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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 13:54

Aujourd'hui, la parole à la FUAP (Force universitaire d'appui au Pdci)

 

« L’Houphouétisme, (…), a quelque chose de mystique qui le rapproche de l’esprit des religions révélées : le christianisme issu de l’humanisme judéo-grec, l’islam. L’UNESCO a consacré la valeur universelle de l’houphouétisme avec le prix international Félix Houphouët-Boigny pour la Paix. Sémaphore, Houphouët continue de nous parler outre tombe. »

Le Patriote 06 octobre 2010

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 17:45

Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues

Si ces audacieux,

En retournant les yeux dans leur course olympique,

Avaient vu derrière eux la grande République

Montrant du doigt les cieux ! ...

(V. Hugo)

 

 

Malheureux le pays qui a besoin de [tels] héros.

(D'après B. Brecht)

 

Ils avaient tous un point commun, les quatre anciens militaires accusés du meurtre de Firmin Mahé, un bandit de grand chemin, en Côte d’Ivoire, en 2005 : ils ont tous aimé profondément l’armée, qu’ils ont quittée aujourd’hui. « Ils étaient tous promis à de brillantes carrières », a tenu à souligner d’emblée Olivier Leurent, le président de la cour d’assises de Paris devant laquelle ils comparaissent depuis mardi 27 novembre pour homicide volontaire et complicité. Leurs parcours ont été examinés lors des premières heures de l’audience. Leurs interrogatoires sur les faits auront lieu jeudi 29. 

 

Le brigadier chef Lianrifou Ben Youssouf, chômeur de 32 ans aujourd’hui, s’est engagé début 2001 au 4e régiment de chasseurs de Gap. « J’avais tout misé sur l’armée. Ma famille comptait beaucoup sur ça. Je passe de brigadier-chef à voyou », a-t-il confié dans un sanglot à la barre de la cour d’assises de Paris, mardi 27 novembre. 

 

Né à Mayotte d’un père inconnu dont il s’est mis en quête une fois devenu militaire, le jeune homme a suivi au début des années 1990 sa mère, un beau-père, et sept demi-frères et sœurs depuis l’île de la Réunion jusqu’à Marseille où il est arrivé à 14 ans. Deux petits frères se sont engagés dans l’armée derrière lui, l’un à Carpiagne, l’autre à Clermont-Ferrand. L’image d’un oncle maternel, brigadier-chef avant eux, a dû compter. 

 

Lui avait passé un CAP de carrosserie suivi d’un BEP. Mais quand sa petite amie est tombée enceinte, il s’est dit « l’armée, ce sera un emploi sûr. C’était pour subvenir aux besoins de ma copine et de ma mère ». Le première-classe Ben Youssouf a vite gravi les échelons, devenant pilote de blindé en six mois, brigadier en 2004, et même chef en 2006, après le meurtre de Mahé pour lequel il comparait pour le délit d’omission de prévenir un crime ; le sous-officier était le pilote du blindé à l’arrière duquel ses camarades ont achevé Firmin Mahé. 

 

Il a servi au Kosovo, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire deux fois. Au retour de la première opération extérieure, il avait mûri, le garçon des quartiers nord de Marseille avait changé. « J’avais un soldat, s’est réjoui son capitaine, comme tout le monde aimerait en avoir tous les jours. » Il a été décoré. Ses bulletins de notation étaient élogieux : « sûr », « débrouillard », « consciencieux ». Il avait acheté une maison avec sa compagne, pour ses trois enfants. Mais après la Côte d’Ivoire il n’est plus parti en opération extérieure, la solde sans les primes n’y a plus suffi et la famille s’est trouvée surendettée. Le couple s’est séparé. 

 

Un camarade entendu dans l’enquête judiciaire sur le meurtre de Mahé a témoigné : « Je connais la vie militaire et je sais que les principaux responsables ne seront pas touchés, il n’a pas pu faire ça sans ordre, de par son comportement de tous les jours. » Ce n’est officiellement pas l’affaire Mahé qui l’a fait exclure de l’armée mais une banale altercation au régiment en 2009. Il aime le football et encadre bénévolement des jeunes sans emploi. « J’aimerais bien retourner chez moi à Mayotte. Je m’étais beaucoup investi dans l’armée. J’ai envie de voir autre chose. » 

 

Le brigadier-chef Johannes Schnier, 35 ans, a passé son enfance dans le Nord, à Quiévrechain. Un garçon « calme et sage » selon sa mère, agent d’entretien. Son père, un agent de maîtrise dans la sidérurgie, était « strict » mais, dit- il, « pour les valeurs ». Il a choisi l’armée après son service militaire. Trois tentatives pour passer le bac, une année de fac de sociologie à Lille : finalement, a indiqué son beau-frère ambulancier au cours de l’enquête judiciaire, « il se sentait bien dans l’armée. Il ne parlait pas du travail, mais plus des gens qu’il rencontrait ». L’armée l’a attiré car « c’est l’esprit de camaraderie », a-t-il répondu devant la cour d’assises de Paris mardi. « Le sport me plaisait. Et aussi le fait de partir en mission. » Accusé d’avoir tenu Firmin Mahé dans le blindé pendant que l’adjudant chef Guy Raugel lui mettait un sac en plastique sur la tête, le brigadier a eu un « sentiment de trahison ». 

 

Ses rapports d’évaluation étaient excellents, il a été décoré. « Un petit gradé enjoué et jovial », dit une notation de 2003. « Un moteur essentiel pour le peloton, un exemple pour ses camarades », lit-on dans celle de 2005, à la veille du départ en Côte d’Ivoire. « Il a sa place parmi les meilleurs », ont encore noté les chefs après l’affaire, en 2006. Au président de la cour d’assises qui lui demandait d’expliquer ces éloges même après sa détention provisoire pour complicité de crime, il a répondu : « J’ai toujours fait mon travail de militaire. Je n’ai pas changé dans mon comportement. » 

 

L’adjudant-chef Guy Raugel, 48 ans, coupe militaire et allure sportive, est un sous-officier meneur de terrain charismatique et loyal : « Il est carré, ce qui veut tout dire pour un militaire », a résumé un de ses amis. Lui a grandi dans la région de Perpignan avec ses deux frères, élevés par une mère courage qui était le pilier de la maison. Il a senti la vocation militaire « tout petit », arrêté l’école en classe de première, adoré les scouts d’Europe et les pompiers volontaires. « Je me sentais mieux dehors. » Un terrain familial ? Le grand-père maternel fut capitaine dans un régiment du train, l’oncle était parti « pour l’Indo » à 18 ans, le père s’était engagé en 1943. 

 

L’adjudant-chef a rencontré sa femme, militaire elle aussi, en Allemagne, au 1er régiment de cuirassiers. Ils ont eu deux enfants : l’aînée s’apprête à entrer dans la police ; le cadet, lui, va s’engager dans l’armée. 

 

Dans l’armée, il a, de l’avis de tous, trouvé son harmonie. Il comparaît pour homicide volontaire, pour avoir été celui qui a étouffé le coupeur de route Firmin Mahé sous un sac plastique sur ordre de la hiérarchie. Comme ses camarades du 4e régiment de chasseurs de Gap, lui aussi aligne les rapports de notation élogieux, les opérations extérieures, les décorations. En décembre 2005, alors qu’il est en détention provisoire pour le meurtre, son colonel écrit : « Il a donné entière satisfaction. Il est animé du meilleur esprit. C’est un sous-officier qu’on apprécie tout particulièrement d’avoir sous ses ordres. » 

 

Dans son job, Raugel était « au top », il faisait l’unanimité, ont dit des camarades. Comme les autres militaires accusés devant la cour d’assises de Paris, il n’a pas fait l’objet de sanction disciplinaire. 

 

L’adjudant-chef Raugel a livré à la cour d’assises la clé pour comprendre l’attitude de l’armée : « Je n’ai pas été sanctionné, c’est un choix des chefs. Ce qui a fait de nous des mauvais soldats, ce n’est pas d’avoir rempli notre mission, c’est juste que cette affaire soit sortie. On n’est pas dans le monde civil. Dans le monde militaire, ça ne marche pas pareil. Si on ne m’a pas sanctionné, c’est que j’étais pas un mauvais soldat. » Fin 2010, il a demandé sa retraite de l’armée. Il a depuis travaillé comme livreur. Il attend le verdict pour la suite. 

 

Le colonel Eric Burgaud, 50 ans, est un catholique fervent, un homme d’honneur, un officier de vocation, « juste et droit », selon sa sœur jumelle. 

 

Ses parents – mère au foyer, père cadre supérieur dans l’industrie – se sont installés en banlieue ouest de Paris à Marly-le-Roi. Une « famille très famille », heureuse, a noté le président de la cour d’assises de Paris Olivier Leurent, mardi 27 novembre, face à l’ancien chef de corps du 13e bataillon de chasseurs alpins de Chambéry. 

 

Il fut un jeune très sportif – tennis, voile, ski –, a suivi une scolarité dans un collège privé de Saint-Germain-en-Laye, avant d’entrer à Saint-Cyr en 1982. Il dit s’être marié « très tard », à 35 ans, avec Florence, rencontrée lors d’un pèlerinage. « Ma famille, c’est mon petit trésor », a-t-il confié, droit dans son costume sombre de civil lors de cette première journée d’audience. Sa mère a témoigné au cours de l’enquête, qui a conduit à renvoyer son fils devant la justice pour complicité du meurtre de Firmin Mahé en Côte d’Ivoire en 2005 : « Mon père, mon oncle, mon grand-père, mon arrière grand-père, tous ont été militaires, les trois derniers étant généraux », a-t-elle souligné. Eric soldat, Pascale, sa sœur, médecin, Benoît, le cadet, attaché parlementaire : selon elle, ses trois enfants ont choisi des « métiers à vocation ». 

 

L’ancien colonel a choisi les armes pour « le sens du service ». Son idéal. Selon son ami Axel, directeur général de société, « il avait un engagement énorme parce que l’armée c’était son rêve. Il avait le souci de l’exemplarité pour ne pas décevoir ses chefs, et être sûr de rester dans l’honneur pour accomplir sa mission ». Une amie a confié au juge d’instruction : « Si ses principes et son devoir étaient en conflit, il ferait son devoir avant tout. » Pour son frère, il est « un puriste. Il va au bout de ses idéaux. Il cherche toujours à se comporter avec noblesse et droiture. Dans la famille, nous avons tous été très touchés que sa moralité ait pu être mise en doute ». 

 

Après les faits, ont-ils tous témoigné lors de l’enquête, il fut « brisé ». Le colonel a servi au Liban, au Tchad, au Kosovo, en Côte d’Ivoire. Décoré. Félicité, lui aussi. Son dossier militaire était remarquable : « un officier d’exception ». Après l’affaire Mahé, la hiérarchie lui a proposé des postes en état-major. « J’ai quitté l’armée en 1988… euh… en 2008, parce que le ressort était cassé. On m’avait dit que je n’aurais plus de postes à responsabilité, que des placards dorés, ça ne m’intéressait pas. J’avais servi à la direction du personnel, je connaissais les règles du jeu. » Il est aujourd’hui cadre dans une entreprise. 

 

 

Nathalie Guibert - Le Monde 28/11/2012

Titre original : « Qui sont les militaires accusés du meurtre de Firmin Mahé en Côte d’Ivoire ? » 

 

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

le-cercle-victor-biaka-boda 

 

Source : Connectionivoirienne.net 28 novembre 2012

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 23:14

Aujourd’hui, la parole à Jean Gobert Tanoh

 

« Quand le destin d’un homme met à mal le cours de l’histoire d’un pays pendant des années, en emportant trois pouvoirs successifs (Bédié, Guéï, Gbagbo) frappés d’immobilisme conceptuel, comment ne pas voir dans ce visage, celui d’Alassane Ouattara, le lieu d’un discours substantiel que notre incapacité transcirconstancielle empêche d’entendre dans sa plus totale clarté pour faire émerger l’unité anhistorique de la diversité humaine dont seule une conscience politique enracinée dans le mouvement essentiel du devenir peut saisir l’esthétique existentielle. Parler d’Alassane Ouattara dans un rapport à l’universalité du sens essentiel, qui confère aux particularités existentielles la plénitude de leur donation, tel est l’aiguillon, absolument formidable de la méditation du Pr Dibi que donne à voir cet excellent texte, intitulé : "A leurs fruits, Vous les reconnaîtrez". Faut-il en conclure qu’il y a là un éloge puéril digne des pures vociférations populaires ? Sans doute non ! C’est l’écoute recueillie et recueillante de l’unique lieu, où se dit l’épaisseur de l’être de l’homme : le visage de l’autre. Celui qui sait se recueillir avec le Pr Dibi constate qu’il y a une constance chez lui, la convocation constante d’une parole fondatrice et essentielle : L’ECRITURE SAINTE. En novembre 2010, entre les deux tours de l’élection présidentielle, il publiait déjà un texte tout aussi excellent que les autres, intitulé : "La pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue angulaire", faisant référence au Psaume 118, 22. (Nord-Sud Quotidien 26 novembre 2012) 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 22:31

Interview de Marthe Agoh, ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale, secrétaire générale du CNRD.

 

29 novembre 2011-29 novembre 2012, bientôt un an que M. Gbagbo a été transféré à La Haye. Quel sentiment éprouvez-vous aujourd’hui ?

 

La communauté internationale n’a pas assez de courage pour reconnaître qu’elle est allée trop loin.

 

 

 

Qu’est-ce que ça vous fait de constater qu’un an après, Mme Gbagbo soit visée par un mandat de la CPI ?

 

Je ne sais pas si c’est pour distraire parce qu’elle n’arrive pas à régler le problème de M. Gbagbo. Est-ce que c’est pour faire un chantage, ou elle estime que nous serons un peu plus ébranlés, nous les patriotes ivoiriens et africains. Je ne sais pas vraiment à quel jeu la Cpi joue. Mais pour moi, ils sont toujours dans leur même logique. Mais ils doivent savoir une chose, c’est que nous sommes déterminés à ne plus être esclaves de qui que ce soit.

 

 

 

Croyez-vous que le gouvernement va répondre à cet appel de la CPI ?

 

Moi, je n’ai pas affaire au gouvernement. Ce n’est pas un gouvernement souverain, ni même un gouvernement autonome. C’est le gouvernement qui nous a été imposé par la communauté internationale. Il fait ce qu’elle lui dit de faire parce que le péché que nous avons, le « crime » de M. Gbagbo, Mme Gbagbo et de tous les patriotes de Côte d’Ivoire est de ne pas se soumettre au diktat des impérialistes. Quand vous n’êtes pas soumis à leur diktat, vous devez être rayé de la carte du monde. Comme nous qui croyons en Dieu, nous savons que ce n’est pas eux qui nous ont créés, notre vie n’est pas entre leurs mains, j’invite simplement mes compatriotes à se tourner vers le créateur de ce monde. C’est ce qui nous manque pour que le combat… Je ne me soucie pas de cela parce que tout ça, c’est la distraction de faire croire que le gouvernement peut faire quelque chose. Je ne pense pas que ce soit M. Alassane Ouattara qui ait voulu transférer M. Gbagbo ou Mme Gbagbo. Il n’y a pas de problème entre nous. Le problème se joue au niveau de la communauté internationale. Remarquez un peu ce qui s’est passé au cours des élections. Après le résultat proclamé par le Conseil constitutionnel. Il a fallu que ce soit Nicolas Sarkozy (ex-président français) qui donne 72 heures à M. Gbagbo pour quitter le pouvoir. Où est-ce que vous avez déjà vu ça. Est-ce que c’est un peuple souverain ? Donc, ce n’est pas la peine de nous distraire, nous diviser, en faisant croire que M. Ouattara veut faire ceci, veut cela. M. Ouattara ne fait que ce qui plaît à ses patrons. Et nous, le péché qu’on a commis, c’est de ne pas obéir à ceux-là. Pourquoi je vais en vouloir à mon frère qui leur a obéi par rapport à moi, qui ai refusé et ai eu des morts, qui suis en prison et dépouillé de tous mes biens ?

 

 

 

L’affaire Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo. Le 21 décembre, une autre audience est prévue à Accra. Qu’est-ce que cet épisode vous inspire comme réaction ?

 

Qui en veut à M. Katinan ? C’est toujours la même communauté internationale. Nous prions Dieu qu’ils (Ghanéens) appliquent le droit. Eux au moins, ils ont compris que c’est un être humain. Pour que nous ayons une société stable, nous avons besoin d’asseoir des principes fondamentaux qui respectent les droits humains.

 

 

 

Propos recueillis par Alerte Info

Titre original : « Ouattara ne fait que ce qui plaît à ses patrons »

 

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Source : Le Nouveau Courrier 26 Novembre 2012

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 22:41

Février 2003-Novembre 2012, une petite dizaine d’années sépare les deux textes confrontés ici. Les deux proviennent du même journal, Fraternité Matin, et leur différence est à peine sensible. Pourtant, à les lire avec attention, chacun de ces textes porte la couleur des temps où il a été pensé et écrit. La parole de Vincent To Bi Irié se ressent de ce présent de confusions et de faux-semblants assumés, où il est de bon ton de charger le peuple ivoirien des travers et des fautes de ceux qui prétendent le diriger, et qui ont l’air de croire que c’est la même chose que mener un troupeau de moutons. Michèle Pépé, en digne fille son père Paul, parle quant à elle depuis un temps où on ne doutait ni de la loyauté de notre peuple ni de son intelligence ; un temps où on ne niait pas encore à coups de bombes les droits des habitants naturels de ce coin de terre appelé Côte d’Ivoire, à jouir des mêmes libertés que les autres peuples ; un temps où on se faisait aussi quelques illusions sur nos prétendues élites, mais où on restait tout de même capable de les indexer, comme on dit chez nous, lorsqu’elles jouaient les c…

Cela dit – et il fallait que cela soit dit –, Vincent To Bi Irié nous a toujours fait l’impression d’être au fond un honnête homme. Cet article n’a pas modifié ce sentiment ; nul n’ignore qu’il n’est plus possible, aujourd’hui, d’écrire pour Fraternité Matin comme on le pouvait au temps où Michèle Pépé y travaillait. Mais tous n’y ont pas perdu leur âme ; par la qualité de sa pensée autant que par sa plume, To Bi Irié s’affirme plus proche de cette tradition-là que de celle qui domine aujourd’hui dans les rédactions de son journal. C’est la première raison pour laquelle nous avons retenu son texte pour cette rubrique destinée à recueillir tous les matériaux, de quelque provenance que ce soit, qui apportent tant soit peu d’éclairage sur les tenants et les aboutissants de cette interminable crise du politique dans notre pays. La deuxième, c’est la proximité, évidente malgré (ou à cause de) la distance dans le temps, de son interrogation avec celle de Michèle Pépé. « Où allons-nous ? » ; cela peut aussi se dire : « Où nous mènent-ils ? Est-ce qu’ils le savent ? Est-ce qu’ils en sont dignes ? »


La Rédaction


œ

Où allons-nous ?


Les temps sont gris. La météo n’est pas facile à deviner. Au ciel clair, succèdent des bourrasques. Où allons-nous ? Celui-ci ne veut pas d’un pays pacifié. Celui-là a hypothéqué sa capacité à réfléchir et confié sa vie et celle des générations à venir au sort de son gourou. Ces autres sont convaincus que leur temps est venu de régner et de s’accaparer le pouvoir. Le tout dans une morose ambiance de lendemains incertains.

Beaucoup n’ont pas encore réalisé l’amplitude des événements que la Côte d’Ivoire a vécus. Il est certain que si c’était à refaire, l’Histoire se réécrirait de la même façon, dans le meilleur des cas. Dans le pire, avec plus d’encre de sang. Obstinément, le passé force la porte et veut se réinstaller. Nul n’est prêt aux concessions. La Côte d’Ivoire s’est longtemps targuée d’avoir un bon taux de scolarisation. Mais les Ivoiriens prennent-ils le temps de lire ? Les événements qui se déroulent ailleurs dans le monde ne s’appliquent pas forcément à la Côte d’Ivoire, dans un contexte politique et culturel différent. Mais il y a beaucoup de chances que les récurrences de crise et les schémas généraux d’évolution des sociétés soient les mêmes. Ce qui se passe ailleurs peut aussi bien se passer ici. Lire les débâcles des autres sociétés permet toujours d’en éviter dans son propre pays. Si au moins les habitants de ce pays savaient et lisaient que des comportements similaires aux leurs ont ruiné et dévasté les autres pays, ils auraient un peu plus de réserves dans l’appréciation de l’avenir du pays.

Où est passée l’élite intellectuelle et universitaire, celle qui assurerait la garantie de l’équilibre et de la réserve ? Elle a rejoint la masse incolore et inodore, s’exprime comme elle, pense comme elle, s’émeut comme elle. Depuis que cette élite a goûté au miel du pouvoir, elle a perdu sa lucidité. Elle ne parle que pour se positionner, pour plaire aux camps respectifs et pour en tirer les profits nécessaires. Et pourtant, il faut une voix du milieu, celle de la raison et de la vérité. Il nous faut une classe intellectuelle qui ne pense pas qu’à elle et qui ne nous abreuve pas de théories et idéologies suicidaires. Il faut à ce pays des têtes calmes. Tout le monde n’a pas besoin de vivre de pouvoir. Les tensions politiques presque permanentes requièrent que des têtes calmes en appellent à la raison pour que le pays se reconstruise. Du côté de la population, on ne voit pas où se trouve le bout du tunnel. Un déchaînement de violence dans les cœurs et dans le langage. C’est vrai, un peuple peut devenir fou. Le nôtre l’a été et veut le redevenir. Les langages haineux sont la norme. Aux arguments, on n’oppose plus d’arguments, on injurie, on menace, on lève le poing. Lorsqu’on jure que le sang va couler, on ne pense jamais à notre sang mais à celui des autres. C’est là que le sort devient pernicieux. Où allons-nous ? Les Etats-Unis viennent de déclarer notre pays destination à hauts risques. En français facile, cela veut dire qu’il y aura moins de touristes, moins d’investissements, moins d’argent dans les semaines et les mois à venir. Mais en langage faiblement codé, il faut entendre par l’avertissement américain qu’il y a des signes forts que la situation sécuritaire puisse se dégrader à tout moment. Ce qui en ajoute aux rumeurs d’attaques imminentes et de tentative de déstabilisation avant la fin de l’année. On pensait pourtant que les choses s’amélioreraient progressivement. Les autres savent toujours tout de nous, sauf nous-mêmes. Ils sont plus sérieux et rigoureux dans le traitement du renseignement et de l’analyse politique. Nos lendemains sont donc loin d’être tranquilles. Pendant ce temps, nos politiques se délectent de ce paysage brumeux. Il n’est pas facile d’être Ivoirien par les temps qui courent. Il faut avoir du cœur pour marcher sans savoir où nous mène le chemin.


Vincent To Bi Irié (Fraternité Matin 21 Novembre 2012)


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La classe politique ivoirienne mérite-t-elle d'exister ?

 

L'intention était noble. La recherche de la paix, ce trésor inestimable. Mais quinze jours après la fermeture de « l'internat » de Linas-Marcoussis, le constat est là, douloureux, amer. La Côte d'Ivoire a perdu sa souveraineté et sa classe politique son âme (?). Et l'on veut comprendre comment et pourquoi cela a pu être. En effet, on ne s'explique pas encore comment d'éminentes personnalités, pétries de qualités morales et intellectuelles, ont pu cautionner les "accords" qui portent le nom du village suscité ? Franchement, on ne s'explique pas que les négociateurs (?) ivoiriens aient pu signer pour le désarmement de l'armée régulière de la Côte d'Ivoire, leur pays, la mettre sur le même pied que des rebelles, et livrer, par voie de conséquence, leur pays aux velléités hégémoniques de certains Etats voisins belliqueux. On ne comprend pas qu'ils aient accepté de marcher, sans état d'âme, sur les lois et la constitution. On ne s'explique pas que d'éminents juristes aient pu laisser dire que la loi suprême de leur pays, comporterait des dispositions qui se référent « à des concepts dépourvus de valeurs juridiques » ; alors que les dispositions visées ont été âprement débattues durant des semaines et, par la suite, régulièrement soumises au vote des citoyens. Qui ont librement et souverainement fait leur choix. Alors dans quel état d'esprit ont vécu et travaillé, pendant une dizaine de jours, les pensionnaires ivoiriens de l'internat de Linas-Marcoussis ? A leur départ, en tout cas, l'on savait à peu près (ou l'on pensait le savoir), dans quel état d'esprit ils se rendaient dans cette bourgade : solidaires de la constitution, de la légalité et des institutions de la République, ont-ils proclamé. A l'arrivée des courses ? Ils ont sournoisement renié la constitution, entériné le coup d'Etat, consacré la prise du pouvoir par les armes et organisé une transition sous surveillance française, en oubliant, au passage, de condamner (même par principe) la prise des fusils pour exprimer des revendications d'ordre politique. Voilà la terrible réalité et le supplice moral que veulent nous faire vivre nos politiciens expatriés à Marcoussis. Et suprême mépris, ils jouent avec les mots (et les maux de leurs compatriotes) en prenant les Ivoiriens pour « des enfants à qui on donne le biberon tous les matins », comme l'a dit Konaté Navigué de la JFPI en parlant des Français.
Mais, à la vérité, les « Blancs » ne sont pas les seuls à prendre les Ivoiriens pour des c…

Michèle Pépé (Fraternité Matin 07 février 2003)



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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 10:59

Devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, le 14 novembre à Paris,  le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, s'est exprimé sur la situation Mohamed-Bazoum--rfi.fr-.jpegau Mali. Et il n'a pas mâché ses mots.

 

Interrogé par les députés français sur la situation au Mali, le ministre nigérien des Affaires étrangères leur a expliqué que « [ses] frères maliens [avaient] toujours mal géré le problème touareg ». « Nous avons exactement le même type de revendications, portées par les mêmes acteurs, a-t-il développé, mais nous les avons gérées de façon totalement différente. [...] Eux, ils ont compté sur la corruption et les relations personnelles. » Et d'ajouter : « Déjà, le président Alpha Oumar Konaré avait installé certaines habitudes nocives que le président Amadou Toumani Touré a parfaites par la suite. Elles consistent à concéder aux anciens rebelles certains territoires qu'ils contrôlent. [...] Ils les ont laissés se tailler des fiefs où ils se sont comportés comme des barons. Et quand ils les ont intégrés à l'armée, ils les ont autorisés à rester sur place, chez eux. » Dans des zones où, avec l'arrivée d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), « les trafics ont prospéré ».

 

 

 

"Il y avait un deal avec Aqmi"

 

 

 

Après l'installation des jihadistes, dès 2002, dans le nord du pays, le gouvernement malien se serait montré « particulièrement complaisant » avec eux. Il porte donc « une responsabilité énorme dans ce qui s'est passé ». Toujours selon Bazoum, « ATT était très fier de se montrer sur le perron de son palais en train de remettre d'anciens otages à leur pays. Mais il y avait un deal avec Aqmi, qui enlevait des otages au Niger ou en Mauritanie avant de les emmener en territoire malien. Ces otages étaient ensuite libérés grâce à la médiation du président malien. Son émissaire était souvent Iyad Ag Ghali ». Autrement dit : le chef d'Ansar Eddine. À Dakar, où il vit depuis son renversement, en mars, les oreilles d'ATT ont dû siffler !

 

 

 

Source : Jeune Afrique 22/11/2012

Titre original : « Niger : ATT, Konaré, AQMI... Bazoum balance ! »

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 23:18

Aujourd’hui, la parole à Marc Dossa, journaliste

 

Vous croyiez que c’est à cause d’une mésentente entre les membres de la Commission des lois que le gouvernement a été dissous. Eh ! bien, vous aviez tout faux ! Voici la vérité vraie : c’est parce que Kafana Koné est trop vieux, Matto Loma Cissé valétudinaire, et parce que Ouattara gardait, depuis 15 mois !, un chien de sa chienne à Souleïmane Diakité Coty …que Jeannot Ahoussou Kouadio  et neuf autres de ses ministres ont dû rendre leur tablier.

 

« Les raisons qui ont amené le président Ouattara à se séparer de ses « lieutenants », varient d’un ministre à un autre. Selon nos sources, c’est parce qu’il a trouvé Kafana Koné quelque peu diminué par le poids de l’âge, qu’il a choisi de l’enlever du gouvernement. Concernant Souleïmane Diakité Coty, il paierait enfin pour l’affaire Pascal Brou Aka. Alors que le chef de l’Etat était rentré, en août 2011, d’un voyage aux Etats-Unis, il n’y avait eu aucune équipe de la télévision ivoirienne à l’aéroport pour recueillir ses propos. Un manquement qui a amené le président Ouattara, à l’époque des faits, à limoger le patron de la télévision nationale Pascal Brou Aka. Même si le président avait laissé la vie sauve à ce membre fondateur du Rdr, il se savait en sursis. Surtout que globalement, en ce qui concerne la restructuration des médias d’Etat (Radiodiffusion-Télévision ivoirienne, Fraternité Matin, Agence ivoirienne de presse), les attentes d’Alassane Ouattara tardent à être comblées par un ministre pas tout à fait disposé à aller au charbon comme un Cissé Bacongo, par exemple. Autre ministre, autre explication. S’agissant de la magistrate Matto Loma Cissé, entrée au gouvernement il y a à peine huit mois, c’est son état de santé qui aurait motivé son remplacement. Pas en très bonne forme, elle aurait manqué les deux derniers conseils des ministres. Vu que le département de la Justice demande de la part de son titulaire une débauche d’énergie, notamment pour gérer les épineux dossiers des crimes postélectoraux, Alassane Ouattara a convaincu l’ancienne présidente de la Commission nationale d’enquête (Cne) de valoir (sic) ses compétences ailleurs qu’au gouvernement. » (Marc Dossa : « Kafana Koné, Matto Cissé, Konaté, Flindé… Les vraies raisons de leur limogeage », Nord-Sud Quotidien 24 novembre 2012).

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 23:19

Tout s’est joué à la dernière minute. Jusqu'à mardi soir, Jeannot Kouadio Ahoussou était sûr d'être reconduit à son poste de Premier ministre. En tout cas, c'est ce qui avait été arrêté, lundi 19 novembre 2012, par Alassane Ouattara Jeannot-Ahoussou-Kouadio_2.jpget Henri Konan Bédié au cours de leur raout d'une demie heure. Mais les promesses du chef de l'Etat ont évolué après sa rencontre avec le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci). De sorte que quand le numéro 1 ivoirien a reçu le chef du gouvernement sortant en début de soirée du mardi 20 novembre 2012 (de 18 h 30 à 19 h 25), il lui a dit qu'il ne voulait plus le reconduire à son poste de Premier ministre. Le locataire du Palais présidentiel a proposé au député de Didiévi d'être le président du directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, l'alliance au pouvoir). Jeannot Ahoussou Kouadio a refusé cette proposition d'Alassane Ouattara. Comme celle relative à des avantages que le patron de l'Exécutif ivoirien était prêt à lui concéder.

Au cours de l'audience, le président de la République aurait dit au Premier ministre sortant qu'il est agacé que certaines personnes disent qu'il faut forcément un chef du gouvernement d’ethnie baoulé. Il a, en outre, trouvé anormal que l'avocat de Bédié se soit fait entourer de nombreux Baoulé... Pour tout dire, la rencontre entre les deux hommes n'aura pas été des plus conviviales. C'est ce qui expliquerait que J. Ahoussou Kouadio soit revenu, à l'issue d'une rencontre avec des députés du Rassemblement des républicains (Rdr) la même nuit, sur son origine ethnique.

« Vous savez, je l'ai dit la semaine dernière que ce qui importe, c'est la cohésion des Ivoiriens. Il ne s'agit pas d'être Premier ministre pour être Premier ministre d'un pays déchiré. Il ne s'agit pas d'être président de la République pour être président de la République d'un pays déchiré. Il faut pouvoir réunir les Ivoiriens. Je pense que c'est ce qui est important. Comment les Ivoiriens peuvent avoir leur cohésion et vivre ensemble. Je crois que le président de la République est celui qui a fait du concept du "Vivre ensemble", son programme de gouvernement. J'appartiens, excusez-moi de vous le dire, à un groupe Baoulé. Et pour nous, le sacrifice d'un individu pour sauver une communauté, cela ne pose pas de problème. Si je dois être l'élément à sacrifier pour que les Ivoiriens retrouvent leur cohésion, je suis prêt. Je l'ai dit samedi dernier : si je suis maintenu, tant mieux. Si je ne le suis pas, tant pis »,

a fait savoir Jeannot Ahoussou Kouadio quand les journalistes lui ont demandé s'il était maintenu ou pas à la tête du gouvernement.

« J'ai envoyé déjà ma robe d'avocat au pressing. Et à partir de la semaine prochaine peut-être, si je ne suis pas reconduit, je repars au palais (de justice) pour faire mon métier. J'ai un métier. J'ai été ministre de l'Industrie. Quand je suis sorti du gouvernement en tant que ministre de l'Industrie, j'ai repris ma robe et je suis allé à l'audience. Donc là, si je sors comme Premier ministre, je reprends ma robe. J'irai au Palais de justice et au Palais de l'Assemblée nationale parce que je suis député de Didiévi »,

a-t-il ajouté comme pour dire qu'il ne faisait pas de fixation sur son poste de Premier ministre.

Par ailleurs, Me Jeannot Ahoussou Kouadio a fait ses adieux à ses collaborateurs, à la salle du Conseil de gouvernement à la Primature dans l'après-midi du mercredi 21 novembre 2012. C'était bien avant que le décret de nomination de Daniel Kablan Duncan comme nouveau chef de gouvernement ne soit lu par le Secrétaire général de la présidence de la République, Amadou Gon Coulibaly. La cérémonie a duré une vingtaine de minutes où émotions et tristesses étaient au rendez-vous. Des collaborateurs du Premier ministre sorti n'ont pu retenir leurs larmes. A l'occasion, M. Jeannot Ahoussou a fait son bilan depuis sa nomination le 13 mars 2012. Il a rappelé le forum social qu'il a initié. Tout comme le dialogue politique avec l'opposition. L'ex-Premier ministre est revenu sur la constitution du groupe consultatif pour la mobilisation de 11087,3 milliards de Fcfa dans le cadre du Plan national de développement (Pnd). Il n'a pas omis le budget de 2013 qui a été majoré sous sa Primature.

 

Arouna SYLLA - Soir info 22 novembre 2012

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 18:10

Interview de Me Jacques Vergès

 

Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos Jacques-Verges.jpgressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps.

La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic, au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah.

Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le daltonien ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abugraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?

 

… Comme c’est le cas de Hissène Habré ! Mais le Sénégal dit vouloir s’en débarrasser...

Et où va-t-il être jugé ?

 

La Belgique serait prête à accueillir ce procès…

La Belgique ! Ils ont tué Lumumba. Ils l’ont fait dissoudre dans de l’acide et c’est eux qui vont donner des leçons aujourd’hui ?

 

Vous êtes donc anti-TPI ?

Ce n’est pas à un ramassis de gens venus de toutes sortes de pays de juger les Africains, surtout que tout est orienté vers le noir.

 

Avez-vous la conviction que les Etats africains sont-ils vraiment indépendants 50 ans après leur accession à l’Indépendance ?

Certains, oui, d’autres non. La raison est simple. Certains ont encore trop de liens avec cette métropole.

 

Vous considérez-vous comme Algérien ou comme Français ?

Je me considère comme les deux.

 

Et si on vous demandait de choisir…

Qui va me le demander et à quel titre (rires) ?

 

Vous sentez-vous lorsque vous venez en Algérie ?

Vous avez vu comment les Africains et les Algériens m’accueillent. C’est la plus belle récompense qu’on puisse avoir.

 

L’avocat de nos jours est-il toujours le défenseur de la veuve et de l’orphelin ?

Certains continuent de l’être. D’autres, par contre ne le sont plus.

 

Cela peut-il être dû à quoi ?

L’Homme est faible. Il ne sait pas résister à la tentation. Il veut devenir riche. Quand tu nais dans la case et tu prends l’ascenseur social, tu es dans la vie noble. Mais dans un ascenseur, il n’y a pas de vie. On doit accepter de défendre même un fou parce qu’il reste un être humain.

 

Propos recueillis à Alger par Alexandre Le Grand ROUAMBA (lynxtogo.info)

 

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Source : La Dépêche d'Abidjan 23 Novembre 201

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 17:58

Ça ne nous regardait pas, leur palabre-là. C’est vrai, c’est entre eux, les houphouët-tristes. Mais les bruits de leurs querelles, sont arrivés jusqu’à nos Bedie-vote-Ouattara.jpgoreilles. Comment on va faire ? Les oreilles entendent tout, les yeux voient tout. On ne pouvait pas fermer nos oreilles, ni nos yeux.

 

On a tout entendu, on a tout vu aussi. Parce que ce sont nos voisins d’à côté. Eux et nous, on habite dans même cour, mais chacun a ses problèmes.

 

Donc nous, on ne va pas mettre notre bouche dans leur affaire, parce que c’est entre eux.

 

Mais quand même, si ça fait rire, faut pas nous on va rigoler ? Même si on dit.

 

On peut quand même s’affairer : un débat portant sur affaire de « mariage » à l’assemblée nationale a créé « divorce » entre mari RDR et sa femme PDCI.

 

C’est pas bizarre ça ? Jusqu’ààà le mari a jeté les affaires de sa femme dehors, il a pris les clés de leur maison, surtout celle de la cuisine, là où on mange-là, et puis, il est parti en Italie, pour voir le Pape. On dit qu’on appelle ça : « dissolution ».

 

Ko, gouvernement là, on a « dissolutionné » ça. Monsieur « Solution », il a renvoyé tout le monde. PDCI oh, RDR oh, UDPCI oh, les « à côté à côté » aussi oh, il les a tous « gbrah* » !

 

Mais mes chers camarades, chez le Pape là, c’est pas Eglise ? Ou bien on prie pas là-bas aussi ? Parce que le « dis-solutionneur » est rentré là-bas avec son cœur chaud. Or on dit : « Si ton cœur est chaud, faut laisser ça à l’entrée de l’Eglise, faut partir te réconcilier avec ton frère d’abord avant de venir prier Dieu » (Fouillez dans la Bible, ça y é dedans).

 

Mais le mari « la dis-solution », lui il s’en fout. Femme-là n’a qu’à se fâcher. Si elle veut, elle n’a qu’à parti’ pour toujours ! Même si elle l’a aidé à grouper sur Gbagbo. Ça c’était avant, quand ça chauffait-là. Si y a gbangban*, les toubabous sont là. Ils vont prendre sa défense, comme au début.

 

Maintenant, lui, il est « krangba », comme « boulon » que mécanicien de derrière rail a serré. C’est pas lui qui donne l’argent de manger chaque fin du mois à sa femme, mamie PDCI ?

 

En tout cas, c’était pas notre affaire, parce que affaire de couple, on connaît jamais d’avance, ce qui peut se passer. Surtout quand ils vont entrer tous les deux dans la chambre. On sait pas ce que le mari va dire, ou promettre à sa femme. D’ailleurs, il paraît que c’est aujourd’hui ils vont se voir, pour régler affaire-là (une rencontre au sommet, un G2 entre Kôrô* Bédié et môgô* Ouattara).

 

Surtout si la femme, elle n’est pas compliquée comme madame PDCI. Si monsieur « dis-solution » augmente l’argent de popote et puis son argent de poche, sa bouche va se fermer net. Cette femme-là, nous on la connaît, y a longtemps, elle a cinquante ans, mais elle ne veut pas changer. Son affaire d’argent, c’est tout ce qui l’intéresse.

 

Voilà affaire-là. Nous on les regarde et puis on rit seulement. Mais faut pas que dans leur palabre-là, ils vont venir marcher sur nos pieds.

 

Parce que nous, comédie comme ça-là, on n’est pas dedans. Pour le moment, on les regarde seulement.

 

 

 

Par Yeux voient, bouche parle

(Titre original : « Yeux voient, bouche parle ! Kôrô Bédié – Ouattara tchê : dis-solution ? »)

 

 

 

*Gbrah = chasser, renvoyer ; *Kôrô = vieux, grand frère ; *Môgô = homme, monsieur ; *Gbangban = troubles, crises, guerre 

 

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Source : La Dépêche d'Abidjan 23 Novembre 2012

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