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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 12:01

Extrait du discours de Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen National Democratic Congres (NDC), devant le 24e congrès de l’Internationale socialiste à Cape Town (Afrique du Sud) du 30 août au 14 septembre 2012.

 

« Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana ; mais nous la prenons pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin : la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès : Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde. Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans.

 

Quels étaient les objectifs de cette rébellion ? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné ? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée.

 

Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

 

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Libye de Kadhafi, la Cedeao, l’UA ; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine autodétermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive. Camarades, notre délégation est indignée de savoir que le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

 

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune ? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun porte-voix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’œil sur le Rapport MBeki concernant la situation ivoirienne.

 

Le Président MBeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade MBeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle œuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

 

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie ; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays. Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néocolonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

 

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

 

Je vous remercie de votre attention. »

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:40

Il a suffi d'un message aux diplômés de première année de l'Institut de sciences médicales "Victoria de Girón" pour que le poulailler de la Fidel-Castro-Ruz-le-21-octobre-2012---copyright-Al-copie-1.jpgpropagande impérialiste s'affole et que les agences de presse se repaissent du mensonge. Pour comble, leurs dépêches avaient colporté au sujet du patient les sottises les plus insolites.

 

Le journal espagnol ABC avait ainsi rapporté les propos d'un médecin vénézuélien, établi on ne sait où, révélant que Castro aurait souffert d'une embolie massive de l'artère cérébrale droite. "Je peux affirmer que nous n'allons pas le revoir en public", a-t-il déclaré. Ce soi-disant médecin qui n'hésiterait pas à abandonner ses compatriotes a qualifié l'état de santé de Castro de "très proche de l'état neurovégétatif".

 

Même si bien des gens dans le monde sont trompés par les médias, presque tous aux mains des privilégiés et des riches, qui publient ces bêtises, les peuples y croient de moins en moins. Personne n'aime qu'on le trompe. Même le menteur le plus incorrigible espère qu'on lui dise la vérité. Tout le monde a cru, en avril 1961, les nouvelles publiées par les agences de presse, affirmant que les envahisseurs mercenaires de Girón ou de la Baie des Cochons, suivant le nom qu'on veuille lui donner, arrivaient à La Havane, alors qu'en réalité certains d'entre eux tentaient sans succès d'accoster en bateaux sur les navires de guerre yankees qui les escortaient.

 

Les peuples apprennent, la résistance grandit face aux crises du capitalisme qui se répètent de plus en plus souvent ; aucun mensonge, aucune répression, aucune arme nouvelle ne pourront empêcher l'effondrement d'un système de production toujours plus inégal et injuste.

 

Il y a quelques jours, peu avant le cinquantième anniversaire de la "crise d'octobre" [1962], les agences ont désigné trois coupables : Kennedy, qui était récemment arrivé à la tête de l'empire, Khrouchtchev et Castro. Cuba n'a joué aucun rôle dans la diffusion de l'arme nucléaire ni dans la tuerie inutile d'Hiroshima et de Nagasaki perpétrée par le président des Etats-Unis, Harry S. Truman, tuerie qui a eu pour effet d'établir la tyrannie atomique. Cuba défendait son droit à l'indépendance et à la justice sociale.

 

Quand nous avons accepté l'aide soviétique en armes, en pétrole, en aliments et autres ressources, c'était pour nous défendre des projets yankees d'invasion de notre Patrie, soumise à une guerre sale et sanglante que ce pays capitaliste a mené contre nous dès les premiers mois et qui s'est soldée par des milliers de morts et de mutilés cubains.

 

Lorsqu'au nom de la solidarité Khrouchtchev nous a proposé d'installer des projectiles de moyenne portée, semblables à ceux que les Etats-Unis avaient en Turquie – un pays encore plus proche de l'URSS que Cuba ne l'est des Etats-Unis –, Cuba n'a pas hésité à prendre ce risque. Notre conduite a été éthiquement sans tache. Nous ne demanderons jamais pardon à qui que ce soit pour ce que nous avons fait. Une chose est sûre, un demi siècle a passé et nous sommes toujours là, la tête haute.

 

J'aime écrire et j'écris ; j'aime étudier et j'étudie. Il y a beaucoup à faire dans le domaine de la connaissance. Jamais les sciences, par exemple, n'ont avancé à une vitesse aussi étonnante.

 

J'ai cessé de publier mes Réflexions, car ce n'est certainement pas mon rôle d'occuper les pages de notre presse, qui se consacre à d'autres tâches dans l'intérêt de notre pays.

 

Oiseaux de mauvais augure ! J'ai même oublié ce que c'était que d'avoir mal à la tête. Pour vous prouver combien ils sont menteurs, je vous offre les photos qui accompagnent cet article.

 

Fidel Castro Ruz - le 21 octobre 2012

Source : Le Courrier international 22 octobre 2012

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 09:31

Le mouton est mal placé pour juger ; aussi voit-on que le berger de moutons marche devant, et que les moutons se pressent derrière lui ; et l'on voit bien qu'ils croiraient tout perdu s'ils n'entendaient plus le berger, qui est comme leur dieu. Et j'ai entendu conter que les moutons que l'on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s'ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature ; car il est vrai que le berger pense beaucoup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu'à l’égorgement ; mais c'est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, ensei­gnant la discipline moutonnière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s'il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton, c'est justement le berger. « Qui donc a soin de vous ? Qui vous abrite du soleil et de la pluie ? Qui règle son pas sur le vôtre afin que vous puissiez brouter à votre gré ? Qui va chercher à grande fatigue la brebis perdue ? Qui la rapporte dans ses bras ? Pour un mouton mort de maladie, j'ai vu pleurer cet homme dur. Oui je l'ai vu pleurer. Le jour qu'un agneau fut mangé par le loup, ce fut une belle colère ; et le maître des bergers, providence supérieure et invisible, lui-même s'en mêla. Il fit serment que l'agneau serait vengé ; il y eut une guerre contre les loups, et cinq têtes de loup clouées aux portes de l'étable, pour un seul agneau. Pourquoi chercher d'au­tres preuves ? Nous sommes ses membres et sa chair. Il est notre force et notre bien. Sa pensée est notre pensée ; sa volonté est notre volonté. C'est pourquoi, mon fils agneau, tu te dois à toi-même de surmonter la difficulté d'obéir, ainsi que l'a dit un savant mouton. Réfléchis donc, et juge-toi. Par Quelles belles raisons voudrais-tu désobéir ? Une touffe fleurie ? Ou bien le plaisir d'une gambade ? Autant dire que tu te laisserais gouverner par ta langue ou par tes jambes indociles. Mais non. Tu comprends bien que, dans un agneau bien gouverné, et qui a ambition d'être un vrai mou­ton, les jambes ne font rien contre le corps tout entier. Suis donc cette idée ; parmi les idées moutonnières, il n'y en a peut-être pas une qui marque mieux le génie propre au vrai mouton. Sois donc au troupeau comme ta jambe est à toi. »

L'agneau suivait donc ces idées sublimes, afin de se raffermir sur ses pattes ; car il était environné d'une odeur de sang, et il ne pouvait faire autrement qu'en­tendre des gémissements bientôt interrompus ; et il pressentait quelque chose d'horrible. Mais que crain­dre sous un bon maître, et quand on n'a rien fait que par ses ordres ? Que craindre lorsque l'on voit le berger avec son visage ordinaire et tranquille ainsi qu'au pâturage ? A quoi se fier, si l'on ne se fie à cette longue suite d'actions qui sont toutes des bienfaits ? Quand le bienfaiteur, quand le défenseur reste en paix, que pourrait-on craindre ? Et même si l'agneau se trouve couché sur une table sanglante, il cherche encore des yeux le bienfaiteur, et le voyant tout près de lui, attentif à lui, il trouve dans son cœur d'agneau tout le courage possible. Alors passe le couteau ; alors est effacée la solution, et en même temps le pro­blème.

 

13 avril 1923

Alain, « Propos sur les pouvoirs ».

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