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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:08

Aujourd’hui, la parole à Tiburce Koffi

 

Le Noir et le pouvoir


Au prof Séry Bailly, cette promenade discursive sur la conception négro-africaine du pouvoir d’Etat par les Noirs (sic).

 

Dans le prologue d’Antigone de Jean Anouilh, nous lisons ceci : « Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place ». Jean Anouilh, dans la trajectoire de Sophocle, venait là, de (re) composer le portrait du roi, du chef, du président ; bref, du souverain.

 

L’essentiel des valeurs et attributs qui ordonnent et structurent le personnage du chef sont dans cette belle citation : au plan physique, le chef doit être, sinon rassurant, au moins en bonne santé (ce que traduit l’idée de robustesse) ; il doit être un homme de la réflexion permanente (il médite) et aux allures de sage (cheveux blancs). Mais surtout, il doit être un homme d’engagement, de devoir, un volontaire du chantier (il a retroussé ses manches) ; un homme prêt au sacrifice de soi et au renoncement aux plaisirs exquis de ce monde : ici, Créon a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris la place laissée vacante à cause de la mort des enfants d’Œdipe roi.

 

Voilà le portrait du chef tel que vu, outre la société grecque ancienne, par la civilisation occidentale de source hellénique : c’est un homme doté d’une conscience citoyenne exceptionnelle, et qui s’est engagé à servir les autres et non à se servir. Prenons encore plaisir à lire Anouilh dans l’esquisse de ce portrait du chef : « Quelquefois, (…) il se demande s’il n’est vain de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide qu’on doit laisser à d’autres, plus frustres… Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée ». Etre chef, président ou roi, est ici perçu par ce tragédien moderne comme une activité grossière, un métier de rustre. L’exercer, c’est se soumettre à un noble impératif régit par la raison : résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les citoyens. Une telle vision du pouvoir en fait un double acte de générosité et d’engagement (on décide d’exercer le pouvoir pour les autres). C’est, sans doute, la raison pour laquelle le dirigeant « européen » nous paraît relativement moins attaché au pouvoir que le chef africain. Seul, en effet, compte, pour le premier, l’engagement pris à servir. L’Etat lui donne les instruments pour accomplir sa tâche : services de défense, de sécurité, d’espionnage, Trésor public, transport, institutions scolaires et universitaires, lois – surtout les lois et les moyens de les faire appliquer, etc.

 

La société civile se charge, quant à elle, d’être l’œil de Caïn qui débusquera ses moindres trahisons et déviations par rapport au cahier des charges (le projet de société, les promesses électorales) qu’il s’était, lui-même, donné. Il me semble que, ramené sous nos cieux africains, ces repères connaissent une mue profonde, quand ils ne sont pas carrément ignorés. Le chef africain est loin de l’image du chef européen méditatif (donc qui réfléchit), retroussant ses manches (qui travaille). S’il nous fallait peindre le chef africain sous notre pinceau, nous le représenterions de la manière suivante : un être à la bedaine, possédant des domaines immenses de terrain, des milliers de voitures et de femmes, jouissant de la vie comme un marin du corps satiné d’une putain de Pigalle, se déplaçant, dans son propre pays, avec une centaine de véhicules remplis de soldats armés, des véhicules aux sirènes hurlant comme démons de Dabakala ! Ses enfants ont les joues grasses (ce sont les gosses du chef), sa femme (ou ses femmes) devient (deviennent) la ou les Mamy de l’Etat, les ‘‘mémés conseils’’, etc. Sa perception du pouvoir devient, dès lors, autocentrée, pris désormais lui-même dans l’engrenage d’un système de gestion personnalisé du pouvoir que l’alentour, sa propre fragilité intérieure, sa lecture (limitée et approximative) de la gestion d’un Etat, ont contribué à entretenir et raffermir. Bientôt, il ne devient plus qu’une chose redoutable : une machine, un instrument, une bête… enfin, imbue de puissance et ivre du pouvoir que donne le Pouvoir car « le Pouvoir, c’est ce qui PEUT – Ganin Bertin – encore !). Il devient, dès lors, ce que Bernard Dadié appelle « Moiceul ».

 

A suivre jeudi prochain.

 

Tiburce Koffi

Titre original : « Le Noir et le pouvoir : une vision autocentrée du monde (I) »


Source : Fraternité Matin 31 Janvier 2013

 

Juste une petite question à l’auteur de ces saisissants portraits du « chef européen » et du « chef africain » : dans quelle catégorie classerait-il, d’après les critères qu’il met ici en œuvre, les Français Philippe Pétain ou Charles de Gaulle, et l’Ivoirien Félix Houphouët ? Ou bien, s’il préfère des personnages encore vivants : Nicolas Sarkozy ou Silvio Berlusconi, et Alassane Ouattara, par exemple ?

 

« Il y a des hommes, même lorsqu’ils lèvent très haut leur front, on dirait qu’ils montrent leur cul. » (Marcel Amondji, Spicilège, Anibwe, Paris 2012)

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 13:54

Aujourd’hui, la parole à Tia Koné, ancien président de la Cour suprême :

 

« Mesdames et Messieurs,


Si ma joie est grande aujourd’hui, je voudrais signifier qu’elle l’est davantage pour la possibilité que l’occasion de cette liesse populaire me donne pour, comme je l’avais dit en son temps, apporter une des pierres blanches de mon cœur à l’œuvre de réconciliation entreprise par le président Alassane Ouattara à la tête du pays. Cette œuvre qui me semble la plus importante de toutes les autres, parce que conditionnant le succès de toutes celles-là, doit être soutenue et amplifiée par l’ensemble de nos populations. Aussi me paraît-il impérieux dans ce cadre d’enrayer dès à présent l’aspect relationnel existant entre le président de la République et son frère que j’ai toujours été et que je suis demeuré, malgré les apparences à propos de l’arrêt N° E 001/2000 rendu par la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Côte d’Ivoire en son audience du 06 octobre que je présidais. J’ai décidé de revenir sur cet arrêt dans le simple souci de lever tous les malentendus que ladite décision n’a pas manqué en son temps et même aujourd’hui encore de susciter dans le pays. Pour cela, il est bon de le placer dans le contexte de la crise économique rampante de l’époque. Au point que tous les espoirs étaient tournés vers l’extérieur d’où pouvait provenir un fils prodige (sic), plein de sciences et de connaissances pour abréger nos souffrances. Il n’était point question dans cette pathétique attente de rejeter ipso facto d’honorables fils du pays, de surcroît ancien DGA du FMI, pouvant de toute évidence être cet artisan du regain de notre économie et de notre grandeur nationale en perdition. A cet effet, j’affirme qu’il n’a jamais été dit dans l’arrêt du 06 octobre 2000 que M. Alassane Ouattara n’était pas Ivoirien. Cet arrêt à notre grand regret a causé un grand tort au concerné et à sa famille, représentée ici par Ibrahim Ouattara et bien d’autres Ivoiriens.

Je voudrais solennellement m’excuser pour tout le désagrément que cela a pu causer durant toute cette période à ce jour. Aujourd’hui, la preuve est faite en effet que le président de la République est un Ivoirien qui a un profond amour pour sa patrie et qui engage en ce moment notre pays sur de nombreux chantiers en vue de faire de la Côte d’Ivoire un Etat de paix et de prospérité. Aussi voudrais-je porter à la connaissance de mes collègues ce qui précède et leur recommande fermement de rétablir l’honorabilité du président de la République au plan judiciaire. Je l’ai dit et je le proclame, je me mets entièrement à la disposition de la nation entière pour y contribuer. Je répète que l’acte juridictionnel n’avait d’aucune manière dénié la nationalité ivoirienne à Alassane Ouattara. Pour être complet dans ma démarche d’association de recherche de solution à la réconciliation, il me faut sans en épuiser le sujet, parler aussi de ce que je crois être un point de friction dans les rapports des citoyens ivoiriens entre eux. A l’époque de l’arrêt précité, nous avons été sans surprise confrontés à une véritable incongruité textuelle dans l’application de l’article 35 de la Constitution en y découvrant les éléments d’une malheureuse stratification sociale fondée sur une illusion aux allures démagogiques. En effet, que lit-on dans ce texte. On y lit ceci : "le candidat à l’élection présidentielle doit être Ivoirien d’origine de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine". Fin de citation.

On remarque très rapidement que ce texte est tout à la fois absurde et vide. Il est absurde du point de vue historique. Car l’histoire nous enseigne que notre pays n’a acquis la souveraineté nationale qu’en 1960 avec les atouts d’acquisition de citoyenneté. Avant cette date, nul doute que les habitants de ce pays, s’ils avaient une nationalité, n’étaient nullement Ivoiriens. Si on se réfère donc à l’article en question, cela veut dire qu’en 2000 le candidat qui avait 40 ans était né en 1960. Ce qui devait aussi dire qu’il avait le même âge que ses parents. Il est indéniable que ses parents ne pouvaient pas avoir une nationalité qui n’existait pas. Mais, ce qui était vrai pour les parents, l’était aussi pour les candidats. Ici, ils étaient tous nés avant 1960, à l’époque coloniale sous la qualité de citoyen français. Ou à tout le moins de sujets français. Finalement, à l’analyse exhaustive, nous avons relevé qu’aucun des candidats n’était né Ivoirien, encore moins de père et de mère Ivoiriens. Nous avons dû, Mesdames et Messieurs, à défaut de pouvoir agir autrement, procéder à une transposition du présent au passé pour réussir à faire admettre que tous ceux qui habitaient ce lopin de terre devenu la République de Côte d’Ivoire, était déjà Ivoiriens. (…) Mais si ce concept est absurde, il est aussi inique. Parce que comportant les germes d’une répartition des Ivoiriens en plusieurs catégories. Contrairement au code de la nationalité qui lui se contente du simple minimum que l’un des deux parents soient Ivoiriens et cela en ces termes : "est Ivoirien l’enfant légitime ou légitimé né en Côte d’Ivoire, sauf si ses deux parents sont étrangers ou l’enfant né hors mariage en Côte d‘Ivoire, sauf si sa filiation est légalement établie à l’égard de ses deux parents ou d’un seul parent étranger ou l’enfant légitime ou légitimé né à l’étranger d’un parent Ivoirien ou encore l’enfant né hors mariage et dont la filiation est établi à l’égard d’un parent Ivoirien (articles 6 et 7)".

D’où vient alors que l’on crée de toutes pièces une catégorie ultra privilégiée d’Ivoiriens qui auraient seule le droit d’être candidats à l’élection présidentielle ? C'est-à-dire l’enfant né Ivoirien d’origine de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens. Ce concept comporte donc en son sein les germes d’une pernicieuse opposition des populations susceptibles de rompre l’harmonie nationale dont la mission n’a été rendue possible, à mon sens, par le jeu des manipulations politiciennes aux objectifs inavoués. (…) Nous avons dès lors relevé que ce texte était perfide et mauvais. (…) En l’appliquant par devoir de juge, nous avons en même temps reconnu que dans sa disposition essentielle, dans l’espoir que l’avenir permette d’en relever les aspérités. (…) Aussi m’apparaît-il judicieux de dire au chef de l’Etat, du haut de cette tribune, que dans sa quête inexorable d’harmonie et d’équilibre sociale, donc de réconciliation, qu’il prenne en compte cet aspect pernicieux de notre loi fondamentale qui est l’un des points d’achoppement, de clivage de nos populations. Un comité de réflexion et de réforme constitutionnelle doit être mis en place pour l’entame de l’importante tâche (…). »

 

Source : Le Patriote 11 février 2013

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 22:33

Aujourd’hui, la parole à Yayi Bony, chef de l'Etat béninois et président en exercice du Conseil de l'Entente  :

 

« Le Conseil de l'Entente est né du souci et de la détermination de ses pères fondateurs de donner espoir à leurs peuples dans leur légitime aspiration pour réaliser une intégration sous-régionale, gage de sécurité, de paix, de stabilité et de prospérité ». (Propos tenus lors du Sommet des chefs d'Etat des pays membres du Conseil de l’Entente à Niamey, le 17.12.2012)

Source : Le Démocrate 18 décembre 2012

 

commentaire

Créé le 29 mai 1959, « en présence du haut commissaire de France en Côte d'Ivoire », le Conseil de l'Entente n’avait, à son origine, aucunement vocation à « donner espoir aux peuples des pays membres dans leur légitime aspiration etc. », bien au contraire ! Quand on considère les circonstances de sa fondation, les motifs et le mobile de son principal instigateur, du moins son instigateur apparent, Félix Houphouët, le Conseil de l'Entente apparaît comme la réduction, à l’échelle sous-régionale, du champ de la diplomatie néocolonialiste en Afrique, autrement dit : la Françafrique. Le rôle qu'y tenait Houphouët n'était qu'un rôle d’intermédiaire. Et telle était bien sa position sur l'échiquier africain. En matière de relations interafricaines, la Côte d’Ivoire d’Houphouët n'a jamais fait sa propre politique, mais elle a toujours fait la politique de la France et de ses alliés. A preuve, « le secrétariat administratif du Conseil de l'Entente (n'était) constitué que d’expatriés » (Vamoussa Méité, La politique africaine de la Côte d’Ivoire, Thèse, Paris X, 1980). C’est l’occasion de rappeler ce qu’un ancien chargé de mission au cabinet d’Houphouët confiait à Didier Dépry au lendemain du grand massacre de la jeunesse ivoirienne devant l’hôtel Ivoire, en novembre 2004 : « Le véritable Président de la Côte d’Ivoire, de 1960 jusqu’à la mort d’Houphouët, se nommait Jacques Foccart. Houphouët n’était qu’un vice-président. C’est Foccart qui décidait de tout, en réalité, dans notre pays. Il pouvait dénommer un ministre ou refuser qu’un cadre ivoirien X ou Y soit nommé ministre. C’était lui, le manitou en Côte d’Ivoire. Ses visites étaient régulières à Abidjan et bien souvent Georges Ouégnin lui cédait son bureau pour recevoir les personnalités dont il voulait tirer les oreilles ». (Notre Voie 10 septembre 2011).

Dans sa contribution à l’ouvrage collectif « Etat et bourgeoisie en Côte d'Ivoire »* intitulée « L'insertion ivoirienne dans les rapports internationaux », le politologue Daniel BACH évoque les circonstances politiques qui ont entouré la création du Conseil de l’entente.  Ainsi replacé dans le contexte de l’époque, la vraie nature de cet organisme et le rôle auquel le destinaient ses créateurs apparaissent en pleine lumière : c’était avant tout une machine destinée à empêcher que le Dahomey, le Togo et le Niger n’adhèrent à la Fédération du Mali comme ils en avaient exprimé le désir :

« Lorsqu'en 1958 Houphouët-Boigny participe en tant que membre du Comité constitutionnel consultatif à la préparation du projet de constitution pour la Cinquième République, il reste en faveur d'une organisation rigide des rapports franco-africains, car son objectif est toujours de constituer avec la France un « Etat multinational avec un groupement fédéral et des assemblées fédérales centrales » (Cité dans Agence France-Presse, Bulletin d'Outre-Mer, 24-25 mai 1959). Le texte constitutionnel qui est adopté par référendum le 28 septembre 1958 ne reflète qu'en partie les conceptions du leader ivoirien. Le général de Gaulle avec qui il entretient des rapports personnels réguliers a toutefois apporté un soutien non négligeable au point de vue ivoirien en présentant de manière dichotomique le choix offert aux territoires de la France d'Outre-Mer lors du référendum du 28 septembre, faire « sécession » et rompre tous liens avec la France ou accepter la nouvelle communauté. La possibilité d'une accession à la souveraineté internationale dans le cadre de la communauté est exclue. Cependant, en dépit de ses aspects rigides, le nouveau cadre institutionnel ne paraît préluder en aucune manière à la formation de la structure fédéraliste souhaitée par Houphouët-Boigny. Au début de l'année 1959, les projets de formation d'une fédération du Mali regroupant le Dahomey, la Haute-Volta, le Soudan (Mali) et le Sénégal conduisent Houphouët-Boigny à réagir avec force.

Les auteurs de cette initiative cherchent en effet à promouvoir le développement de relations de solidarité horizontale (« fédération primaire ») que Houphouët-Boigny considère susceptibles d'affaiblir les rapports verticaux avec la France mais aussi et surtout d'isoler la Côte-d'Ivoire en Afrique de l'Ouest. Appuyé par la France, Houphouët-Boigny suscite donc la création d'une organisation rivale en mai 1959 : le Conseil de l'Entente qui va regrouper le Dahomey et la Haute-Volta aux côtés du Niger et de la Côte-d'Ivoire (W. J. FOLTZ, 1965 ; p. 107-112). Seuls le Soudan (Mali) et le Sénégal restent alors partie prenante au projet de la fédération du Mali. L'institution du Conseil de l'Entente, entièrement tourné vers la préservation des chances d'une fédération franco-africaine, s'avère bientôt de peu d'importance pour prévenir un relâchement des rapports institutionnels franco-africains que, pragmatique, le général de Gaulle amorce lui-même; il agrée en décembre 1959 la possibilité d'une accession à l'indépendance des Etats de la fédération du Mali dans le cadre de la Communauté, portant ainsi un coup fatal à l'idéal franco-africain du président ivoirien. Ainsi que le note plus tard une biographie officieuse d'Houphouët-Boigny,

 

« ...Le président de la V° République avait donc administré à son ancien ministre d’Etat le plus solennel, et probablement involontaire, camouflet qu'on pût imaginer en rejetant définitivement ses propositions » (SIRIEX, 1975 (188) ; de cet épisode Houphouët-Boigny dit lui-même : « J'ai attendu en vain sur le parvis de la fédération avec mes fleurs fanées. a Fraternité, 3 juin 1960).

 

Confrontés à ce désaveu, Houphouët-Boigny et les autres leaders du Conseil de l'Entente demanderont au président français l'accession de leurs pays à l'indépendance, refusant de continuer à faire partie d'une Communauté « qui ne serait qu'un Commonwealth ». La Côte d'Ivoire s'oppose également à l'ouverture de négociations sur les accords de coopération avec la France avant que l'indépendance ait été acquise. Ainsi, c'est presque par accident que la Côte-d'Ivoire accède à la souveraineté internationale en août 1960 parce que la politique coloniale de la France a connu une évolution qu'Houphouët-Boigny s'était vainement employé à combattre en tant que membre du gouvernement français. L'accession de la Côte-d'Ivoire à l'indépendance n'opère toutefois aucune rupture dans les flux de relations avec la France. Ceux-ci restent d'autant plus denses que, comme pour la plupart des Etats africains francophones, ils sont prorogés dans leur substance par les accords de coopération signés avec la France en 1961. L'originalité du cas ivoirien tient à ce que la dynamique des relations maintenues ne relève ni des pesanteurs du passé ni de contingences politiques et économiques à court terme, mais d'une stratégie globale arrêtée en premier et en dernier ressort par Houphouët-Boigny. Le ministère des Affaires étrangères et les différentes instances du PDCI, s'ils sont associés à nombre de décisions prises, interviennent en tant que relais, au stade de leur exécution, ou, de manière symbolique, afin de conférer une légitimité et une assise populaire aux décisions présidentielles. »

 

(*) - Y.-A. Fauré et J.-P. Médard (sous la direction de), Karthala 1982 ; (pp. 91-92).

 

Pour en savoir plus sur cette question, on peut aussi consulter :

« La politique africaine d’Houphouët-Boigny » de Jacques Baulin ; « Félix Houphouët et la Côte d’Ivoire. L’envers d’une légende » de Marcel Amondji.

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 22:21

Aujourd’hui, la parole au Burlopsc :

Le président du Pdci-Rda, son excellence Aimé Henri Konan Bédié, sera célébré, demain samedi, à l’espace Cristal en zone 4. La Fondation Yéti, en collaboration avec le Bureau des leaders d’opinion de la société civile de Côte d’ivoire (Burlopsc.ci), qui en sont les initiateurs, «voudraient saluer l’esprit de pardon, de paix d’un homme qui aura, de par sa vision politique, sauvé la Côte d’Ivoire en 2010 lors du deuxième tour de l’élection présidentielle en soutenant l’actuel président de la République, Son excellence Alassane Ouattara, démocratiquement élu face à l’ex chef de l’Etat Laurent Gbagbo accroché pourtant au pouvoir», indique Sita Coulibaly, présidente de la Fondation Yéti. Selon Alexandre Loh Guida, porte parole de Burlopsc.ci, le samedi 15 décembre prochain sera une date référence en Côte d’ivoire, qui immortalise désormais le président Henri Konan Bédié. «Un homme d’une telle aura, mérite qu’on le salue et qu’on le célèbre, aujourd’hui et toujours. Disons lui merci d’avoir soutenu le président de la République Alassane Ouattara, dont ses conseils avisés commencent à porter leurs fruits en moins de deux ans de mandat malgré les importants dégâts dus à la longue crise militaro-politique de dix ans», affirme-t-il.

D’après Diarrassouba Sory

Titre original : « Hommage et reconnaissance : Le président Bédié célébré, demain samedi »

Source : Le Nouveau Réveil 14/12/2012 

 

Burlopsc… Vous avez dit Burlopsc ? Comme c’est burlesque !

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 22:56

Aujourd’hui, la parole à Michel Amani Nguessan

 

« C’est la France, en sa qualité d’ancienne puissance coloniale, qui prend les résolutions s’agissant de la Côte d’ivoire au Conseil de sécurité, nous ne pouvons rien contre cela. Nous sommes venus faire de la politique, les gens nous ont renversés en faisant de la politique, Michel-Amani-Nguessan.jpegchacun est dans son rôle. Ils étaient avec nous, Premier ministre, ministres et nous ont renversés… ». (Propos tenus lors de la Rencontre Fpi-Résistance patriotique ivoirienne de France, cités par Zago Madou, La Dépêche d'Abidjan 8 Décembre 2012)

 

Hé Dieu ! Et dire que ce déhonté défaitiste était notre ministre de la Défense pendant la « crise postélectorale »…

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:49

Aujourd’hui, la parole à Jeannot Ahoussou Kouadio

 

« Le président Bédié reste et demeure un homme d’Etat de grand calibre qui a fait preuve de don de soi. Pour sauver la Côte d’Ivoire, il a renoncé au pouvoir en 1999 sans verser le sang des Ivoiriens. En 2010, il a renoncé à aller jusqu’au bout dans sa contestation des résultats et a préféré appeler à voter pour son jeune frère, le président de la République Alassane Ouattara. Ajouter à cela tout ce qu’il a vécu lors du blocus du Golf. Dans le monde, il n’existe pas beaucoup d’hommes politiques capables de renoncer à leurs ambitions de cette manière. Pour la paix, pour les Ivoiriens, Bédié s’est sacrifié. Je suis donc venu me ressourcer auprès de lui parce que c’est une source où il faut s’abreuver. (Le Nouveau Réveil 30 novembre, 2012)

 

 

Commentaire

 

Hé tchia !…

Donc, Ahoussou, d’après toi, le 24 décembre 1999, Bédié a renoncé au pouvoir de lui-même ; personne ne l’a poussé dehors sous la menace de ses fusils ; et lui n’a jamais appelé au soulèvement populaire contre un certain « zozo » qui venait de prononcer sa déchéance, au risque de provoquer un bain de sang parfaitement inutile, s’il s’était trouvé des gens assez sots pour répondre à son appel ! Non. Ce jour-là, le « grand calibre » s’est levé tranquillement, et il a dit à sa femme :

 

« Henriette, fais les bagages, on quitte. On s’en va à Paris, dans notre appartement de la rue Beethoven. Mais, d’abord, on va aller fêter le réveillon avec les Français dans leur 43e BIMa-là ; ils ont toujours du bon champagne. Après ils vont nous prendre dans leur hélicoptère jusqu’à Lomé, et puis on continuera par avion… ».

 

Mais, mon pauvre Ahoussou, qui crois-tu tromper avec de telles sornettes ?

Nous avons tous vu et entendu ton …« homme d’Etat de grand calibre » pendant ces journées fatidiques où sa vanité, sa mesquinerie et sa couardise se combinèrent pour produire le cocktail détonnant qui devait jeter la Côte d’Ivoire dans la série de malheurs dont il avait prétendu nous protéger avec le fumeux concept HKB-arrivant-a-l-Assemblee-nationale-le-22-decembre-1999.JPGd’ivoirité. Et nous ne sommes pas les seuls ; le monde entier l’a vu et entendu. En voici quelques preuves, glanées dans la presse française de l’époque :

*« Retranché dans la résidence d’Houphouët avec des membres de sa famille et plusieurs collaborateurs civils et militaires, Bédié se montre de plus en plus irrité. » (Jeune Afrique hors-série n°2, Janvier 2000)

  

*« H.K. Bédié, réfugié à l'ambassade de France, lance un appel à la résistance sur les ondes de RFI. Il accuse le général Guéi de "tentative de coup d'Etat", le qualifie de "zozo" et dénonce son putsch comme "grotesque". » Philippe Decraene (Afrique contemporaine N° 193, 1er trimestre 2000, Dossier Côte d'Ivoire).

*« Pathétique aussi cet appel à la résistance que lança le 24 décembre Bédié sur les ondes de Radio France Internationale, en comptant sur un sursaut de la gendarmerie, supposée fidèle. "En ma qualité de président de la République démocratiquement élu et en relation avec les forces loyales majoritaires, je condamne énergiquement cette tentative de coup d'Etat militaire et j'en appelle à l'opinion nationale et internationale pour condamner ce coup de force", lance Bédié sur RFI. Un Bédié qui y croit encore : "J'invite tout particulièrement les forces vives de Côte d'Ivoire, tant militaires, civiles que traditionnelles, à résister et à mettre tout en œuvre pour s'opposer par tous les moyens et faire échec rapidement à cette tentative grotesque et rétrograde de coup d'Etat militaire. J'appelle toutes les forces vives, tous les commissaires de la République, préfets, sous-préfets, tous les élus, maires, députés, la société civile et toutes les populations du pays profond à organiser, pour une fois en Afrique, la résistance". » R-J Lique (« Comment le dauphin de Félix Houphouët-Boigny, qui inventa la désastreuse "ivoirité", a foncé droit dans le mur sous les yeux ébahis de la France - Partie 10/10 » - afrique-express.com)

  

Pour le reste, tu as tout à fait raison : il n’existe pas beaucoup d’hommes politiques capables de renoncer à leurs ambitions de cette manière, c’est-à-dire, cadeau !, comme on dit vulgairement. Pourquoi ? Parce que quand un homme d’Etat, et surtout un chef d’Etat, renonce à sa fonction, c’est toujours pour une bonne raison, mais (presque) jamais pour une raison de convenance personnelle, encore moins par générosité ou je ne sais quoi… Renoncer de la manière dont tu prétends que Bédié l’a fait, c’est ce que ferait un passeur qui abandonnerait au milieu du gué ceux qui lui ont confié leur vie. Pour le dire d’un mot, c’est trahir ! Et, depuis son arrivée à Paris après son éviction par Robert Guéi et consort jusqu’à ce jour, la posture (im)morale de Bédié, ses actes, ses paroles, sont autant de trahisons de ce qu’il claironnait du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le 22 décembre 1999. Rappelle-toi :

  

« La citoyenneté est la pierre angulaire de la démocratie et de la souveraineté nationale. La démocratie n’est pas le libre cours laissé à des minorités violentes qui veulent imposer leur point de vue en dépit des lois. Par exemple, vouloir empêcher l’application de dispositions constitutionnelles ou le déroulement régulier d’un scrutin ne sont pas, c’est le moins qu’on puisse dire, des actes démocratiques. Les changements démocratiques ne s’obtiennent pas par la violence et dans la rue mais pacifiquement dans les urnes. Deuxième point : La citoyenneté est la pierre angulaire de la démocratie et de la souveraineté nationale. Même si, dans certains pays, l’on a récemment étendu le droit de vote à certains non nationaux (lors de scrutins locaux, à titre expérimental), la citoyenneté, c’est-à-dire la capacité de voter et de se présenter aux suffrages, est fondamentalement et, pourrait-on dire, consubstantiellement attachée à la nationalité. A plus forte raison lorsqu’il s’agit de la candidature à la magistrature suprême. C’est parce que la Côte d’Ivoire est un pays d’accueil largement et généreusement ouvert qu’il a paru au législateur qu’il était nécessaire que la nationalité des candidats découle à la fois du droit du sol et du droit du sang, c’est-à-dire à la fois de la naissance sur le territoire national et de la filiation. Quoi de plus logique et de plus naturel ?

L’intégration à la communauté nationale est un processus et non pas le résultat d’un coup de baguette magique à effet instantané. A fortiori est-il concevable, et même convenable, quoi qu’on puisse juridiquement le faire, de chercher à tirer parti, de façon la plus intéressée, d’une éventuelle appartenance à plusieurs nationalités ? Quelles sont ces personnes qui se disent Ivoiriennes les jours pairs et non Ivoiriennes les jours impairs ? N’y a-t-il donc pas, dans nos formations politiques, assez de personnalités ivoiriennes présentant les qualités requises pour être des candidats valables à l’élection présidentielle ? Oserais-je ajouter que dans les pays où certains se donnent volontiers en modèles, voire en censeurs, il existe des dispositions légales semblables aux nôtres et qui s’appliquent aux conditions de l’éligibilité à la magistrature suprême.

C’est ce lien fort entre nationalité et citoyenneté qui fonde la souveraineté et l’indépendance de la Nation. Aujourd’hui, cette souveraineté et cette indépendance sont grossièrement mises en cause par des personnes et des organisations qui s’arrogent la faculté de décider de ce qui est bon pour les Ivoiriens. Nos aînés n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences inacceptables. C’est aux Ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la Nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable. » (Fraternité Matin 23 décembre 1999).

  

Mais tu vas peut-être me dire que, ce jour-là, Bédié n’était pas vraiment lui-même. Là, pas de problème, je te crois sur parole.

 

Marcel Amondji

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 20:59

Aujourd’hui, la parole à Abel Doualy, éditorialiste à Fraternité Matin.

 

« Que c’est beau pour un chef de communier avec ses hommes ! Surtout lorsqu’il s’agit d’un chef pas comme les autres ! Un Chef d’Etat comme disait Félix Houphouët-Boigny, c’est comme le capitaine dans l’eau, cette substance vitale dont personne ne peut se passer. Le peuple est pour le Chef de l’Etat la substance essentielle qui lui confère force et légitimité. De même que ce peuple attend, en retour, que le chef lui apporte la joie de vivre, les solutions aux problèmes qui l’assaillent, aux maux qui le rongent. Toute une dialectique, celle du maître et de l’esclave de Friedrich Hegel. Ce philosophe allemand a fait remarquer qu’entre le maître et l’esclave, il y a l’indispensable et indéniable lien d’interdépendance, d’assujettissement mutuel, avec, chacun dans son rôle. S’il est clair que l’esclave est sous l’autorité du maître de qui il obtient ses moyens de subsistance, il n’en est pas moins vrai que sans l’esclave, le maître est réduit à jouer le rôle de ce dernier. Il sera, dès lors, son propre maître et son propre esclave. C’est cette relation qui lie un chef à ses hommes, j’allais dire à ses sujets. C’est ce lien qui existe entre un Président de la République et son peuple considéré, mises à part ses colorations politiques, comme son mandant. C’est-à-dire, celui qui lui a délégué son pouvoir pour l’exercer afin que tous en tirent profit. Car tout le monde ne peut être chef à la fois. Il faut bien qu’un soit oint du suffrage des autres et qu’il agisse en leur nom et pour leur bien. C’est le sens du fameux « je suis le Président de tous les Ivoiriens ; de tous les Sénégalais ; de tous les Français ; de tous les Guatémaltèques, etc.… », qu’aiment bien utiliser les Chefs d’Etat dans leur discours. Une fois le jeu électoral terminé (car ce n’est qu’un jeu comme il y en a tant d’autres avec, toujours, un vainqueur et un vaincu), le peuple retrouve son unité, sa cohésion dans la différence des uns et des autres. Et se (re)met, passez-moi l’expression, à la disposition de celui qui a été élu. Puis la vie reprend son cours normal. Le Président élu peut alors sillonner son pays, visiter son peuple de l’est à l’ouest ; du nord au sud, sans oublier, bien entendu, le centre. C’est ce qui s’est passé à l’ouest, il y a quelques mois. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment au nord-est, dans le District du Zanzan. (…). Ces occasions, ces visites, quoique coûteuses, sont à multiplier. Car elles permettent aux populations de communier avec leur chef et de se sentir, ainsi, honorées. » (Abel Doualy : « Effacer les traces de la crise », Fraternité Matin 30 Novembre 2012).

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 13:54

Aujourd'hui, la parole à la FUAP (Force universitaire d'appui au Pdci)

 

« L’Houphouétisme, (…), a quelque chose de mystique qui le rapproche de l’esprit des religions révélées : le christianisme issu de l’humanisme judéo-grec, l’islam. L’UNESCO a consacré la valeur universelle de l’houphouétisme avec le prix international Félix Houphouët-Boigny pour la Paix. Sémaphore, Houphouët continue de nous parler outre tombe. »

Le Patriote 06 octobre 2010

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 23:14

Aujourd’hui, la parole à Jean Gobert Tanoh

 

« Quand le destin d’un homme met à mal le cours de l’histoire d’un pays pendant des années, en emportant trois pouvoirs successifs (Bédié, Guéï, Gbagbo) frappés d’immobilisme conceptuel, comment ne pas voir dans ce visage, celui d’Alassane Ouattara, le lieu d’un discours substantiel que notre incapacité transcirconstancielle empêche d’entendre dans sa plus totale clarté pour faire émerger l’unité anhistorique de la diversité humaine dont seule une conscience politique enracinée dans le mouvement essentiel du devenir peut saisir l’esthétique existentielle. Parler d’Alassane Ouattara dans un rapport à l’universalité du sens essentiel, qui confère aux particularités existentielles la plénitude de leur donation, tel est l’aiguillon, absolument formidable de la méditation du Pr Dibi que donne à voir cet excellent texte, intitulé : "A leurs fruits, Vous les reconnaîtrez". Faut-il en conclure qu’il y a là un éloge puéril digne des pures vociférations populaires ? Sans doute non ! C’est l’écoute recueillie et recueillante de l’unique lieu, où se dit l’épaisseur de l’être de l’homme : le visage de l’autre. Celui qui sait se recueillir avec le Pr Dibi constate qu’il y a une constance chez lui, la convocation constante d’une parole fondatrice et essentielle : L’ECRITURE SAINTE. En novembre 2010, entre les deux tours de l’élection présidentielle, il publiait déjà un texte tout aussi excellent que les autres, intitulé : "La pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue angulaire", faisant référence au Psaume 118, 22. (Nord-Sud Quotidien 26 novembre 2012) 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 23:18

Aujourd’hui, la parole à Marc Dossa, journaliste

 

Vous croyiez que c’est à cause d’une mésentente entre les membres de la Commission des lois que le gouvernement a été dissous. Eh ! bien, vous aviez tout faux ! Voici la vérité vraie : c’est parce que Kafana Koné est trop vieux, Matto Loma Cissé valétudinaire, et parce que Ouattara gardait, depuis 15 mois !, un chien de sa chienne à Souleïmane Diakité Coty …que Jeannot Ahoussou Kouadio  et neuf autres de ses ministres ont dû rendre leur tablier.

 

« Les raisons qui ont amené le président Ouattara à se séparer de ses « lieutenants », varient d’un ministre à un autre. Selon nos sources, c’est parce qu’il a trouvé Kafana Koné quelque peu diminué par le poids de l’âge, qu’il a choisi de l’enlever du gouvernement. Concernant Souleïmane Diakité Coty, il paierait enfin pour l’affaire Pascal Brou Aka. Alors que le chef de l’Etat était rentré, en août 2011, d’un voyage aux Etats-Unis, il n’y avait eu aucune équipe de la télévision ivoirienne à l’aéroport pour recueillir ses propos. Un manquement qui a amené le président Ouattara, à l’époque des faits, à limoger le patron de la télévision nationale Pascal Brou Aka. Même si le président avait laissé la vie sauve à ce membre fondateur du Rdr, il se savait en sursis. Surtout que globalement, en ce qui concerne la restructuration des médias d’Etat (Radiodiffusion-Télévision ivoirienne, Fraternité Matin, Agence ivoirienne de presse), les attentes d’Alassane Ouattara tardent à être comblées par un ministre pas tout à fait disposé à aller au charbon comme un Cissé Bacongo, par exemple. Autre ministre, autre explication. S’agissant de la magistrate Matto Loma Cissé, entrée au gouvernement il y a à peine huit mois, c’est son état de santé qui aurait motivé son remplacement. Pas en très bonne forme, elle aurait manqué les deux derniers conseils des ministres. Vu que le département de la Justice demande de la part de son titulaire une débauche d’énergie, notamment pour gérer les épineux dossiers des crimes postélectoraux, Alassane Ouattara a convaincu l’ancienne présidente de la Commission nationale d’enquête (Cne) de valoir (sic) ses compétences ailleurs qu’au gouvernement. » (Marc Dossa : « Kafana Koné, Matto Cissé, Konaté, Flindé… Les vraies raisons de leur limogeage », Nord-Sud Quotidien 24 novembre 2012).

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