heures du matin, heure à laquelle les secours ont vraiment commencé à être efficients. Ali, un rescapé, situe l’heure de la tragédie vers 1h20, une demi-heure après la fin du feu d’artifice qui avait ébloui des dizaines de milliers de personnes.

«La foule qui quittait le quartier du Plateau a été effrayée par une bande de jeunes arrivant en sens inverse avec une attitude menaçante, raconte-t-il. Les premiers rangs se sont arrêtés. Les gens criaient partout. Derrière moi, ça poussait. J’ai été soulevé de terre puis j’ai commencé à tomber. Mon pied était coincé et il allait se casser quand un monsieur m’a tendu la main. Il m’a tiré et m’a sauvé».

Il affirme avoir ensuite couru pour alerter des «corps habillés» (policiers) qui, à quelques centaines de mètres de là, veillaient sur un concert finissant, tranquillement assis, ignorants du drame.

Il était 1h40 et les secours avaient déjà dû être alertés par d’autres canaux. Le colonel Issa Sacko, patron des pompiers d’Abidjan, affirme avoir été prévenu à 2h10. Les secours, qui se trouvent à dix minutes du lieu de la tragédie, ne sont arrivés selon des témoins que quelques minutes avant 3h. Selon l’Agence Ivoirienne de Presse, il s’est écoulé près de deux heures entre la bousculade et le moment où les victimes ont été secourues.

 

Des policiers absents

Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur, affirme avoir mobilisé cinq mille policiers pour sécuriser Abidjan durant cette nuit de la Saint-Sylvestre. Lors de ses vœux de nouvel an, il les avait engagé «à plus de rigueur dans l’exercice de leur fonction», les exhortant «à plus de professionnalisme et à bannir les mauvaises pratiques telles que le racket».

Or, selon les témoins, il n’y avait aucun policier présent à l’endroit de la bousculade. Où étaient-ils? Et pourquoi personne n’a tenté d’arrêter la horde sauvage venue d’un quartier périphérique qui a semé la peur dans les rangs des paisibles spectateurs du feu d’artifice. Des voyous qui ont ensuite dépouillé les victimes de leur argent et de leurs téléphones portables.

Quant aux pompiers, ils ont une longue tradition de retard à l’allumage et selon l’expression ivoirienne, ils ne sont souvent que des «médecins qui arrivent après la mort» qui n’a pas changé depuis l’époque Gbagbo.

 

Le pays reste désorganisé

Cette tragédie, qui reste un accident difficilement prévisible, illustre cependant les difficultés rencontrées par Alassane Ouattara à remettre le pays en bon état de marche:

«L’administration ne suit pas, raconte un patron de PME française. L’état n’a pas d’argent pour nous rembourser les crédits d’impôts qu’il nous doit. Les anciennes pratiques de corruption et de racket n’ont pas disparues. Les nouveaux arrivants qui ont pris le pouvoir sont encore plus voraces que leurs prédécesseurs. Et tout aussi désordonnés. Les pro-Gbagbo, qui sont encore nombreux, traînent des pieds. On ne peut pas construire un pays en dressant une partie de ses habitants contre l’autre. Ça ne marche pas et le climat pour les affaires reste difficile.»

 

Des lendemains qui ne chantent pas encore

Pourtant, Alassane Ouattara continue à annoncer des lendemains qui chantent.

«La Côte d’Ivoire a devant elle “des possibilités comme rarement” elle en a connu», a-t-il lancé lors de ses voeux de nouvel an, assurant que les Ivoiriens bénéficieraient bientôt des retombées de la croissance retrouvée et des chantiers engagés.

Et il continue à suivre avec obstination la ligne de conduite qu’il s’est fixée: la recherche de la cohésion nationale «ne peut se faire au détriment de la justice et de la lutte contre l’impunité».

Si huit figures du régime déchu viennent d’être libérés, des dizaines de pro-Gbagbo restent détenus sans jugement depuis plus de dix-huit mois pour des faits liés à la crise postélectorale.

L’opposition et des ONG internationales dénoncent une «justice des vainqueurs», aucune personnalité du camp Ouattara n’ayant encore été poursuivie alors que certains soutiens du pouvoir actuel sont soupçonnés de crimes commis lors des événements de 2010-2011.

 

Dominique Ouattara, la grande prêtresse des réjouissances

Pour convaincre les investisseurs étrangers que la Côte d’Ivoire est de retour, Ouattara multiplie les opérations de prestige comme cette opération «Abidjan, perle des lumières», débutée à la mi-décembre avec en apothéose le feu d’artifice du 31.

C’est son épouse, la Française Dominique Ouattara, préposée aux oeuvres de charité à grand spectacle, qui s’est mise aux manettes en illuminant un gigantesque sapin numérique haut de 30 mètres, pour un poids de 5 tonnes. Le quartier du Plateau s’est embrasé de milliers de figurines lumineuses, de paquets cadeaux et de sapins brillant de mille feux.

Un spectacle éblouissant qui, chaque nuit, provoque l’émerveillement de nombreux habitants venus de quartiers périphériques. La facture de ces illuminations à grand spectacle, confiée à la société Sunu, de droit luxembourgeois, gérée par un Sénégalais, se chiffre en centaines de millions de Francs CFA (des centaines de milliers d’euros). Mais, au diable l’avarice :

«Ces lumières illuminent le cœur des Ivoiriens et symbolisent la renaissance de la Côte d’Ivoire», s’enthousiasme la Première Dame. Abidjan ainsi éclairée, c’est le signe du «renouveau, l’image d’une Côte d’Ivoire que nous voulons brillante et belle».

 

Une Côte d’Ivoire à deux vitesses

Mais cette opération ne fait pas que des heureux car l’intendance de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) ne suit pas toujours. Quand les climatiseurs tournent à plein régime (la température atteint 34 degrés certains jours), des quartiers de la capitale économique subissent des baisses de tension et même des délestages qui plongent les habitants dans le noir, la chaleur et les moustiques.

«Moi je ne sais pas ce qui se passe, on dit y a lumière à Abidjan mais nous ça ne nous touche pas aussi ! Dès qu’il est 19h, on coupe courant chez nous ici jusqu’à 22h au moins, et c’est comme cela tous les jours depuis qu’ils ont commencé leur jeu de lumière là », lâche dépité un jeune travailleur du port d’Abidjan qui habite un quartier situé à la sortie est de la capitale économique.

A Treichville Biafra, non loin du pont Général De Gaule illuminé de mille lumières, Fousséni ne cache pas son ras-bol :

« Moi-même j’ai voté pour le Président Ouattara mais ce n’est pas ce qu’il nous avait promis ! On ne peut pas rester toute la nuit sans courant chez nous pour éclairer un pont (allusion faite au pont De Gaulle qui scintille). Je vous jure que je suis déçu quoi ! ».

 

La mascarade Chris Brown

Autre facture à régler, celle des Kora Awards, les Oscars de la musique africaine, une cérémonie qui traîne une lourde réputation de désorganisation dans tous les pays où elle se déroule. Prévue à Abidjan le 29 décembre, elle a tourné au fiasco total. Ses organisateurs avaient pourtant fait un grand «boucan» autour de la venue de Chris Brown, l’Américain star de la pop music, lauréat du prix de la Diaspora des Etats-Unis.

Cerise sur le gâteau, l’artiste devait débarquer avec sa compagne Rihanna, la star mondiale. Il a commencé par refuser de monter dans l’avion de location qui lui avait été envoyé pour l’acheminer, lui et sa suite, à Abidjan. Au motif surréaliste, selon son manager, que l’appareil ne comprenait que 14 places, dont 4 réservées aux pilotes. Il en manquait donc deux pour permettre au chanteur, à son staff, et à Rihanna, soit douze personnes, d’embarquer.

Il est finalement arrivé à Abidjan avec 24 heures de retard, provoquant le report d’une journée de la cérémonie d’ouverture. Sur place, il devait assurer deux shows. Mais, fâché devant le vide intersidéral des deux lieux de spectacle où il devait se produire, il a refusé de chanter… Et pour cause, de nombreux artistes, invités eux aussi, avaient plié bagages après le report de la cérémonie, et au stade Houphouët-Boigny, le prix des places (jusqu’à 1.500 euros) avait découragé les spectateurs.

Avec le flop des Kora Awards, le week-end de la Saint-Sylvestre avait mal commencé à Abidjan. Il s’est terminé dans la tragédie. Alassane Ouattara, qui a décrété trois jours de deuil national et promis des enquêtes, a encore beaucoup de pain sur la planche pour remettre le pays dans le droit chemin.


Philippe Duval, avec Ciryl Gnantin à Abidjan

 

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens, et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la «crise ivoirienne».

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Source : Connectionivoirienne.net 4 janvier 2013

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:48

Pas un seul jour, pas une semaine ne passe sans que la presse ne se fasse l’écho des exploits de certains éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Cette armée de « sauveurs », pour parler comme le procureur de la République, après nous avoir, dit-on, sortis des griffes d’un « dictateur féroce » est en train de nous récupérer le tribut de la libération.

Mercredi dernier, c’est du côté de Port-Bouët que certains de nos vaillants héros ont monnayé leur expertise. Contre espèces sonnantes et trébuchantes. Bien sûr ! Sollicités par un opérateur économique contrarié dans la réalisation de son projet, ils ont débarqué armes au poing pour mettre au pas des contestataires qui s’opposaient à la destruction d’un espace vert où ils venaient de temps à autre se ressourcer et se recréer.

Coups de feu tirés en l’air, tant pis pour les balles qui retombent qui parfois tuent, bastonnade en règle, etc. Ces éléments de l’armée républicaine, comme sur un champ de bataille, n’ont pas fait de quartier. Pourtant l’ennemi avait capitulé, très facilement. Leurs hauts faits d’armes ont permis de rétablir l’opérateur économique dans ses droits. On ne peut qu’applaudir l’efficacité et la brutalité de l’intervention.

Bien avant, c’est au marché gouro d’Adjamé que s’étaient retrouvés certains éléments de l’Armée nationale. Là, ils ont procédé à la collecte de l’impôt de capitation (tout à fait ! Comme au temps béni des colonies) auprès des pauvres commerçants traumatisés et qui n’ont eu d’autre choix que de s’exécuter. Au moins une armée qui assure et rassure les bailleurs de fonds et les investisseurs sur sa connaissance des dossiers économiques et financiers.

A un intervalle rapproché, c’est un commissariat de police, dans le district d’Abidjan qui subissait l’ire d’un Commandant parce que sa belle-sœur y avait été gardée.

Percepteurs d’impôts, préposés au maintien et au rétablissement de l’ordre dans la cité, régulateurs de la circulation routière, officiers de police judiciaire, juges, etc. la nouvelle armée ivoirienne est une vraie armée d’experts en tous genres.

Au regard de la récurrence des agissements de certains éléments des Frci – parce qu’ils ne sont pas tous des voyous, il y a de vrais professionnels des armes parmi eux –, surtout qu’ils se déroulent au vu et au su de tous, y compris de la hiérarchie militaire et des autorités civiles compétentes, la tentation est forte de se demander (sans mauvaise foi aucune) : est-ce là quelques unes des missions assignées à l’Armée nationale, dans les pays moins démocratiques que le nôtre ?

Parce que si, la Côte d’Ivoire veut effectivement devenir un pays émergent à l’horizon 2020, elle doit, dès maintenant commencer à réfléchir sur ce qu’elle va faire de cette armée pléthorique qui est la sienne aujourd’hui.

Parce que, comme le confessent tous les experts en la matière présents en ce moment dans notre pays, les menaces d’une invasion extérieure étatique contre la Côte d’Ivoire sont quasiment nulles. Alors, qu’est-ce que ce pays a à faire avec une armée de plus de 45 mille personnes ?

Pendant que la police et la gendarmerie dont il a le plus besoin pour sa sécurité intérieure plus menacée qu’on ne le croit, n’ont ni les moyens ni les effectifs nécessaires pour accomplir leur boulot ?

 

Valéry Bony

Source : L’Eléphant Déchaîné 14-17 décembre 2012

 

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