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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 18:56

La complicité entre le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et les policiers dérange certaines officines tapies dans l’ombre. Parce que le Ministre d’Etat Hamed Bakayoko a entrepris de mobiliser et d’encourager ses éléments avec des primes pour mieux combattre les braquages, des père fouettard se parent de toutes les vertus pour tenter de lui faire la leçon. Pour les uns, le Ministre d’Etat n’aurait jamais dû faire ce geste parce que les policiers n’ont fait que leur travail. Comme si on ne devait jamais donner de primes supplémentaires aux Eléphants ou aux athlètes qui font leur travail en gagnant des compétitions. D’autres plus cléments estiment que le geste d’Hamed Bakayoko est légitime, mais selon eux, le sécurocrate devait le faire dans la discrétion et sans publicité. On parle de droits de l’homme. On profite de l’occasion pour indexer la police, ses abus et ses rackets. On craint que la prime offerte soit perçue comme un permis de tuer et de violer les droits de l’homme. Le disant, on fait fi des efforts fournis par le Ministre d’Etat, avec l’appui du Président de la République, pour remettre en marche, dans la cohésion et sans chasse aux sorcières, une police démunie et dépouillée de tout, au sortir de la crise post-électorale. Cette police là était rejetée par une grande partie de la population et par les Frci, à cause de sa loyauté à l’ancien régime. Peu à peu, le Ministre d’Etat a fait libérer les commissariats et a rétabli la police dans ses droits, a restauré sa dignité et l’a enjointe à porter des habits de la République, pour se mettre au service de tous les citoyens sans distinction, sans exclusion dans le strict respect des procédures et des droits de l’homme. Pourquoi ne pas se focaliser sur un tel bilan ? Pourquoi ne pas encourager le « faroteur » qui s’est construit une stature d’homme d’Etat et qui a réussi, malgré tout, à faire admettre des compétences et aptitudes avérées à la tête du ministère stratégique et essentiel, chargé de l’Intérieur et de Sécurité ? Au départ, en juin 2011, oubliant que depuis le Golf, pendant la crise postélectorale et même bien avant, Hamed Bakayoko gérait déjà les questions de sécurité des Ivoiriens, de sûreté de l’Etat, les problèmes d’administration territoriale, des analystes aux vues peu longues et peu lointaines prédisaient que ce ministère de souveraineté ne devrait pas lui échoir. Mais voici que l’homme a fait ses preuves ! Mauvais joueurs et mauvais perdants, les mêmes contempteurs saisissent la prime offerte aux policiers pour en faire une affaire d’Etat. Briser la cohésion entre le Ministre et la Police nationale, faire peur aux Ivoiriens et aux populations, montrer que l’insécurité est plus forte que jamais, malgré les assurances du chef de l’Etat et en dépit des indicateurs fournis par le Gouvernement, voici l’objectif des détracteurs du ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Leur plan est voué à l’échec pour l’heure et jusqu’à nouvel ordre.

 

Ismaël Dembélé (Source : L’Intelligent d’Abidjan)

 

 

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COMMENTAIRE EMPRUNTÉ GERMAIN SÉHOUÉ

 

Primes à tuer !

 

12 millions aux policiers. Ils ont abattu 3 bandits. Au Plateau. C’est pour encourager les Frci à tuer… Frci, policiers etc., sont payés pour nous mettre en sécurité. Leur donner une prime supplémentaire à tuer... Mais nous nous connaissons. Ces gens-là iront au-delà de cette idée de réduire l’insécurité. Ils vont même créer l’insécurité. Poussés par le gain, ils vont abattre des innocents demain et tendre la main. Des règlements de comptes passeront par là. On n’aime pas votre tête. On pourra vous abattre et vous présenter comme un braqueur. Etant déjà mort, vous ne pourrez vous défendre. Voilà le risque ! Un pays où les enlèvements sont un fléau… Y ajouter la prime à tuer… C’est dangereux ! Les gens ne verront pas la vie humaine. Mais l’argent à gagner !

 

SOURCE : Le Temps 13 décembre 2012

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 22:56

Aujourd’hui, la parole à Michel Amani Nguessan

 

« C’est la France, en sa qualité d’ancienne puissance coloniale, qui prend les résolutions s’agissant de la Côte d’ivoire au Conseil de sécurité, nous ne pouvons rien contre cela. Nous sommes venus faire de la politique, les gens nous ont renversés en faisant de la politique, Michel-Amani-Nguessan.jpegchacun est dans son rôle. Ils étaient avec nous, Premier ministre, ministres et nous ont renversés… ». (Propos tenus lors de la Rencontre Fpi-Résistance patriotique ivoirienne de France, cités par Zago Madou, La Dépêche d'Abidjan 8 Décembre 2012)

 

Hé Dieu ! Et dire que ce déhonté défaitiste était notre ministre de la Défense pendant la « crise postélectorale »…

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 12:54

« L’assassin de Voli-Bi Tra, pour deux défenses d’éléphant, est acquitté par les assises. Il est venu au greffe et tout heureux a crié : « Gloria in excelsis Deo ! » (…). Un Blanc tue à bout portant, intentionnellement, un Nègre en le poursuivant. On commence par rendre un non-lieu. Une campagne de presse se déclenche. On délivre à notre homme, un certificat d’aliéné, puis on le fait passer aux Assises pour l’acquitter. Il y a dans cette prison, Gaston, ancien combattant 39-45, qui a été obligé, en octobre 1948, d’égorger un Blanc. C’est un cas de légitime défense. Il est certain qu’on le condamnera très sévèrement. Un Blanc tue un Nègre. C’est, si l’on peut dire, un lapin qu’on a abattu. (…). » Bernard Dadié, Carnet de prison, 3/XII/1949.

 

« Nil novi sub sole » L’Ecclésiaste

 

 

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Ceux qui ont cru à la comédie française de rendre justice dans l’affaire Firmin Mahé, ce jeune ivoirien présenté par les forces françaises comme un coupeur de route et qui a été étouffé jusqu’à ce que mort s’ensuive, le 13 mai 2005, devraient déchanter à la tombée du verdict. Pas de prison ferme pour les assassins d’un nègre. La Grande France ne va quand même pas se faire hara-kiri en envoyant à la potence ses soldats à qui elle a demandé de faire le « nettoyage » en Côte d’Ivoire ? Nul n’a le droit de se faire justice. Cette belle maxime n’est bonne que pour meubler des pages d’ouvrages de droit. Et puis, qu’a-t-on fait des assassins de la soixantaine de jeunes morts devant l’hôtel Ivoire dans le feu des événements de novembre 2004 ? Evénements au cours desquels la soldatesque chiraquienne ne s’est pas seulement contentée de réduire en épaves la flotte de l’armée de l’air ivoirienne. Elle a écrabouillé la résistance des jeunes. Des jeunes aux mains nues qui ont été froidement abattus par les tireurs embusqués dans la Tour d’Ivoire ? Rien. Eux ont le droit de tuer les Noirs. Eux ont les armes de pointe. La convention de Vienne qui stipule que mettre fin à la vie d’un prisonnier de guerre est considéré comme un crime de guerre n’est juste applicable que pour le Tiers monde. Les Grands de ce monde n’affaibliront jamais leurs armées quoi qu’elles auront fait. Séry Dago, ce policier ivoirien qui a mis fin à la vie de notre confrère Jean Hélène en a pris pour 17 ans de taule. Il fallait rendre justice. Et justice a été rendue. La vie humaine est sacrée. Quiconque l’ôte à son prochain devrait répondre de ses actes. A lumière du verdict dans l’affaire Mahé, on fait le triste constat que l’égalité devant la loi, à nous enseignée par nos amis Gaulois, souffre d’une faiblesse. La primauté de la race blanche sur la race noire. Sinon, la France de Jaurès n’offrirait pas ce spectacle avilissant. Et indigne d’une héritière des droits humains.

 

Tché Bi Tché - LG Infos 8 décembre 2012  

EN MARAUDE DANS LE WEB

Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

 

Source : CIVOX. NET 8 décembre 2012

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:18

L'architecte brésilien Oscar Niemeyer, qui a révolutionné l'architecture moderne dont la ville de Brasilia est devenue un symbole, est décédé mercredi à Rio de Janeiro à l'âge de 104 ans. 

 

  Oscar-Niemeyer-1907-2012.jpg 

 

Ses obsèques auront lieu vendredi au Palais de Rio de Janeiro, a annoncé le maire de la ville, Eduardo Paes.

 

Niemeyer "est décédé à 21h50" locales (23h50 GMT), a déclaré à une journaliste de l'AFP la porte-parole de l'hôpital Samaritano de Rio où l'architecte était hospitalisé depuis plus d'un mois.

 

Un communiqué postérieur de l'hôpital a précisé que l'architecte "est décédé à 21H55 ; il a présenté une aggravation de son infection respiratoire qui a provoqué son décès".

 

La présidente Dilma Rousseff a aussitôt déploré la perte d'un des génies du Brésil, le qualifiant aussi de "révolutionnaire" qui a toujours "rêvé d'une société plus égalitaire".

 

"Le Brésil a perdu l'un de ses génies et c'est un jour pour pleurer", a-t-elle souligné dans une note diffusée sur le blog officiel de la présidence.

 

La présidence de la République a indiqué que la veillée mortuaire serait organisée à Brasilia jeudi après-midi dans le Palais du Planalto, siège du gouvernement fédéral, un bâtiment construit par Niemeyer. La famille a été contactée à Rio et a accepté, selon la présidence.

 

Le corps sera ensuite rapatrié à Rio pour les obsèques vendredi.

 

Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, a décrété un deuil de trois jours dans l'Etat en hommage "au génie de l'architecture mondial, ferme dans ses convictions et aimé du peuple brésilien".

 

L'architecte, qui aurait eu 105 ans le 15 décembre, était hospitalisé depuis le 2 novembre en raison de complications rénales et d'hémorragies intestinales. L'hôpital Samaritano avait indiqué mercredi que son état s'était aggravé en raison d'une infection respiratoire.

 

Né le 15 décembre 1907 à Rio, dans une famille bourgeoise d'origine allemande, portugaise et arabe, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, a participé à la réalisation de plus de 600 œuvres en 70 ans de carrière. Une vingtaine sont encore en cours de réalisation dans divers pays.

 

C'est en 1940 que Niemeyer fait la connaissance du futur président Juscelino Kubitschek, qui lui donnera la "joie" de construire ex-nihilo Brasilia, l'actuelle capitale du Brésil, avec l'urbaniste Lucio Costa et le paysagiste Roberto Burle Marx.

 

"On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu'ils étaient différents", avait déclaré ce pionnier de l'utilisation du béton dans une interview à l'AFP.

 

Inaugurée le 21 avril 1960, Brasilia, dont il a réalisé les bâtiments phares, lui a fait remporter d'innombrables prix, comme le Pritzker (le Nobel d'architecture) en 1988.

 

"Ce petit homme frêle au regard vif aimait se rendre tous les jours dans son atelier aux grandes baies vitrées donnant sur la plage de Copacabana. Depuis quatre ans, il ne se déplaçait plus qu'en chaise roulante, après une fracture du bassin.

 

Au cours des dernières années, il avait été hospitalisé à plusieurs reprises, la dernière le 2 novembre en raison d'une déshydratation et pour la pose d'une sonde gastrique. Depuis, sa fonction rénale s'était détériorée, d'après son médecin.

 

"Avoir 100 ans, c'est une merde!"

 

Ces dernières années, il n'avait de cesse de répéter qu'"avoir 100 ans, c'est une merde" et qu'"il n'y a rien à commémorer!"

 

Surnommé "l'architecte de la sensualité" en raison de ses bâtiments tout en courbes, il est resté athée et militant communiste jusqu'à la fin dans un pays marqué par les inégalités sociales.

 

"Il ne reste que deux communistes dans le monde, Oscar et moi", avait dit en 1995 le dirigeant cubain de l'époque, Fidel Castro, lors d'une visite à l'architecte dans son atelier.

 

Le jour de ses 102 ans, Niemeyer confiait que sa seule consolation était de "voir que le Brésil était devenu plus égalitaire depuis l'arrivée au pouvoir d'un ancien ouvrier", l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

 

C'est en 1936 qu'il avait fait la rencontre décisive du Français Le Corbusier, à Rio, dont il se disait le disciple. Son premier grand travail sera le "Complexe de la Pampulha" (à Belo Horizonte) achevé en 1943 et "l'un de ses préférés".

 

L'architecte brésilien a participé notamment à la conception du siège des Nations unies (1952), à New York, et a dessiné le Musée d'art contemporain de Niteroi (1996), près de Rio, célèbre pour sa forme de soucoupe volante.

 

La France, qui l'a accueilli pendant ses années d'exil alors qu'il fuyait la dictature, compte près d'une vingtaine d'œuvres, dont le siège du Parti communiste à Paris (1965) et la Maison de la Culture du Havre (1972).

 

En 1928, Niemeyer s'était marié avec Annita Bildo avec qui il a eu une fille. Leur union durera 76 ans, jusqu'au décès d'Annita fin 2004. Sa fille, Anna, était décédée en juin d'un emphysème pulmonaire.

 

A l'âge de 98 ans, il s'était remarié avec sa secrétaire, Vera Lucia Cabrera, alors âgée de 60 ans.

 

Lors du dernier carnaval de Rio, Niemeyer avait encore visité les travaux de rénovation du Sambodrome, qu'il avait construit il y a trente ans et où se dérouleront certaines des compétitions des Jeux olympiques de 2016 à Rio.

 

 

Source : AFP 06/12/2012 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 16:43

La nouvelle a fait le tour du monde, ce 10 octobre 2012. C’est qu’elle était aussi sensationnelle que celle de la victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle étasunienne, quatre ans plus tôt. Voici, d’abord, comment l’événement a été présenté par l’Agence France presse :

 

 

Un noir à la tête de la Cour suprême, signe de changement au Brésil

par Claire de Oliveira - Agence France-Presse 12 octobre 2012

 

L'accession pour la première fois au Brésil d'un noir à la présidence de la Cour suprême est un fait historique et confirme une tendance au changement dans ce pays où les descendants d'Africains sont la majorité mais continuent à être en bas de l'échelle sociale, selon des analystes.

 

Joaquim-Barbosa---Dilma-Roussef.PNGMercredi, Joaquim Barbosa, 58 ans, est devenu le premier président noir de la plus haute instance judiciaire de ce pays de 194 millions d'habitants où 52% sont noirs ou métis mais restent nettement défavorisés par rapport aux blancs.

 

 « Nous constituons la majorité de la population, alors c'est un fait extraordinaire d'avoir pour la première fois l'un de nous à la présidence » de la Cour suprême, a lui-même déclaré M. Barbosa à l'issue de la séance où il a été désigné.

 

« L'élection de Barbosa est un fait historique, il est très rare de trouver au Brésil des noirs dans des positions de pouvoir, ni dans les entreprises, ni dans les universités, ni dans les gouvernements », a déclaré Marcelo Paixao à l'AFP, expert en relations raciales à l'Université fédérale de Rio (UFRJ).

 

En effet, 124 ans après l'abolition de l'esclavage, les deux tiers des pauvres au Brésil sont noirs ou métis. A qualification égale ils gagnent en moyenne deux fois moins que les blancs.

 

Dernière nation du continent à décréter l'abolition de l'esclavage le 13 mai 1888, au Brésil aujourd'hui « les descendants d'Africains sont moins de 5% au Parlement et moins de 3% dans le système judiciaire. Dans l'industrie, ils occupent moins de 4% des postes d'encadrement et à peine 10% des places à l'université », affirme Frei David, un religieux franciscain qui dirige l'ONG Educafro qui lutte pour faciliter l'accès des noirs à l'Education.

 

En revanche, « ils représentent 80% des employés domestiques, des éboueurs et ouvriers de la construction ».

 

C'est pourquoi l'élection de M. Barbosa « est synonyme de victoire et d'espoir pour les noirs et confirme une tendance au changement », a-t-il ajouté.

 

« L'élection de M. Barbosa est une étape inédite au Brésil et en fait un pays plus en accord avec lui même », a renchéri l'expert en questions raciales, Helio Santos.

 

Selon plusieurs analystes, les politiques de discrimination positive réclamées par les mouvements noirs depuis des décennie ont été le début du changement.

 

En août, la présidente Dilma Rousseff a promulgué – après 13 ans de débats au Parlement – la loi controversée qui réserve 50% des places dans les universités publiques aux étudiants venant des écoles publiques et donnant la priorité aux noirs, métis et indiens (une pratique déjà en vigueur dans de nombreux établissements avant même que la loi ne soit promulguée).

 

Pour ses détracteurs, « elle crée une discrimination parce que l'on partage les gens entre bénéficiaires et non bénéficiaires des quotas ».

 

« Cela a mis fin à une politique d'inaction qui convenait aux Brésiliens les plus aisés », rétorquent les mouvements noirs.

 

« J'étais d'une famille pauvre, je me suis battu et j'ai réussi, mais je sais que d'autres dans les mêmes conditions, avec la même volonté, n'ont pas réussi, car le système d'enseignement crée des mécanismes puissants d'exclusion des noirs », a dit récemment le nouveau président de la Cour suprême.

 

Il raconte que dans les restaurants de Rio où il allait dîner, déjà juge de la Cour suprême, on le prenait souvent pour le voiturier, chargé de garer les véhicules des clients.

 

Pour l'expert Santos, la discrimination raciale gagne d'autres secteurs au Brésil : « Le monde de la technologie avancée est pour les blancs. Aujourd'hui, le Brésil importe de la main d’œuvre qualifiée d'Europe alors que nous avons une réserve énorme de main d’œuvre non qualifiée qui est noire. Si les politiques de quotas avaient été adoptées dans les années 80/90, on n'aurait pas besoin d'importer de la main d’œuvre européenne », relève-t-il.

 

Et de conclure : « L'avenir du Brésil sera à la mesure du devenir de la population noire ».

 

 

Pour vous permettre à la fois d’apprécier l’importance de l’élection de Joaquim Barbosa Gomes à la présidence du STF, et combien, pour le Brésil, reste long et ardu le chemin à parcourir avant d'être complètement débarrassé des pesanteurs de son passé esclavagiste, voici, sous la plume de Nicolas Bourcier, du Monde, une espèce d’état des lieux – temporel et spatial, en un mot : archéologique – des relations raciales dans ce « pays [réputé] le plus inégalitaire du monde ».

 

 

Au Brésil, un racisme cordial

Par Nicolas Bourcier - Le Monde Culture et Idées 13.09.2012

 

A deux pas du centre-ville, au cœur de la zone portuaire de Rio de Janeiro chamboulée par les travaux d'embellissement en vue des Jeux olympiques de 2016, deux ouvriers à la "peau de feu" attendent le verdict des trois archéologues penchés avec leurs ombrelles au-dessus de la tranchée. Une vieille dame bistrée (brun noirâtre) tente de se frayer un chemin, sans même jeter un regard. Pour la énième fois, les employés municipaux butaient sur les vestiges du Valongo, le quai où débarquèrent le plus grand nombre d'esclaves aux Amériques. Un lieu de mémoire et de douleur, enfoui depuis des lustres sous les pavés et le bitume de la ville dite « merveilleuse ».

 

 

 

Plus de 600 000 Africains foulèrent ces maudites pierres au tournant du XIXe siècle. L'hôtel de vente aux esclaves était juste à côté. Leur cimetière aussi, surnommé « le cimetière des nouveaux Noirs ». Depuis le début des travaux, en 2010, de très grandes variétés de bracelets, pierres précieuses et petites affaires personnelles ont été découvertes sous les décombres. Des dizaines de milliers, selon Tania Andrade Lima, la responsable des fouilles.

 

 

 

Jour après jour, Valongo a aussi permis de donner corps à l'ampleur de la traite négrière au Brésil : sur les 9,5 millions de « pièces d'ébène » razziées en Afrique et acheminées dans le Nouveau Monde entre le XVIe et le XIXe siècle, près de 4 millions débarquèrent sur ces terres. Dix fois plus que les esclaves qui ont été expédiés aux Etats-Unis. Un abîme !

 

 

 

VALONGO, PIQÛRE DE RAPPEL DE L'HISTOIRE

 

 

 

Aussi, l'envers du décor est un Brésil qui a cherché pendant plus d'un siècle à effacer son passé. Refusant de solder l'héritage de la traite des Noirs. Et offrant l'image d'un pays métissé, où la couleur de peau ne compte pas, où le racisme n'existe pas, un pays dans lequel des populations d'origine indienne, européenne et africaine entretiendraient des relations cordiales.

 

 

 

Premier pays esclavagiste d'Amérique, le Brésil a été également la dernière nation du continent à décréter l'abolition de l'esclavage, le 13 mai 1888. Une époque où Rio et ses faubourgs représentaient la plus grosse concentration urbaine d'esclaves depuis la fin de l'Empire romain. Plus de 40 % de la population. Presque une ville entière « lestée de fers ». Aujourd'hui, la municipalité de Rio envisage de transformer une partie du quartier de Valongo en site archéologique à ciel ouvert. « Ce patrimoine peut être enfin reconnu, valorisé et devenir un instrument contre cette amnésie collective que s'est imposée notre société à l'égard de la communauté noire », avance Tania Andrade Lima. Valongo comme piqûre de rappel de l'Histoire. « Un petit exemple de la réévaluation bien plus large que connaît actuellement la question raciale au Brésil », ajoute finement l'hebdomadaire britannique The Economist.

 

 

 

De fait, le pays change. A Rio où ailleurs, rares sont ceux qui qualifient encore le Brésil de « démocratie raciale », la formule chère au sociologue et écrivain Gilberto Freyre (1900-1987). Les organisations noires préfèrent parler de « racisme institutionnalisé », soutenues, entre autres, par l'Eglise catholique, qui dénonce les discriminations et la perpétuation d'une culture de « négrier ». Chico Whitaker, l'un des défenseurs des droits de l'homme les plus connus du monde ecclésiastique, n'avait-il pas dit en 2009 que le Brésil vivait encore sous le régime de l'apartheid ?

 

 

 

D'après un recensement rendu public fin 2011 par l'Institut national de statistiques, les Brancos ("Blancs") représentent, pour la première fois depuis la fin du XIXe siècle, moins de la moitié de la population. Ils sont 50,7 % à s'autodéclarer preto (« noirs », 7,6 %) ou pardo (« métis », 43,1 %). Soit 5,4 % de plus qu'en 2000. Trait marquant, ces statistiques montrent aussi que les Brésiliens de couleur restent toujours nettement défavorisés par rapport aux Blancs. L'inégalité raciale est flagrante à tous les niveaux, à commencer par la répartition des richesses. Deux tiers des pauvres sont noirs ou métis. A qualification égale, les Noirs gagnent en moyenne deux fois moins que les Blancs. Une femme noire ne perçoit environ qu'un quart du salaire d'un homme blanc. Selon une étude de 2007, les citoyens de couleur n'occupaient que 3,5 % des postes d'encadrement. A peine 10 % des places d'étudiants à l'université. Moins de 5 % au Parlement. Et 3 % dans le judiciaire. Guère davantage aujourd'hui.

 

 

 

LA DETTE SOCIALE DE L'ESCLAVAGE

 

 

 

Le gouvernement de coalition, composé de 36 membres, de la présidente Dilma Rousseff ne comprend qu'une ministre noire, Luiza Helena de Bairros, chargée du... secrétariat pour la promotion de l'égalité raciale. Elle est la digne héritière du footballeur Pelé, premier homme de couleur à avoir exercé un poste de ministre des sports, en 1994. Singulière parabole de cette expression brésilienne, « le Noir doit savoir où est sa place ». Tous les chiffres et indicateurs vont donc dans le même sens et ils contredisent ce que ressent le visiteur de passage. « Le racisme au Brésil est caché, subtil, non avoué dans son expression, masqué et sous-estimé par les médias, souligne Joaquim Barbosa, premier juge noir à siéger à la Cour suprême de Brasilia. Il n'en demeure pas moins extrêmement violent. » Lui-même, nommé en 2003 par le Lula et pourtant devenu l'une des personnalités publiques les plus connues, dit s'être vu remettre, à deux reprises, une paire de clés de voiture par des hommes blancs au moment de franchir la porte d'un restaurant chic de Rio. Un Noir ? Il ne pouvait être que voiturier. « Et pourtant, ajoute-t-il, les choses se modifient, lentement, une prise de conscience prend forme. »

 

 

 

En avril, les dix juges de la Cour suprême ont fait sensation en prenant position pour la discrimination positive dans l'enseignement supérieur. A l'unanimité, les hauts magistrats décidaient que les quotas raciaux à l'université étaient constitutionnels et corrigeaient « la dette sociale de l'esclavage ». Des dizaines de spécialistes avaient été auditionnés et le jugement a été retransmis en direct à la télé.

 

 

 

Quatre mois plus tard, le 7 août, le Sénat vote une loi obligeant les institutions fédérales de l'enseignement supérieur à réserver 50 % de leurs places à des élèves provenant de lycées publics. Le texte vient d'être paraphé dans son intégralité par la présidente Dilma Rousseff. Les universités ont jusqu'à 2015 pour s'y conformer. Dans la pratique, la loi impose une combinaison sociale et raciale, un mixte astucieux prenant en compte les particularités locales. Elle réserve près de 25 % du total des places des universités fédérales aux étudiants dont le revenu familial est égal ou inférieur à 1,5 fois le salaire minimum (933 reais, 360 euros environ). Le quart restant étant alloué aux étudiants en fonction de l'autodéclaration de la couleur de peau. A charge pour les universités de faire en sorte que les proportions de Noirs, Métis et Indiens soient – au minimum - égales aux proportions de la répartition raciale de l'Etat dans lequel elles se trouvent.

 

 

 

Selon les calculs du quotidien O Globo, la loi entraînera une augmentation de 128 % du nombre de places destinées à la discrimination positive dans les universités fédérales de Rio. Les quatre universités concernées réservent actuellement 5 416 places aux quotas sociaux. Avec la nouvelle mesure, ces places passeraient à 12 351. Il n'en fallait pas plus pour que les adversaires des quotas dénoncent la « racialisation » du Brésil par l'« ethnicisation » du social. Surtout, le débat semble avoir mis à mal le mythe de la démocratie métisse, selon laquelle on ne se définit pas par la couleur de peau.

 

 

 

LE LONG DÉNI DE L'AFRO-BRÉSILIANITÉ

 

 

 

« Le pays le plus raciste du monde », comme l'avait vilipendé un jour, au début des années 1980, en pleine dictature militaire, le sociologue Alberto Guerreiro Ramos (1915-1982), serait-il en proie à une mutation profonde ? C'est le sentiment de la grande majorité des experts rencontrés. « Ces quotas sont la seule alternative aux mécanismes d'occultation et d'exclusion sociale mis en place depuis la fin de l'esclavage », souligne Spiritos Santos, auteur d'un blog vivifiant sur la question raciale et professeur de musique afro-brésilienne à l'université d'Etat de Rio. Pour le frère franciscain David Raimundo dos Santos, « cette nouvelle phase est une révolution pour le Brésil ». Responsable d'Educafro, une ONG qui lutte pour faciliter l'accès des Noirs à l'éducation, il dit être convaincu que le Noir est passé au fil des années « d'esclave du maître à esclave du système ». Il ajoute : « Le Brésil se réveille en pouvant annoncer qu'il a une méthode d'intégration. » Un réveil après une longue nuit tourmentée, celle d'« un long déni de l'afro-brésilianité », écrit Richard Marin, professeur d'histoire et spécialiste reconnu du Brésil.

 

 

 

Dès l'indépendance du Brésil en 1822, les élites n'ont eu de cesse de renier la matrice africaine. « Soucieuses de glorifier un passé ne devant rien aux Portugais, ces élites exalteront dans un premier temps l'Indien, le maître originel de la terre, ce qui est sans danger pour l'ordre esclavagiste », explique Richard Marin. Le Noir est marginalisé, comme rayé de la carte. Même l'écrivain abolitionniste Ruy Barbosa de Oliveira (1849-1923) autorisa en 1890, en tant que ministre des finances, la destruction de la majeure partie des archives du gouvernement liées à l'esclavage. Une manière de refouler une marque honteuse et d'éviter toute forme de compensation, explique Vik Birkbeck, cinéaste britannique installée à Rio et cofondatrice d'un abondant fonds d'archives vidéo sur la culture noire.

 

 

 

L'esclavage aboli, les anciens captifs sont livrés à eux-mêmes. Alors qu'aux Etats-Unis, le président Lincoln ouvre 4 000 écoles pour les esclaves, le Brésil n'en crée aucune. « Sans terre, sans éducation, coupé de toute structure sociale, le Noir libre fut condamné à la misère, souligne Alain Rouquié dans Le Brésil au XXIe siècle. L'abolition tant attendue enracina l'inégalité. »

 

 

 

Jusqu'à la crise de 1929, le boom caféier attire 4 millions d'immigrants d'Europe, peu soucieux du passé colonial et des racines de leur nouvelle patrie. Ceux-ci affichent avec fierté leur identité quand partout triomphe la « supériorité de l'homme blanc ». Une propagande immigrationniste venant du Vieux Continent s'installe, avec pour but de « blanchir » le Brésil, limpar o sangue (« nettoyer le sang »), comme on dit en portugais, au motif que cette jeune et désormais riche nation ne pouvait se faire avec une population majoritairement noire. L'arrivée massive d'Européens produirait naturellement une population à la peau plus claire. A Rio, en 1911, le Congrès international des races annonce le « blanchiment » du Brésil d'ici un siècle...

 

 

 

C'est avec le « modernisme » brésilien des années 1920, qui rejette avec force la servilité à l'égard de l'académisme européen, et aussi avec les romans de Mario de Andrade, qui évoquent le passage de la culture blanche à la culture noire, que la mémoire métisse se met en place. Mais il faudra attendre les travaux de Gilberto Freyre, et d'abord Casa Grande e Senzala (Maîtres et esclaves), en 1933, pour que s'ouvre une perspective qui exalte le métissage comme une « sublime spécificité » brésilienne. Si le sociologue de Recife développe une version magnifiée du colonialisme portugais et du passé esclavagiste, patriarcal et doux, il a l'immense mérite de n'établir aucune hiérarchie entre les « trois races » fondatrices (Africains, Indiens et Portugais).

 

 

 

Définie en contrepoint du modèle ségrégationniste nord-américain, cette notion connut un succès rapide au Brésil, où elle contribua à légitimer le régime autoritaire de l'Estado novo (1937-1945). Moitié blanche, moitié noire, Nossa Senhora da Conceiçao Aparecida devient la sainte patronne du pays. Plat des esclaves, la feijoada (riz blanc et haricots noirs ou marron) s'impose comme plat national. Autrefois musique de « nègre », la samba devient le son typique brésilien. « Au moins jusqu'à la fin des années 1970, c'est à travers ce stéréotype (du métissage biologique et culturel) que le pays se donne à voir à l'extérieur, poursuit Richard Marin. Et pourtant, il y a loin du mythe de la "démocratie raciale" à la réalité de la condition de nombreux Afro-Brésiliens, victimes du racisme – la plupart des Brésiliens préfèrent l'euphémisme "préjugé racial". »

 

 

 

Masqué par l'absence de ségrégation juridique et la chaleur des rapports sociaux, ce « racisme cordial » est nié par le tabou national. Les Brésiliens considèrent qu'ils n'ont pas de préjugé de race, sinon « celui de ne pas en avoir », selon l'expression du sociologue Florestan Fernandes. Une enquête conduite dans les années 1980 par l'anthropologue Lilia Moritz Schwarcz donne la mesure de ce refoulement. Si 97 % des personnes répondirent n'avoir aucun préjugé racial, 98 % avouèrent connaître des personnes racistes. Non sans humour, l'anthropologue en conclut : « Tout Brésilien se perçoit comme une île de « démocratie raciale » encerclée par des racistes. »

 

 

 

136 CATÉGORIES DE COLORATION

 

 

 

Une enquête de l'Institut national de statistiques, en 1976, dit très bien le rapport complexe des Brésiliens avec la couleur de peau. Elle demandait à chaque destinataire du questionnaire d'indiquer quelle peau il avait. Le succès fut immédiat, et provoqua un étonnant casse-tête. Les Brésiliens se reconnaissaient dans rien de moins que 136 catégories de coloration allant du blanc au noir.

 

 

 

Pour la couleur blanche, les ménages se sont décrits selon une douzaine de taxinomies, de « bem branca » (« bien blanche ») à « branca suja » (« blanc sale »), en passant par « branca queimada » (« blanc brûlé »), « branca avermelahada » (« blanc rougi ») ou « branquiça » (« blanc essentiel »). La peau jaune révèle quatre entrées. Trois pour la peau rose. Certaines peaux sont « roxas » (« violettes »), « verdes » (« vertes »), « palidas » (« pâles »), « trigos » (« blés ») ou « morenas bem chegadam » (« brunes bien arrivées »). Pour désigner une peau noire ou métisse, les nuances sont quasi infinies : « cor de cafe » (« couleur de café »), « tostada » (« grillée »), « bugrezinha » (« un peu bien foncée »), « meio preta » (« moitié noire »), « parda escura » (« gris sombre »), « queimada de praia » (« brûlé de plage »), Comme si l'identité raciale était un attribut social passager et relatif, « un objet de négociation », selon Lilia Moritz Schwarcz.

 

 

 

Et pourtant. Il fallut attendre 1986 pour assister à l'élection – tumultueuse et controversée – d'une Miss Brésil noire. Attendre encore la nouvelle Constitution brésilienne de 1988, trois ans après la chute de la dictature, pour inscrire le racisme comme un « crime imprescriptible ». Et attendre la loi du 9 janvier 2003, soutenue par le président Lula, pour que l'enseignement de l'histoire et de la culture afro-brésilienne soit obligatoire à l'école primaire et secondaire.

 

 

 

Malmené par le régime militaire, le mouvement noir, ultraminoritaire, trouve de solides relais dans l'opinion progressiste dès les premières heures du Brésil démocratique. Il fait pression pour remplacer le 13 mai, jour anniversaire de l'abolition de l'esclavage, par le 20 novembre, la Journée de la conscience nègre qui commémore la mort du légendaire Zumbi Dos Palmares, leader noir insurgé du Nordeste au XVIIe siècle. Il milite pour l'adoption de mesures de discrimination positive sur le mode de l'affirmative action des années 1960 aux Etats-Unis.

 

 

 

QUOTAS RACIAUX

 

 

 

Le débat sur les quotas raciaux apparaît sous le président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). Sensible à la question noire pour avoir consacré sa thèse de sociologie à l'esclavage, il instaure des groupes de travail où l'on évoque les actions publiques de valorisation des populations noires et l'obligation de mentionner la couleur de peau dans les documents officiels. En 2002, l'université d'Etat de Bahia s'ouvre aux quotas raciaux, suivie au compte-gouttes par une soixantaine d'établissements.

 

 

 

Avec Lula, l'objectif explicite d'une politique de quotas raciaux « vise à "réparer", observe Richard Marin, à compenser les discriminations sociales dont les Noirs sont l'objet, ce que peu de Brésiliens contestent ». C'est cette voie que la Cour suprême a voulu suivre après une dizaine d'années de débats et de tâtonnements. Et que le Sénat vient de baliser en croisant prudemment les critères sociaux et de couleur de peau.

 

 

 

Les rues du Valongo viennent d'être pavées et rouvertes à la circulation. Des façades de maisons ont été restaurées. Le jardin suspendu du vieux quartier Morro da Conceicao, situé en face du port, a été réhabilité. Tout est calme. Ce soir passe à la télé le premier épisode d'une telenovela, Lado a lado, « côte à côte » en français. L'histoire est consacrée à la vie des Noirs après l'abolition de l'esclavage. « C'est une période riche et encore peu explorée », a commenté l'acteur principal, Lazaro Ramos. Il a souri, dit-on.

 

 

 

Nicolas Bourcier (Rio de Janeiro (Brésil), correspondant)

 

 

Sur le même sujet, voir aussi, de Marcel Amondji, « L’Afrique noire au miroir de l’Occident », Editions nouvelles du Sud, Paris 1993 ; notamment, le chapitre intitulé « Riches Blancs, pauvres Noirs » (pages 185-191).

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 11:54

Interview du colonel Martin Kouassi Kouadio, Directeur du centre de gestion de la Sodefor d’Abengourou, où il est question des activités de cette société d’Etat, de ses difficultés sur le terrain et des actions qu’il entend mener pour préserver le patrimoine forestier.

 

Notre Voie : Cela fait quelques mois que vous avez pris fonction dans cette partie Est du pays ; quelles sont vos zones de compétence ?

Dozos-copie-1.gifMartin Kouassi Kouadio : Notre zone de compétence est assez large. Le côté Est est délimité par le fleuve Comoé. La partie Est entre le fleuve Comoé et le Ghana est le ressort territorial du centre de gestion d’Abengourou. Mais ce n’est pas linéaire. Il y a aussi une incursion autour des départements de Daoukro, M’bahiakro et Bongouanou. A ce niveau, nous gérons les forêts situées dans cette zone. Nous faisons limite avec le centre de gestion de Bouaké dans sa partie Nord au-dessus de M’bahiakro et puis un peu à l’Ouest de Bocanda, le centre de gestion d’Agboville, et maintenant vers le Sud, nous faisons frontière avec le centre de gestion d’Abidjan autour d’Alepé. Voilà en fait toute la partie Est qui compose notre zone de compétence.

 

N.V. : Nous sortons d’une crise armée, dans quel état avez-vous trouvé les forêts de l’EST du pays ?

M.K.K. : A l’Est du pays, les forêts sont dans un état piteux. Mais à les comparer à celles de l’Ouest, nous nous réjouissons. En matière de sécurité, nous arrivons à fréquenter nos forêts. Et donc, pas de problèmes d’insécurité comme à l’Ouest où les étrangers occupent de manière illégale les forets classées. Là-bas, ils sont venus essentiellement des pays de la Cedeao et s’introduisent dans les forêts classées comme si c’était un butin de guerre qu’on se partage. Nos forêts sont aussi concernées par ce phénomène. Mais ici, il y a le concours assez salutaire des autorités administratives et coutumières d’Abengourou qui nous aident à éradiquer ce phénomène.

 

N.V. : Mais Il y a eu quand même des actions de déguerpissement dans les forets d’Abengourou, quel est l’état des lieux à ce jour ?

M.K.K. : Les forêts classées d’Abengourou, notamment celles de Bossematchè et de Beki ne sont pas en reste. Elles ont été infiltrées. Donc nous avons organisé des patrouilles. Pour l’heure, nous avons la maîtrise du terrain. N’empêche qu’il y a quelques actions isolées. Car il y a des gens qui se cachent toujours dans la forêt classée de Beki où nous n’avons pas pu démanteler tout le réseau. Pour l’heure, nous avons pu faire sortir le gros du contingent de la forêt de Bossematchè.

 

N.V. : Mais combien d’hectares de plantations de cacao et de café avez vous détruits ?

M.K.K. : Les déguerpissements ont été de grande ampleur. Il n’y a pas que cette année. Le phénomène a commencé en 2011, on a estimé à 300 hectares les forêts qui ont été détruites sur les deux années. Toutes les plantations de cacao ont été détruites. Il ne reste qu’une petite superficie à détruire.

 

N.V. : Vous avez pour mission de reconstituer la forêt, au niveau de l’Est, peut-on avoir des chiffres en terme de reboisement ?

M.K.K. : De gros efforts de reboisement ont été faits. Il faut distinguer deux périodes. La première période est équivalente à l’ouverture du centre de gestion de la Sodefor d’Abengourou. Et puis, le financement par la coopération allemande pour l’amélioration de ces forêts. Donc, à cette période, comme les moyens ont été dégagés, il y a eu de grandes superficies reboisées. Et cela, vers l’année 1992, il y a eu les Allemands d’un côté et les Français de l’autre. Avec l’action conjuguée de ces bailleurs de fonds, on a réussi à faire de grandes superficies de reboisement. La deuxième période, après le départ de ces bailleurs de fond, nos actions de reboisement ont diminué parce que cela se fait avec le financement de la Sodefor. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, ce sont 23.000 hectares de forêt qui ont été reboisés.

 

N.V. : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos fonctions ?

M.K.K. : Effectivement, la crise postélectorale ne nous a pas épargnés. Tous nos véhicules ont été emportés. Ce qui rendait nos activités difficiles sur le terrain. Mais également, il y a des problèmes de finances, cela est à l’image du pays. Progressivement, tout se renouvelle, par conséquent nous continuons nos activités.

 

N.V. : Quels sont vos projets pour la sauvegarde des forêts de l’Est ?

M.K.K. : Nous allons détruire toute nouvelle plantation dans les forêts classées dont nous avons la charge. Mais, également, nous procéderons au déguerpissement. Je vous informe qu’au Sénégal, au Mali et au Burkina-Faso, celui qui détruit un arbre est jugé et condamné avec de lourdes amendes. Alors, pourquoi ces ressortissants de la Cedeao, lorsqu’ils arrivent en Côte d’Ivoire, cherchent-ils à infiltrer nos forets classées ? Pour cela, nous ferons tout pour ne pas permettre aux allogènes d’agresser nos forêts classées. C’est vrai, à l’Ouest toutes les forêts classées sont exploitées illicitement par des étrangers. Mais au niveau d’Abengourou nous sommes en train de les vider. Il faut que nous conjuguions nos efforts pour éradiquer ce fléau. Car il en va de la survie de nos forêts.

 

Interview réalisée par Jean Goudale

 

 

EN MARAUDE DANS LE WEB

Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

 

Source : Notre Voie 19 octobre 2012

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:49

Aujourd’hui, la parole à Jeannot Ahoussou Kouadio

 

« Le président Bédié reste et demeure un homme d’Etat de grand calibre qui a fait preuve de don de soi. Pour sauver la Côte d’Ivoire, il a renoncé au pouvoir en 1999 sans verser le sang des Ivoiriens. En 2010, il a renoncé à aller jusqu’au bout dans sa contestation des résultats et a préféré appeler à voter pour son jeune frère, le président de la République Alassane Ouattara. Ajouter à cela tout ce qu’il a vécu lors du blocus du Golf. Dans le monde, il n’existe pas beaucoup d’hommes politiques capables de renoncer à leurs ambitions de cette manière. Pour la paix, pour les Ivoiriens, Bédié s’est sacrifié. Je suis donc venu me ressourcer auprès de lui parce que c’est une source où il faut s’abreuver. (Le Nouveau Réveil 30 novembre, 2012)

 

 

Commentaire

 

Hé tchia !…

Donc, Ahoussou, d’après toi, le 24 décembre 1999, Bédié a renoncé au pouvoir de lui-même ; personne ne l’a poussé dehors sous la menace de ses fusils ; et lui n’a jamais appelé au soulèvement populaire contre un certain « zozo » qui venait de prononcer sa déchéance, au risque de provoquer un bain de sang parfaitement inutile, s’il s’était trouvé des gens assez sots pour répondre à son appel ! Non. Ce jour-là, le « grand calibre » s’est levé tranquillement, et il a dit à sa femme :

 

« Henriette, fais les bagages, on quitte. On s’en va à Paris, dans notre appartement de la rue Beethoven. Mais, d’abord, on va aller fêter le réveillon avec les Français dans leur 43e BIMa-là ; ils ont toujours du bon champagne. Après ils vont nous prendre dans leur hélicoptère jusqu’à Lomé, et puis on continuera par avion… ».

 

Mais, mon pauvre Ahoussou, qui crois-tu tromper avec de telles sornettes ?

Nous avons tous vu et entendu ton …« homme d’Etat de grand calibre » pendant ces journées fatidiques où sa vanité, sa mesquinerie et sa couardise se combinèrent pour produire le cocktail détonnant qui devait jeter la Côte d’Ivoire dans la série de malheurs dont il avait prétendu nous protéger avec le fumeux concept HKB-arrivant-a-l-Assemblee-nationale-le-22-decembre-1999.JPGd’ivoirité. Et nous ne sommes pas les seuls ; le monde entier l’a vu et entendu. En voici quelques preuves, glanées dans la presse française de l’époque :

*« Retranché dans la résidence d’Houphouët avec des membres de sa famille et plusieurs collaborateurs civils et militaires, Bédié se montre de plus en plus irrité. » (Jeune Afrique hors-série n°2, Janvier 2000)

  

*« H.K. Bédié, réfugié à l'ambassade de France, lance un appel à la résistance sur les ondes de RFI. Il accuse le général Guéi de "tentative de coup d'Etat", le qualifie de "zozo" et dénonce son putsch comme "grotesque". » Philippe Decraene (Afrique contemporaine N° 193, 1er trimestre 2000, Dossier Côte d'Ivoire).

*« Pathétique aussi cet appel à la résistance que lança le 24 décembre Bédié sur les ondes de Radio France Internationale, en comptant sur un sursaut de la gendarmerie, supposée fidèle. "En ma qualité de président de la République démocratiquement élu et en relation avec les forces loyales majoritaires, je condamne énergiquement cette tentative de coup d'Etat militaire et j'en appelle à l'opinion nationale et internationale pour condamner ce coup de force", lance Bédié sur RFI. Un Bédié qui y croit encore : "J'invite tout particulièrement les forces vives de Côte d'Ivoire, tant militaires, civiles que traditionnelles, à résister et à mettre tout en œuvre pour s'opposer par tous les moyens et faire échec rapidement à cette tentative grotesque et rétrograde de coup d'Etat militaire. J'appelle toutes les forces vives, tous les commissaires de la République, préfets, sous-préfets, tous les élus, maires, députés, la société civile et toutes les populations du pays profond à organiser, pour une fois en Afrique, la résistance". » R-J Lique (« Comment le dauphin de Félix Houphouët-Boigny, qui inventa la désastreuse "ivoirité", a foncé droit dans le mur sous les yeux ébahis de la France - Partie 10/10 » - afrique-express.com)

  

Pour le reste, tu as tout à fait raison : il n’existe pas beaucoup d’hommes politiques capables de renoncer à leurs ambitions de cette manière, c’est-à-dire, cadeau !, comme on dit vulgairement. Pourquoi ? Parce que quand un homme d’Etat, et surtout un chef d’Etat, renonce à sa fonction, c’est toujours pour une bonne raison, mais (presque) jamais pour une raison de convenance personnelle, encore moins par générosité ou je ne sais quoi… Renoncer de la manière dont tu prétends que Bédié l’a fait, c’est ce que ferait un passeur qui abandonnerait au milieu du gué ceux qui lui ont confié leur vie. Pour le dire d’un mot, c’est trahir ! Et, depuis son arrivée à Paris après son éviction par Robert Guéi et consort jusqu’à ce jour, la posture (im)morale de Bédié, ses actes, ses paroles, sont autant de trahisons de ce qu’il claironnait du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le 22 décembre 1999. Rappelle-toi :

  

« La citoyenneté est la pierre angulaire de la démocratie et de la souveraineté nationale. La démocratie n’est pas le libre cours laissé à des minorités violentes qui veulent imposer leur point de vue en dépit des lois. Par exemple, vouloir empêcher l’application de dispositions constitutionnelles ou le déroulement régulier d’un scrutin ne sont pas, c’est le moins qu’on puisse dire, des actes démocratiques. Les changements démocratiques ne s’obtiennent pas par la violence et dans la rue mais pacifiquement dans les urnes. Deuxième point : La citoyenneté est la pierre angulaire de la démocratie et de la souveraineté nationale. Même si, dans certains pays, l’on a récemment étendu le droit de vote à certains non nationaux (lors de scrutins locaux, à titre expérimental), la citoyenneté, c’est-à-dire la capacité de voter et de se présenter aux suffrages, est fondamentalement et, pourrait-on dire, consubstantiellement attachée à la nationalité. A plus forte raison lorsqu’il s’agit de la candidature à la magistrature suprême. C’est parce que la Côte d’Ivoire est un pays d’accueil largement et généreusement ouvert qu’il a paru au législateur qu’il était nécessaire que la nationalité des candidats découle à la fois du droit du sol et du droit du sang, c’est-à-dire à la fois de la naissance sur le territoire national et de la filiation. Quoi de plus logique et de plus naturel ?

L’intégration à la communauté nationale est un processus et non pas le résultat d’un coup de baguette magique à effet instantané. A fortiori est-il concevable, et même convenable, quoi qu’on puisse juridiquement le faire, de chercher à tirer parti, de façon la plus intéressée, d’une éventuelle appartenance à plusieurs nationalités ? Quelles sont ces personnes qui se disent Ivoiriennes les jours pairs et non Ivoiriennes les jours impairs ? N’y a-t-il donc pas, dans nos formations politiques, assez de personnalités ivoiriennes présentant les qualités requises pour être des candidats valables à l’élection présidentielle ? Oserais-je ajouter que dans les pays où certains se donnent volontiers en modèles, voire en censeurs, il existe des dispositions légales semblables aux nôtres et qui s’appliquent aux conditions de l’éligibilité à la magistrature suprême.

C’est ce lien fort entre nationalité et citoyenneté qui fonde la souveraineté et l’indépendance de la Nation. Aujourd’hui, cette souveraineté et cette indépendance sont grossièrement mises en cause par des personnes et des organisations qui s’arrogent la faculté de décider de ce qui est bon pour les Ivoiriens. Nos aînés n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences inacceptables. C’est aux Ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la Nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable. » (Fraternité Matin 23 décembre 1999).

  

Mais tu vas peut-être me dire que, ce jour-là, Bédié n’était pas vraiment lui-même. Là, pas de problème, je te crois sur parole.

 

Marcel Amondji

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 15:32

Déclaration liminaire de Mme Marthe Amon Ago lors de la conférence de presse du CNRD.

 

 

Contexte :  

 

Transfèrement éventuel à la CPI de Madame Simone Gbagbo Ehivet, secrétaire générale du CNRD (détenue à Odienné dans le nord de la Côte d’Ivoire).  

 

La réaction du CNRD va s’articuler en trois (3) points :  

 

1) Notre regard sur la CPI

 

2) Notre avis sur la « justice des vainqueurs »

 

3) Nos perspectives.  

 

1) Notre regard sur la CPI  

 

Nous allons nous placer sous deux angles : l’un politique, l’autre juridique.  

 

*Du point de vue politique :  

 

Les idées qui ont prévalu à la création de la C.P.I sont certainement louables ; mais aujourd’hui, le constat est qu’elle est un organe de répression et d’intimidation des dirigeants du Tiers-monde ; qu’ils soient des démocrates avérés comme le président Laurent Gbagbo, où qu’ils soient des chefs de guerre. Leurs crimes consistent à avoir désobéi ou tenté de désobéir aux « patrons du monde » réunis ou représentés au sein de l’O.N.U.  

 

Ecoutez ce que dit l’article 14 de la « Charte de l’impérialisme » (source : Musée de Tervuren) :  

 

« On ne parle pas de génocide, de massacres ni de "crime de guerre" ou de "crime contre l’humanité" dans les pays où nos intérêts sont garantis même si le nombre des victimes est très important ».  

 

Nous aurions pensé à des écrits de plaisanterie si les événements récents de la Côte d’Ivoire n’illustraient parfaitement cette assertion.  

 

Sinon, comment expliquer que les crimes atroces commis par la rébellion en 2002 n’aient pas ému outre mesure la Communauté Internationale ; laquelle a entériné les décisions de Linas-Marcoussis (France) demandant au Président de la République Laurent Gbagbo démocratiquement élu, d’intégrer dans son Gouvernement cette rébellion venue le renverser ?  

 

Comment comprendre la précipitation avec laquelle la même Communauté Internationale est intervenue dans la crise électorale en choisissant une solution militaire à la place de la solution pacifique de recomptage des voix que proposait l’un des deux candidats ?  

 

L’article 7 de la Charte précitée illustre encore nos constats :  

 

« Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité, sa crédibilité. Il doit disparaître. »  

 

Ne pensez-vous donc pas que les vraies raisons de la déportation de Monsieur Laurent Gbagbo et l’éventuel transfèrement de son épouse Mme Simone Gbagbo Ehivet résident dans le non respect de l’injonction que leur avait adressée M. Nicolas Sarkozy (président de la République française) après la déclaration des résultats du vote par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire ?  

 

C’est pourquoi nous concluons au regard des faits et de ce que dit la Charte de l’impérialisme, que la CPI est un instrument politique de répression, de chantage, d’intimidation des dirigeants du Tiers-monde qui dérangent ou osent déranger l’ordre mondial établi pour que les plus riches soient de plus en plus riches et que les plus pauvres soient de plus en plus pauvres. Mais en vérité, il s’agit de faire en sorte que ceux qui ont connu le développement continuent de se développer au détriment de ceux qui viennent de le découvrir et qui y aspirent, car leurs richesses minières et agricoles doivent servir aux « peuples civilisés ».  

 

*Du point de vue juridique :  

 

La conception de la CPI viole un grand principe du droit pénal. En effet, l’un des principes fondamentaux du droit pénal est que la punition vise à rétablir l’ordre social troublé par un fait qui heurte la conscience collective d’une communauté donnée. C’est pourquoi le procès pénal est déclenché par le Ministère Public (Parquet : Procureur, Avocat Général et leurs Substituts) et la Justice rendue au nom du peuple. Le Ministère Public est constitué de magistrats dépendant du ministère de la Justice parce que le maintien de l’ordre est du ressort de l’Exécutif. Cependant, pour éviter les abus du pouvoir exécutif et préserver la liberté et la dignité des citoyens, la définition des infractions ainsi que les sanctions afférentes sont confiées au pouvoir législatif. On parle en droit pénal du principe de la légalité des délits et des peines. Par ailleurs, les magistrats du siège, c’est-à-dire ceux qui vont juger au nom du peuple les personnes traduites devant eux sont indépendants et lorsqu’il s’agit de faits criminels, le verdict est donné par des jurés, c’est-à-dire qu’ils associent des représentants du peuple à leur décision.  

 

Ainsi, deux questions se posent au niveau de la conception de la CPI : le procureur de la CPI dépend de quel exécutif et quel ordre a été troublé ? Les juges qui y siègent vont juger au nom de quel peuple ? En d’autres termes, y a-t-il un ordre international ? Lequel ? Y a-t-il un peuple international ?  

 

Il se pose en conclusion le problème de la souveraineté des peuples dans le cadre des organisations internationales telles que l’ONU. Ceci peut expliquer pourquoi certains grands pays n’ont pas ratifié le traité créant la CPI, tout comme la Côte d’Ivoire, mais qui a le malheur d’être un petit pays faible.  

 

Dans le principe, si l’on respecte la souveraineté des peuples, les citoyens Ivoiriens ne doivent pas être déférés à la CPI. Ainsi, Monsieur Laurent Gbagbo doit être purement et simplement relaxé de ses poursuites, et son épouse ne peut être déférée ; il en est de même pour tous les chefs de guerre qui sont menacés par les mandats de la CPI. Si un Etat n’est pas capable de juger ses concitoyens résidents, c’est qu’il n’est plus un Etat digne de ce nom.  

 

2) Notre avis sur la « justice des vainqueurs »  

 

Au CNRD, nous réfutons la formule « justice des vainqueurs » dans le cas de la Côte d’Ivoire ; nous trouvons plus appropriée l’expression : « la loi du plus fort » ; ceci pour deux raisons :  

 

Primo, on constate que la répression a devancé les actes judiciaires : les gens sont enlevés, battus, bafoués ou torturés, dépouillés, avant qu’on ne leur trouve des motifs d’inculpation.  

 

Secundo, ceux qui répriment n’ont pas encore atteint leur but ; car l’objectif de cette guerre est d’apprivoiser totalement et définitivement la Côte d’Ivoire qui est un pays important pour les prédateurs des richesses de l’Afrique de l’ouest francophone.  

 

En effet, l’éviction de Laurent Gbagbo du pouvoir d’Etat est un moyen et non la finalité ; il en va de même de la violence qui s’abat sur ses partisans, ses sympathisants et ses parents.  

 

3) Nos perspectives

 

Nos perspectives se fondent sur les enseignements de l’histoire de l’humanité, et sur notre foi en Dieu.  

 

Sur les enseignements de l’histoire :  

 

Il est bon de retenir que lorsqu’un peuple a pris conscience qu’il lutte pour une cause juste, il triomphe toujours. Les exemples de l’abolition de l’esclavage en Amérique, aux Antilles, et plus près de nous, celle du travail forcé en Côte d’Ivoire en sont des témoignages éloquents.  

 

C’est pourquoi le CNRD invite les démocrates ivoiriens à cerner l’enjeu véritable du combat actuel pour les libertés individuelles et collectives, nécessaires à l’édification d’un Etat souverain, socle de tout développement équitable et durable.  

 

Sur la foi en Dieu :  

 

La foi en Dieu commande l’utilisation de l’arme de l’Amour comme moyen essentiel de combat. Aussi, l’acquisition de cette arme nécessite-t-elle deux démarches :  

 

 

La première consiste à implorer la miséricorde divine pour obtenir le pardon des péchés d’orgueil, de suffisance, de vanité, de cupidité, de tricherie et de mensonge.  

 

La deuxième revient à demander à Dieu de remplir notre cœur d’Amour, afin de nous rendre capables de nous pardonner les uns les autres, et de refuser le venin de la haine et de la division.  

 

En effet, c’est dans l’Amour que l’union peut se construire ; or l’union fait la force.  

 

Sachons que même si nous ne sommes pas assez forts pour frapper l’adversaire, nous pouvons au moins lui résister. Les Saintes Ecritures ne disent-elles pas : Résistez au diable et il fuira loin de vous (1 Pierre 5, 8).  

 

CONCLUSION  

 

Le CNRD salue et félicite les patriotes ivoiriens de tous bords politiques, religieux, ethniques ; tous les démocrates et humanistes africains, occidentaux, orientaux et asiatiques qui soutiennent M. Laurent Gbagbo, l’étendard de la lutte démocratique pour la dignité et la liberté de l’Homme; pour l’autonomie et la souveraineté des peuples.  

 

Mobilisons-nous davantage pour la promotion des valeurs démocratiques, car le Bien triomphe toujours du Mal ; la Vérité éclatera et l’Histoire jugera !  

 

Vive la démocratie pour un monde pacifique et à visage humain !  

 

Fait à Abidjan le 29 Novembre 2012

Mme Marthe Amon Ago, secrétaire générale du CNRD

(Partis Politiques 29 novembre 2012) 

 

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la «crise ivoirienne ».

Le cercle victor biaka boda

  

Source : CIVOX. NET 30 Novembre 2012

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 20:59

Aujourd’hui, la parole à Abel Doualy, éditorialiste à Fraternité Matin.

 

« Que c’est beau pour un chef de communier avec ses hommes ! Surtout lorsqu’il s’agit d’un chef pas comme les autres ! Un Chef d’Etat comme disait Félix Houphouët-Boigny, c’est comme le capitaine dans l’eau, cette substance vitale dont personne ne peut se passer. Le peuple est pour le Chef de l’Etat la substance essentielle qui lui confère force et légitimité. De même que ce peuple attend, en retour, que le chef lui apporte la joie de vivre, les solutions aux problèmes qui l’assaillent, aux maux qui le rongent. Toute une dialectique, celle du maître et de l’esclave de Friedrich Hegel. Ce philosophe allemand a fait remarquer qu’entre le maître et l’esclave, il y a l’indispensable et indéniable lien d’interdépendance, d’assujettissement mutuel, avec, chacun dans son rôle. S’il est clair que l’esclave est sous l’autorité du maître de qui il obtient ses moyens de subsistance, il n’en est pas moins vrai que sans l’esclave, le maître est réduit à jouer le rôle de ce dernier. Il sera, dès lors, son propre maître et son propre esclave. C’est cette relation qui lie un chef à ses hommes, j’allais dire à ses sujets. C’est ce lien qui existe entre un Président de la République et son peuple considéré, mises à part ses colorations politiques, comme son mandant. C’est-à-dire, celui qui lui a délégué son pouvoir pour l’exercer afin que tous en tirent profit. Car tout le monde ne peut être chef à la fois. Il faut bien qu’un soit oint du suffrage des autres et qu’il agisse en leur nom et pour leur bien. C’est le sens du fameux « je suis le Président de tous les Ivoiriens ; de tous les Sénégalais ; de tous les Français ; de tous les Guatémaltèques, etc.… », qu’aiment bien utiliser les Chefs d’Etat dans leur discours. Une fois le jeu électoral terminé (car ce n’est qu’un jeu comme il y en a tant d’autres avec, toujours, un vainqueur et un vaincu), le peuple retrouve son unité, sa cohésion dans la différence des uns et des autres. Et se (re)met, passez-moi l’expression, à la disposition de celui qui a été élu. Puis la vie reprend son cours normal. Le Président élu peut alors sillonner son pays, visiter son peuple de l’est à l’ouest ; du nord au sud, sans oublier, bien entendu, le centre. C’est ce qui s’est passé à l’ouest, il y a quelques mois. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment au nord-est, dans le District du Zanzan. (…). Ces occasions, ces visites, quoique coûteuses, sont à multiplier. Car elles permettent aux populations de communier avec leur chef et de se sentir, ainsi, honorées. » (Abel Doualy : « Effacer les traces de la crise », Fraternité Matin 30 Novembre 2012).

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 20:38

Camarade LAURENT GBAGBO, voici un an que tu as été transféré précipitamment du cachot de Korhogo (Nord de la Côte d’Ivoire) à la Haye (Hollande). Saches que tes amis du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (C.N.R.D.) ne t’ont jamais oublié.

Aujourd’hui, nous te faisons cette adresse afin de rompre la loi du silence qui devient trop pesante.

N’oublie pas les 96 ans du Président du C.N.R.D. que je suis. J’en ai vu ‘des vertes et des pas mûres’, mais l’horreur que nous avons vécue le 11 avril 2011 dépasse mon entendement. Aussi, osé-je croire que c’est un cauchemar qui va bientôt prendre fin.

En effet, voir l’armée française avec la caution de l’O.N.U. bombarder le Palais présidentiel, symbole de souveraineté d’un pays, pour en extraire son locataire élu conformément aux lois nationales est inimaginable pour nous qui avions une haute idée de la civilisation venue de l’Occident.

Aussi, espérons-nous, au C.N.R.D., que l’O.N.U. et particulièrement l’Union européenne vont se ressaisir pour réhabiliter la conscience humaine universelle gravement violée dans la gestion de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire en te libérant sans jugement ni condition et en retirant purement et simplement leurs forces militaires de notre pays, car la Démocratie, c’est d’abord le respect des droits des peuples.

Monsieur Laurent GBAGBO que nous nommons au C.N.R.D. le président de la République libre, saches que nous sommes fiers de toi, un des rares dignes fils d’Afrique qui porte très haut l’étendard de la lutte démocratique pour la dignité de l’Homme, singulièrement de l’Homme noir.

Nous irons jusqu’au bout.

Courage ! Courage ! Courage !

 

Fait à Abidjan, le 26 novembre 2012

  

Le Président du C.N.R.D : Bernard B. DADIE, ancien prisonnier politique (1949-1953)

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Source : Notre Voie 29 novembe 2012

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