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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 23:27

"Houphouët : il y a 18 ans"

Nord-Sud 07 décembre 2011 

 

"Il y a 18 ans que le père de la nation, Félix Houphouët-Boigny tirait sa révérence. Occupés à battre campagne sur fond de rivalités « familiales », ses disciples pourront-ils, cette année, lui rendre hommage comme ils ont pris l’habitude de le faire ? Difficile de le dire. Pour rappel, c’est le 7 décembre 1993 (date à laquelle était commémorée la fête d’indépendance) que le premier président ivoirien a quitté le monde des vivants."

 

***

Voilà donc tout ce qu’il en reste, même chez ceux qui ont fait de son nom et de son image leur fonds de commerce… Ils font comme si…, mais on voit bien que le cœur n’y est plus. Sinon, comment comprendre qu’en ce dix-huitième anniversaire de sa mort, les journaux proches du « Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix » (Rhdp), y compris le gouvernemental Fraternité Matin, ne lui aient consacré que quelques lignes au bas d’une page intérieure ? Contrairement à ce que dit le quotidien Nord-Sud, proche des soi-disant « Forces nouvelles », ce n’est pas seulement à cause de la campagne des législatives qui vient de commencer dans une remarquable indifférence des populations. La réalité, c’est que dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, à part l’ambassadeur Jean-Marc Simon – et encore ! –, personne n’a vraiment intérêt à se réclamer d’Houphouët.

Marcel Amondji

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 10:10

Un de mes bons amis parisiens m'a envoyé récemment une coupure du « Canard Enchaîné » du 20 avril 2011 avec cet écho d'un conseil des ministres qui fut l'occasion pour ces messieurs-dames, à commencer par le président Sarkosy soi-même, de beaucoup rire aux dépens de Laurent Gbagbo qu'ils se préparaient à renverser.

[…].
Au cours du même Conseil, le chef de l'Etat s'est envoyé des tombereaux de fleurs, à propos de la Côte d'Ivoire. Et c'était avant même l'arrestation de Gbagbo. « Notre politique étrangère dans ce pays fait l'honneur de la France, a-t-il affirmé. Les chefs d'Etat africains sont d'accord avec nous. Laurent Gbagbo est en état de folie, on ne peut comparer sa folie qu'à celle de sa femme. Il est menteur et retors. »
Curieusement, il a ajouté : « Il ne faut pas oublier que Gbagbo est catholique et que Ouattara est musulman. Le fait de soutenir le second est un signe d'ouverture de notre part. »
Sarkosy a poursuivi : « Gbagbo, ne l'oublions pas, c'est celui qui a emprisonné son équipe nationale de football parce qu'elle avait perdu un match ! »
Fillon, ironique : « Monsieur le Président, c'est aussi la tentation, parfois, de Chantal Jouanno. »
Eclats de rire autour de la table du conseil : « Attention, s'est écrié Sarko, ça va sortir dans la presse. »
C'est fait.
Pauvres de nous ! Comme ça, sous prétexte d'y « rétablir la démocratie », ces rigolos ont déchaîné l'apocalypse sur la Côte d'Ivoire et fait massacrer des milliers de jeunes Ivoiriens, civils et militaires, alors qu'ils ignoraient totalement ce qui s'y était vraiment passé !
Moi, ce qui m'aurait fait rire s'il ne s'agissait pas d'une affaire si grave et qui, en tant qu'Ivoirien, me touche de si près, c'est qu'autour de Sarkosy et de Fillon – et au « Canard Enchaîné » non plus, apparemment – il ne s'est trouvé personne pour leur dire que ce n'est pas Gbagbo, mais le général putschiste Robert Guéi qui avait « emprisonné son équipe nationale de football parce qu'elle avait perdu un match ! »
Goethe disait : « Il n'y a rien de plus terrible que l'ignorance agissante ».
Marcel Amondji
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 14:06

Comme la vérité sait s’inviter dans une cérémonie même lorsqu’elle a été organisée tout exprès pour l’étouffer !

Le discours de Nicolas Sarkozy devant les résidents français rassemblés sur la base du 43e BIMa – ce truc qu’on n’ose plus appeler par son nom – n’était qu’un tissu de mensonges déhontés, comme aurait dit le regretté Kourouma. Mais, par ce caractère même, il constitue un cynique aveu de ce que lui et ses clients de la sous-région considèrent comme l’enjeu de cette crise ivoirienne dont il était venu célébrer la fin miraculeuse ; un miracle auquel, apparemment, il croit si peu lui-même qu’il a déjà décidé, avant toute négociation avec ADOLF, de maintenir ad aeternam des troupes d’occupation en Côte d’Ivoire.

Mais c’est toutefois Henriette Diabaté qui nous donna la plus belle preuve de ce que cette cérémonie signifiait en réalité pour elle, pour son héros et pour le premier des Français, leur invité d’honneur, quand elle faillit donner à l’heureux élu de la Communauté internationale, du « Monsieur le préfet » au lieu de « Monsieur le président »

Quant à ce dernier, il n’a pas eu un seul mot pour Guillaume Soro, son Premier ministre et le chef de son armée, à qui il doit tant, ni pour son père à qui il ne doit pas moins... Pour Soro, on peut comprendre : le jour où l’on célèbre la victoire de la démocratie, il fallait absolument éviter de prêter le flanc à ceux qui parlent de coup d’Etat... On s’explique moins le silence sur le nom du père, d’autant que le héros du jour tint à rappeler celui de sa mère, hadja Nabintou Cissé, regrettant même qu’elle ne fût pas là pour voir son triomphe.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures, vous demandez-vous ? Eh ! bien, rappelez-vous cette vieille histoire de « ET » et de « OU »… et vous comprendrez pourquoi l’élu de la communauté internationale n’a pas convié le fantôme de son Voltaïque de père à son investiture : il fallait absolument éviter de prêter le flanc à ceux qui disent qu’il est le président de l’étranger…

Marcel Amondji (22 mai 2011)

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 17:51

 

Sous le titre « Pacification de la Côte d’Ivoire », l’image montre des citoyens allongés sur le sol dans la rue quelque part dans Abidjan. Devant eux, debout, trois ou quatre individus tous armés ; l’un d’eux, sans doute le chef de la bande, tient en plus dans sa main droite une chicotte dont il frappe violemment l’un des citoyens à terre malgré ses supplications…

 

Les personnes de mon âge et plus ont dû éprouver d’étranges sensations en regardant cette image. Alors on n’en faisait pas des photographies, encore moins des photographies en couleurs, mais de telles scènes étaient, pour ainsi dire, le pain quotidien de nos pères. En ce temps-là, c’était le travail de ceux que nous appelions avec mépris les « gardes froko », ces exécuteurs des basses œuvres des commandants auxquels, il y a cinquante et un ans l’indépendance avait substitué nos sous-préfets et nos préfets…

 

« Pacification de la Côte d’Ivoire », c’est le titre du livre dans lequel le sanguinaire gouverneur Angoulvant croyait justifier ses crimes contre les Baoulé, les Abbey, les Tchaman et quelques autres peuples de cette contrée dont ses compatriotes convoitaient les terres, les forêts et la force de travail. C’était en 1911, il y a tout juste cent ans… 

 

Et nous sommes indépendants depuis cinquante et un ans. Cinquante et un ans pendant lesquels, à contempler un tel spectacle, nous n’aurions donc fait que tourner en rond jusqu’à retomber dans l’époque d’Angoulvant et des « gardes froko ».

 

Marcel Amondji (14 avril 2011)

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