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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 17:51

OUAGADOUGOU (© 2013 AFP) - La société civile burkinabè a rejeté lundi, à l’issue d’un forum citoyen, tout « stratagème » ayant pour but d’installer le « pouvoir à vie » du président Blaise Compaoré au Burkina Faso. 

Blaise-Compaore.jpg

 « Pour empêcher toute manipulation opportuniste de la constitution, nous devons construire un rempart citoyen à même d’endiguer les tentations de pouvoir à vie du président Compaoré », a déclaré Luc Marius Ibriga, président du Forum des citoyens de l’alternance (Focal), dont c’était la troisième édition lundi.

La société civile et l’opposition burkinabè accusent le chef de l’Etat de vouloir modifier l’article 37 de la constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et l’empêche de se présenter à nouveau en 2015.

Elles rejettent également catégoriquement la création d’un Sénat, que Blaise Compaoré veut créer, selon elles, pour se maintenir au pouvoir.

« De tels stratagèmes sont inconstitutionnels et illégitimes, et c’est à bon droit que nous pourrons, sur le fondement de la constitution, leur opposer la désobéissance civile », a soutenu M. Ibriga.

Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’Etat, a effectué deux septennats (1991 et 1998), avant qu’un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ne lui permette d’être élu pour deux nouveaux quinquennats (2005 et 2010).

Le chef de l’Etat s’est jusqu’à présent montré très flou sur sa volonté de se présenter une nouvelle fois à la charge suprême.

Le Focal, un rassemblement annuel qui se tenait lundi sur le thème du « Burkina Faso après l’élection présidentielle de 2015″, a réuni environ 200 personnes, la plupart issues de la société civile et de partis d’opposition, selon un décompte de l’AFP.

Ses membres craignent que le président burkinabè organise un référendum pour imposer ses vues, ce à quoi ils se disent également opposés. 

 

Déclaration d’un groupe de membres

du bureau politique national

du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)

 

Depuis la tenue en mars 2012 de son Ve congrès, notre Parti, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (Le parti au pouvoir, NDLR), traverse des moments dangereux, chargés de grosses inquiétudes, et qui interpellent tout militant sur son avenir. Il est en effet loisible à tout militant ou observateur de constater les graves dérives auxquelles s’est fortement accoutumée la nouvelle équipe dirigeante du Parti qui se comporte en véritable clan dirigeant, dans le sombre dessein de faire triompher des idéaux et objectifs étrangers à ceux du CDP.

Le plus grave en effet, ce n’est pas l’amateurisme qui la caractérise, ni le désordre, ni même son incompétence qui saute aux yeux , mais plutôt son refus obstiné, malgré les critiques maintes fois exprimées par les militants, d’appliquer les règles élémentaires qui régissent le Parti, son organisation et son fonctionnement depuis sa création en 1996, lesquelles sont édictées par les textes fondamentaux adoptés par les congrès successifs. Cet entêtement à vouloir faire du CDP ce que seulement quelques personnes voudraient qu’il soit, suscite réprobation et indignation. Aussi, en l’absence de cadres appropriés pour le faire en interne, avons-nous décidé de rompre le silence pour porter à l’attention de l’opinion interne et de celle extérieure au parti nos préoccupations qui sont celles d’une large majorité des militants. 

1- De la confiscation de l’autorité du Bureau Politique National

Bien que défini par les statuts comme étant « l’organe dirigeant du Parti » (cf. article 32), le Bureau Politique National (BPN), dont il nous revient que la composition a été tronquée par l’ajout frauduleux de près de 200 membres aux 450 issus du dernier congrès, s’est vu régulièrement contourné au moment de prendre les décisions cruciales. Ce fut le cas lors des élections couplées législatives/municipales de décembre 2012 où le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est arrogé le droit régalien d’élaborer les critères de candidature, les modalités de sélection des candidats sans aucun examen préalable par le BPN comme cela se faisait auparavant, puis a adopté souverainement les listes de candidature encore une fois sans le moindre égard ni compte-rendu au BPN, seul organe pourtant habilité à prendre ce type de décisions. L’article 35 des statuts stipule pourtant clairement que le Secrétariat Exécutif National est chargé d’« exécuter les décisions et mesures prises par le BPN relatives au choix des candidats du Parti aux différentes consultations électorales ».

Pour la mise en place du Sénat, le SEN ne s’est nullement cassé la tête, il a tout simplement replâtré sa méthode. Pas le moindre salamalec, les membres du BPN se sont réveillés avec une directive signée… à prendre ou à laisser !

Le BPN est désormais une coquille vide. On le convoque très rarement et seulement quand ça plait. Quand enfin une session se tient, c’est pour survoler les vrais problèmes, endormir les cadres du Parti pour ensuite les poignarder dans le dos. C’est ce manque de considération et d’honnêteté qui justifie la désaffection manifeste des membres constatée lors des dernières sessions. Quant aux camarades qui viennent encore aux sessions, ils ont compris qu’il faut aller écouter, se taire et partir, car sait-on jamais ? 

2- De la dérive autoritaire à l’occasion du renouvellement des structures et organes du Parti

Le Secrétariat Exécutif National avait déjà été critiqué lorsque, dans l’après-congrès, il a procédé à la recomposition pure et simple des bureaux de section du Kadiogo, du Houet et de la Comoé. Non seulement les motifs du nouveau découpage des communes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso évoqués n’étaient pas plausibles, l’opération ne concernant que les arrondissements à l’intérieur, et donc seulement les sous-sections, mais aussi ce fut l’occasion rêvée pour le SEN d’opérer une véritable purge (14 membres balayés sur les 20 de la section au Kadiogo !) dans le dessin d’asseoir des structures à sa solde dans les deux grandes villes. Pourtant, il ne dispose statutairement d’aucun pouvoir pour cela. Les sections provinciales répondent des directives du BPN qui, au vu d’un rapport circonstancié du SEN ou de la Commission nationale de contrôle, peut autoriser la révocation de tout ou partie d’un bureau de section et le remplacement des membres. L’article 29 des statuts donne pouvoir à la conférence provinciale de « pourvoir au remplacement d’un membre du bureau en cas de vacance de poste conformément aux directives du Bureau Politique National ». Dans le cas d’espèce, non seulement le BPN n’en a même pas été saisi, mais aussi aucune conférence provinciale n’a été convoquée pour procéder à ce qu’on a appelé réajustement mais qui était une véritable dissolution-recomposition.

En son temps, ni les critiques véhémentes des membres du BPN exprimées au tout premier BPN d’après-congrès, ni les rappels incessants au règlement n’ont produit le moindre effet, les Seigneurs du jour affichant leur toute puissance. Depuis la création du CDP, c’était bien la première fois que l’on assistait à de tels charcutages des bureaux exécutés d’autorité par l’organe exécutif du Parti. Qu’à cela ne tienne, l’équipe d’Assimi KOUANDA n’en a cure… le Parti, « c’est nous et nous seuls ! »

L’erreur est humaine dit-on, et le bénéfice du doute aurait pu encore être accordé à la nouvelle équipe, en son temps encore dans l’apprentissage, bien qu’en son sein tout le monde n’était pas neuf ! Près de deux ans se sont écoulés et voici qu’à nouveau, et contre toute attente, le SEN sort une directive dans laquelle il décline les modalités de renouvellement des bureaux des structures géographiques du Parti, encore une fois en pure défiance de ce que prévoient les textes du Parti. Le chapitre II de cette directive publiée sous le No 2013/0003/CDP/CN/BPN/SEN et datée du 05 novembre dernier intitulé « Procédures de mise en place des bureaux » tient en tout et pour tout en deux articles et une phrase par article :

« Article 9 : Le renouvellement des membres des bureaux des structures géographiques s’effectuera de manière descendante ; de la section provinciale aux sous-comités.
Article 10 : Le Secrétariat Exécutif National entreprendra des concertations auprès des militants et des personnes ressources dans les différentes provinces et se donnera tous les moyens pour identifier les camarades susceptibles d’animer les organes dirigeants des structures géographiques du Parti. »

La messe est ainsi dite, le SEN est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin de tout ce processus qui engage le Parti et l’ensemble de ses militants au plus haut point.

Les dispositions de nos textes en la matière sont pourtant d’une inaltérable clarté. Toutes les références statutaires aux opérations touchant à la mise en place des structures, du comité de base à la section en passant par la sous-section ainsi que le remplacement éventuel d’un membre, renvoient toujours aux directives du Bureau Politique National (articles 19, 24, 29, 33 et 35 des statuts, et articles 16, 19, 29, 30, et 39 du règlement intérieur).

L’article 35 des statuts précise le rôle que doit jouer le SEN en la matière : le SEN est chargé de « superviser la mise en place des organes des structures du parti et de veiller à leur bon fonctionnement ». Il est donc clair que le BPN doit examiner les modalités du renouvellement, prendre les décisions appropriées que le SEN se chargera d’exécuter, tout en supervisant les opérations sur le terrain. C’est du reste ce qui a toujours été fait depuis la création du Parti jusqu’au Ve congrès. Bien entendu, nous ne nions pas au SEN le droit d’initiative lui permettant d’élaborer et de proposer au BPN les modalités du renouvellement des organes. De là à se substituer à la direction politique nationale qui est le BPN pour décider et exécuter à la fois, il y a un grand fossé qu’il n’y avait pas lieu de franchir. Nous ajoutons que le SEN avait pourtant promis, lors des récentes sorties dans les provinces que les modalités seront déroulées en temps opportun pour examen par l’instance appropriée. Encore faut-il que la parole donnée ait un sens !!!

Plus loin, en examinant lesdites modalités, on se rend compte que le SEN s‘est arrogé le droit unilatéral de composer tous les bureaux des sections provinciales (au nombre de 45), des sous-sections communales (au nombre de 360) et de les valider lui-même (cf. page 3 du canevas adressé aux responsables des comités chargés du renouvellement en application de la même directive) et, de ce fait même, est à la fois juge et partie. Il est à noter d’ailleurs que lesdits comités de renouvellement, composés de moins d’une dizaine de membres « méticuleusement triés » pour chaque province doivent arrêter tous les bureaux provinciaux et communaux que le SEN validera.

Rappelons qu’autrefois, non seulement les modalités étaient arrêtées par le BPN mais aussi ses membres étaient directement impliqués sur le terrain, les trois premiers responsables de la section étant désignés par les membres du BPN ressortissants et résidents de chaque province. Lesdits membres étaient associés à toutes les étapes du processus couronnées par la tenue des assemblées et conférences prévues par les statuts pour l’adoption finale des bureaux issus des concertations.

S’agissant par ailleurs de la validation des bureaux, les statuts sont encore très clairs, article 33 : le BPN est chargé de « valider la mise en place des organes des structures de base du parti ». L’omnipuissance du SEN est à nouveau établie et il a une fois de plus prouvé qu’il n’a que faire ni des principes ni des règles du parti. 

3- Des vrais mobiles

Au regard de tout ce qui précède, le CDP est-il devenu un parti informel, sans principes, sans règles ni méthodes claires, est-on tenté de se poser comme question ? Et pourtant, plusieurs membres du SEN actuel sont d’anciens baroudeurs ayant même contribué à asseoir ce parti et qui donc en connaissent les principes. Il faut donc chercher les raisons ailleurs que dans la méconnaissance, plutôt donc dans la cynique volonté de caporaliser le parti, de le domestiquer afin de le mettre sous coupe réglée. Ce plan stratégiquement mûri par un clan à l’intérieur du parti est celui en marche depuis le dernier congrès qui vise à liquider le CDP des origines, à chasser ou à neutraliser tous ceux qui ne s’alignent pas derrière leurs calculs. Ce clan n’a que faire des critiques objectives des camarades qui dénoncent ces graves dysfonctionnements et l’irrespect chronique des textes, il ne recule et ne reculera devant rien !

Ce groupe est le même qui agite la FEDAP/BC, qui l’organise et la redéploye à chaque fois que de besoin, et cela en dépit de la promesse de l’abandonner faite au moment du congrès, en raison des menaces évidentes qu’elle a toujours fait peser sur la cohésion au sein du parti. 

Camarades membres du Bureau Politique National, camarades militantes et militants, l’heure de la vérité a sonné. En imposant au parti cette directive qui n’est autre qu’un diktat, le SEN a définitivement montré son incapacité à organiser conséquemment le parti et à en assurer la cohésion, la démocratie interne et la discipline conséquente. Aussi, nous, militants avisés des premières heures :

1- Elevons une vive protestation contre la directive No 2013/0003/CDP/CN/BPN/SEN du 05 novembre 2013 pour sa non-conformité avec les principes et les textes fondamentaux du parti ;

2- La déclarons inopportune, dangereuse et liquidatrice pour le parti ;

3- Exigeons du SEN son abrogation pure et simple, et, le cas échéant, la démission de celui-ci de la direction du parti ;

4- Invitons les membres du BPN, dans un élan uniforme, et en attendant la réaction des premiers responsables du parti, à réserver une indifférence totale au processus engagé et à toutes les initiatives notamment de celles desdits comités de renouvellement installés par le SEN et qui ne sont qu’une sélection savamment opérée a la tête du client pour des objectifs inavoués ;

5- Appelons l’ensemble des militants du parti à la vigilance, au refus de la liquidation programmée et à mener chacun à son niveau le combat noble et acharné pour la sauvegarde des acquis historiques, politiques, idéologiques et organisationnels du Parti.

 

Signé : Des membres du Bureau politique national 

Source : Connectionivoirienne.net 4 décembre 2013

Titre original : « Burkina : la société civile contre tout « stratagème » pour « un pouvoir à vie » du président Compaoré »

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 23:32

Je rends hommage à Stéphane Hessel, qui reconnaissait à tout être humain le droit à l’indignation face à l’ordre injuste et violent de notre monde. Je suis une femme malienne indignée par l’humiliation infligée à son pays au nom de la démocratie libérale et de la croissance sans le développement, l’emploi et le revenu. De mon point de vue, il n’y a pas une crise malienne en tant que telle, exigeant la tutelle politique et militaire de la France qui s’appuie sur la Cedeao, l’Union africaine (UA) et l’ONU.

L’État du Mali est l’une des expressions tragiques de l’échec du modèle néolibéral. Je rends également hommage à Hugo Chavez, un autre homme de courage et de dignité, que son peuple pleure aujourd’hui. Le président Hugo Chavez ne s’est pas enrichi, mais a accordé la priorité à la satisfaction des besoins sociaux vitaux des Vénézuéliens en y consacrant l’argent du pétrole. D’élection en élection, nous cherchons au Mali, mais en vain, des dirigeants qui se soucient de leurs concitoyennes au lieu de chercher à plaire aux investisseurs étrangers et à vendre notre or et nos terres agricoles à notre insu. Nous sommes confrontés, en Afrique, à la crise des valeurs que Stéphane Hessel et Hugo Chavez, que j’ai eu le privilège de connaître, incarnent à mes yeux : le respect de la dignité humaine et la volonté politique d’écouter et de répondre aux questions légitimes que les peuples se posent. Le pétrole, qui a permis à Hugo Chavez de disposer des moyens de sa politique sociale, est, précisément, la richesse énergétique dont la convoitise nous a valu l’intervention de l’Otan en Libye, dont les arsenaux ont fourni aux séparatistes et aux islamistes les armes de la conquête des régions de Kidal, Gao et Tombouctou. Nous sommes, à présent, confrontés au monde global, dans sa complexité, ses mensonges, ses crises et ses violences. Les puissances occidentales, qui ont transformé la résolution 1973 du Conseil de sécurité visant à protéger les populations de Benghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer, ont créé les conditions de la victoire militaire des séparatistes et des islamistes sur l’armée malienne, l’occupation du Nord et par conséquent les violences faites aux femmes et la destruction des mausolées. Présentée comme inéluctable, la guerre contre le terrorisme a été déclenchée le 11 janvier 2013 avec l’opération «Serval». Un accord quasi unanime, mais tragique pour le peuple malien entoure cette intervention. « La guerre légitime, légale, rapide et propre », que le président par intérim, Dioncounda Traoré, prétendait mener à bien, avec l’appui de la « communauté internationale » est déjà dans l’impasse. La France qui le sait, envisage de se retirer et impose unilatéralement la transformation de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) en force de maintien de la paix. Les djihadistes font preuve, à Gao, Kidal et dans l’Adrar des Ifoghas, d’une résistance farouche qui ne surprend que ceux qui ne veulent pas méditer les enseignements de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Somalie.

Ce 8 mars 2013 est pour moi l’occasion d’insister sur les risques que les choix et les décisions des dominants nous font courir. Je rends hommage à toutes les femmes, mères, épouses, tantes, sœurs et autres parentes de soldats maliens, français, tchadiens, nigériens, nigérians, sénégalais… ainsi qu’aux parents des otages qui ont les yeux tournés vers le nord de mon pays et qui craignent pour la vie d’un être cher. La peur des mères et épouses des soldats maliens est à la dimension de l’état de dénuement et d’impréparation de notre armée. Par ailleurs, les soldats ne se battent pas que contre les fanatiques. Les milliers de chômeurs, d’affamés et de désespérés qui deviennent des rebelles, des convoyeurs de drogue et nouvelles recrues du djihadisme sont eux aussi nos enfants. Pendant combien de temps les dominants vont-ils continuer à ouvrir des fronts et des plaies en jurant, la main sur le cœur, par la démocratie, les droits de l’homme, la responsabilité de protéger les civils et de défendre les femmes contre les violences ? La guerre est une violence extrême contre ces femmes. Mettons un terme à la militarisation du Mali en engageant la bataille des idées pour des alternatives aux fondamentalismes religieux, économique et politique.

 

Source : L’Humanité (Paris) 8 Mars 2013

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 22:42

Hugo Rafael Chavez Frías, né le 28 juillet 1954, est mort après 14 ans de règne à la tête de la République bolivarienne du Venezuela. « El Commandante », c’est ainsi que l’appelaient certains de ses compatriotes, n’a pas pu hélas gagner la bataille qu’il avait engagée depuis 2011 contre le cancer. Interrompant ainsi son autre combat contre la pauvreté qu’il avait lancé Hugo-Chavez-a-Porto-alegre-copie-1.jpegdepuis sa première élection à la tête du Venezuela en 1998. En effet, tous les idéologues de la gauche s’accordent à dire que, grâce au président Hugo Chavez, le socialisme compris comme un système de lutte contre l’injustice a retrouvé des couleurs dans ce pays de l’Amérique latine dont l’un des plus grands leaders, Simon Bolivar (c’est lui qui a mené la guerre avec d’autres pour l’indépendance de l’Amérique latine sous le joug du colon espagnol au 19e siècle), est d’ailleurs l’inspirateur d’Hugo Chavez.

Selon les spécialistes du Venezuela, dès son plus jeune âge, Hugo Chavez s'intéresse à la vie, à l'idéologie, ainsi qu'aux écrits de Simon Bolívar. Toujours selon ces mêmes spécialistes, la famille Chavez est d’origine principalement indienne-indigène, espagnole et afro-vénézuélienne. Il est donc issu d’une famille modeste. L’histoire raconte, comme pour expliquer l’esprit de conquérant d’Hugo Chavez, qu’il est l'arrière-petit-fils du rebelle Pedro Perez Delgado, plus connu sous le nom de « Maisanta ». Maisanta fut un leader rebelle toute sa vie. Il soutint une insurrection qui, avant sa capture en 1922, mena à la mort à la fois un ex-président vénézuélien et un gouverneur d’État.

 

Son combat contre la pauvreté

 

Fort de son ascendance et suivant les traces de son inspirateur pour son combat politique, Hugo Chavez opte pour ce qu’il a appelé la « Révolution bolivarienne », en référence au combat de Simon Bolivar. Il veut un Venezuela et une Amérique latine libres et indépendants des Etats-Unis d’Amérique. L’application concrète de cette politique appelée aussi « Socialisme du 21e siècle » va se traduire par d’importantes réformes dans son pays. Les points les plus importants de ces réformes sont : des investissements sociaux massifs dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'alimentaire, la nationalisation (qui va avec l'expropriation des groupes privés) des secteurs pétroliers, les télécommunications, l’électricité, le commerce de détail (chaînes de supermarchés), les politiques fortes de logement social et de quatre réformes constitutionnelles en faveur de la démocratie participative. 

Mais, ce qui a permis au président Chavez d’asseoir sa politique de redistribution des richesses à son peuple, c’est le contrôle des ressources de la manne financière issue de la vente du pétrole. Le Venezuela est, en effet, selon un rapport annuel de l'Organisation mondiale du pétrole (Opep), produit en 2011, la première réserve mondiale de pétrole exploitable avec 296,50 milliards de barils d'or noir pouvant être exploités contre 211,2 milliards un an plus tôt. Il surpasse ainsi le royaume saoudien dont les réserves prouvées sont restées stables à 264,5 milliards. Alors, avec l’argent du pétrole qu’il a nationalisé au détriment de sociétés américaines, Hugo Chavez va consacrer 43% de son budget à la lutte contre la pauvreté. Il a installé partout des «missions» d'éducation ou de santé dans les quartiers miséreux du Venezuela. Le nombre des professeurs a été multiplié par cinq sous sa présidence. Des milliers de médecins cubains soignent gratuitement dans les quartiers les plus déshérités. Les prix des produits de première nécessité ont été totalement encadrés. Le secteur public a offert massivement des emplois. Conséquence, le Venezuela affiche, selon les spécialistes, des indicateurs sociaux brillants. Il est le pays le moins inégalitaire d'Amérique latine. Le taux de pauvreté (moins de 2,5 dollars, soit 1,9 euro, par jour de revenu) est tombé de 49 % en 1998 à 27 % aujourd'hui. La mortalité infantile y a été divisée par deux. Il a augmenté successivement de 25% le salaire minimum en 2011, de 15% en mai 2012 et de 17,25% avant les dernières élections qu’il a remportées. Ce qui fait du Venezuela, affirment encore les spécialistes, le pays d’Amérique latine possédant le salaire minimum le plus élevé : 2047 bolivars, soit l'équivalent de 476 dollars américains, salaire complété par les bons alimentaires d'état, permettant, en réalité, à 4 millions de Vénézuéliens touchant le salaire minimum de bénéficier mensuellement de 3000 bolivars (soit 698 dollars américains).

L’Occident séduit

 

Les actions de la révolution bolivarienne en faveur de la réduction des inégalités sont bien résumées et ont séduit même l’Occident malgré les critiques dénonçant une dérive autoritaire d’Hugo Chavez. Le site de la diplomatie française fait le constat de la réussite de la politique sociale du président vénézuélien. « S’appuyant sur d’importantes réserves pétrolières (les premières de la planète), le régime a mis en place une importante politique de redistribution en vue de lutter contre la pauvreté et les inégalités au travers des Misiones. Ces vastes programmes sociaux (on en dénombre aujourd’hui une vingtaine) visent à améliorer l’accès des plus démunis à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, voire à l’emploi grâce aux multiples recrutements dans la fonction et les entreprises publiques, ainsi que dans de nombreuses institutions parapubliques, des coopératives ou des "entreprises de production socialistes". Ils sont mis en œuvre avec l’aide de 40000 coopérants cubains environ, dont une majorité concerne les professions de santé. Près de la moitié des dépenses totales de ces programmes (45,7% du budget 2010) est destinée à réduire la pauvreté qui, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), a reculé de 54% à 23,8% de 2003 à 2009, avec un chômage qui a chuté sous la barre des 10% et un pouvoir d’achat qui s’est accru.

 

Zié Oumar COULIBALY

 

Source : Notre Voie 08/3/2013

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:30

(...)

Toujours en éveil, en recherche, en questionnement, Hugo Chavez pouvait vous entretenir de longues heures des expériences historiques de changement, des processus qu’il cherchait lui-même ou des grands penseurs dont ceux Funeral_de_Hugo_Chavez_-_Presidencia_de_la_Nacion_Argentin.jpgdu marxisme. Ses réflexions mêlaient toujours à la fois Karl Marx et Simon Bolivar, qu’il a fait revivre, Gramsci ou d’autres penseurs progressistes, et sa foi chevillée au plus profond de lui-même dans le Christ. Tout cela le faisait aimer passionnément les gens, son peuple et l’Amérique latine qu’il s’acharnait à libérer des dominations.

Au cours de sa vie et dans l’exercice de ses hautes responsabilités, il n’a cessé, notamment après le mois de mars 1994, d’évoluer, recherchant les voies d’un processus démocratique et progressiste de changement pour son pays et toute l’Amérique latine. Il le fera avec beaucoup de tâtonnements, d’hésitations, jusqu’à inventer ce concept de « socialisme du XXIe siècle ». Ce projet était comme un héritage de l’échec du soviétisme et de sa recherche, alliant de multiples pensées révolutionnaires auxquelles s’intégrait toujours pour lui la vie de Jésus-Christ. C’est un ami communiste, Luis Miquilena, qui le convaincra de choisir la voie démocratique des urnes pour devenir président du Venezuela, qu’il baptisera plus tard « République bolivarienne du Venezuela ». Personne ne peut contester que, depuis 1999, il aura organisé et gagné une multitude d’élections : présidentielle, législatives, et des référendums modifiant la Constitution. Avec ce processus de transformation constitutionnelle, il ancrera dans la vie politique de son pays un mouvement démocratique participatif en donnant notamment la parole aux plus pauvres. Il aura cherché une voie anticapitaliste de transformation sociale et écologique avec plusieurs succès, des avancées notables reconnues par l’Organisation des Nations unies jusqu’à la création d’un salaire minimum et une répartition nouvelle des richesses issues du pétrole en faveur des salariés et des plus pauvres. Il aura redistribué des terres aux paysans. Il aura fait œuvre de solidarité avec plusieurs pays et villes d’Amérique latine, notamment en leur fournissant de l’énergie ou en les émancipant du fardeau de leur dette, comme ce fut le cas pour l’Argentine. Il aura produit de considérables efforts pour solidariser les peuples d’Amérique latine avec la création de l’Alliance bolivarienne des Amériques et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes.

Sans doute peut-on dire qu’avec Lula il est celui qui aura permis d’ouvrir un chemin nouveau pour le continent latino-américain, rendant justice à celles et ceux qui ont tant souffert des affres de la colonisation puis de dictatures soutenues par l’impérialisme nord-américain. Cela ne m’a jamais empêché de considérer et de dire que certaines de ses alliances et certains de ses soutiens avec des dictateurs en Iran ou en Libye constituaient des erreurs et affaiblissaient son combat. Mais force est de reconnaître qu’il aura redonné dignité, confiance et honneur aux peuples de toute l’Amérique latine si longtemps dominés, méprisés, humiliés. Au peuple, aux partis progressistes du Venezuela de poursuivre aujourd’hui dans l’unité et la concorde son œuvre transformatrice au service du bien commun et de la solidarité. La disparition d’Hugo Chavez est une grande perte pour tous les opprimés, tous les pauvres et tous ceux qui cherchent des voies nouvelles de l’émancipation humaine. Il nous laisse une grande leçon : le monde n’est pas figé. Des évolutions révolutionnaires sont possibles. Le meilleur hommage à lui rendre est d’y participer partout.

 

Patrick Le Hyaric (L'édito de)

Titre original : « le cri des opprimés »

 

Source : L’Humanité (France) du 7 Mars 2013

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 00:18

En hommage au président de la République bolivarienne du Venezuela décédé à Caracas ce mardi 5 mars 2013, nous invitons nos amis à lire ou à relire et à méditer Chavez---Bolivar.jpgla lettre qu’il a adressée, le 22 février 2013, aux participants du IIIe Sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes (Malabo, Guinée équatoriale).


Caracas, 22 février 2013


Frères et sœurs,


Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et toute mon espérance pour le déroulement de ce IIIe Sommet tant attendu des chefs d’État et de gouvernement d’Amérique du Sud et d’Afrique.

Je regrette vraiment, du plus profond de mon être de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par une sincère accolade, mon irrévocable engagement en faveur de l’unité de nos peuples. Je suis présent, cependant, dans la personne du Chancelier de la République bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano, à qui j’ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents qui sont plus que frères, unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

Je le dis du plus profond de ma conscience : l’Amérique du Sud et l’Afrique sont un même peuple. On réussit seulement à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent dans les entrailles de l’immense territoire africain où, j’en suis sûr, l’humanité a pris naissance. De lui proviennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de notre Amérique, créant une unité non seulement raciale entre nos peuples mais aussi spirituelle.

De la même manière, les empires du passé, coupables de l’enfermement et de l’assassinat de millions de filles et de fils de l’Afrique mère dans le but d’alimenter un système d’exploitation esclavagiste dans leurs colonies, semèrent dans Notre Amérique le sang africain guerrier et combatif qui brûlait du feu que produit le désir de liberté. Cette semence a germé et notre terre a enfanté des hommes aussi grands que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Léonardo Chirino, Pedro Camejo parmi beaucoup d’autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d’un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique latine et caribéenne.

Ensuite, au XXe siècle, vinrent les luttes de l’Afrique pour la liberté, ses indépendances, contre ses nouvelles menaces néocoloniales, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral pour n’en citer que quelques-uns. Ceux qui, dans le passé, nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu’ils nous imposaient deviendrait l’élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l’Amérique latine et les Caraïbes partagent avec l’Afrique un passé d’oppression et d’esclavage. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits, nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction, que nous unit aussi un présent de lutte indispensables pour la liberté et l’indépendance définitive de nos nations.

Je ne me lasserai pas de le redire, nous sommes un même peuple, nous avons l’obligation de nous rencontrer au-delà des discours formels dans une même volonté d’unité et ainsi unis, donner vie à l’équation qui devra s’appliquer dans la construction des conditions qui nous permettront de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme les a jetés et, par la suite, le capitalisme néo-libéral du XXe siècle.

Pour cela, je veux évoquer la mémoire de deux grands combattants pour la coopération sud-sud comme l’ont été les deux ex-présidents du Brésil et de la Tanzanie, Luis Ignacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere dont les apports et les efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire comme l’est l’ASA [América del Sur/Africa].

Cependant, les temps que nous vivons nous obligent à consacrer nos plus profondes et urgentes réflexions à l’effort nécessaire pour transformer l’ASA en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

C’est sur nos continents que l’on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques suffisantes, nécessaires, pour sauver la planète du chaos où elle a été conduite. Faisons que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres qui nous offre le jour d’aujourd’hui serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec le père Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de cet immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n’est de nous-même. » Cette pensée si profonde renferme une grande vérité que nous devons assumer, j’en suis absolument convaincu.

Notre coopération sud-sud doit être un lien de travail authentique et permanent qui doit tourner toutes ses stratégies et ses plans de développement soutenable vers le sud, vers nos peuples.

Quoiqu’en aucune manière nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, nous devons nous rappeler que ce ne sont pas elles qui sont la source de la solution totale et définitive pour l’ensemble des problèmes de nos pays. Loin de l’être, quelques-unes d’entre elles appliquent une politique néocoloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

Frères et sœurs, je voudrais rappeler pour ce IIIe Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’ASA, l’esprit de fraternité, d’unionisme et de volonté qui a dirigé le déroulement de ce IIe merveilleux Sommet dans l’île de Margarita, au Venezuela, qui nous permit d’adopter unanimement les engagements de la déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite avec beaucoup de foi et d’espérance que nous puissions récupérer à Malabo l’impulsion et l’effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d’unité, le Sommet de 2009, qui a montré autant par sa fréquentation massive que par la quantité et le contenu des accords atteints.

Depuis le Venezuela, renouvelons aujourd’hui notre plus ferme engagement dans le renforcement du Secrétariat permanent de la table présidentielle stratégique de l’ASA avec ses principales tâches et fonctions pour accélérer le rythme dans la consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

Je regrette avec beaucoup de douleur et de peine que tout notre travail commencé formellement depuis 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n’est pas un hasard, je le dis et je l’assume pleinement, que depuis le sommet de Margarita, le continent africain ait été victime des multiples interventions et des multiples attaques de la part des puissances occidentales.

Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchant toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont commencé dans diverses nations d’Afrique, ont eu comme objectif principaux de freiner le processus de consolidation de l’unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l’union de ces états avec les peuples latino-américains et caribéens.

La stratégie néocoloniale a été, depuis le début du XIXe, de diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C’est pour cela que le Venezuela s’est opposé, radicalement et depuis le début, à l’intervention militaire étrangère en Libye et c’est pour le même motif que le Venezuela réitère aujourd’hui son rejet le plus absolu de toute activité d’ingérence de l’OTAN.

Face à la menace extrarégionale pour empêcher l’avance et l’approfondissement de notre coopération sud-sud, je le dis avec Bolivar dans sa Lettre de Jamaïque de 1815 : « Union, union, union, cela doit être notre plus importante consigne. » Notre Gouvernement renouvelle, en ce IIIe Sommet de l’ASA dans cette république sœur de Guinée équatoriale, son absolue disposition à avancer dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j’ai personnellement proposées à notre dernier sommet, dans la belle île de Margarita. Énergie, Éducation, Agriculture, Finances et Communication continuent d’être nos priorités et pour celles-ci, nous réitérons notre engagement pour avancer dans des initiatives concrètes comme Petrosur, l’Université des peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que cet effort que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays de l’Amérique du Sud, TeleSur, s’articule avec l’Afrique afin qu’il puisse accomplir depuis ces latitudes sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur apporter la vérité et la réalité de nos pays.

Enfin, je veux renouveler à tous mon désir que les résultats projetés lors de ce IIIe Sommet ASA nous permette de transformer ce forum en un outil utile pour conquérir notre définitive indépendance en nous plaçant à la hauteur de l’exigence de l’époque et comme le dirait le Libérateur, le plus de bonheur possible pour nos peuples. Je suis un convaincu, simple et obstiné, nous réussirons à mener à bien cette cause que nos libérateurs et martyres nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d’hommes présentés en sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d’espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens. »

 

Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : « Formons une patrie, un continent, un seul peuple, à tout prix et tout le reste sera supportable. »


Vive l’union sud-américaine et africaine !

Vive l ’ASA !

Jusqu’à la victoire toujours !

Nous vivrons et nous vaincrons !

 Hugo Chavez Frias

 

(Traduction : Gaston Lopez)

Source : cubasifranceprovence.over-blog.com 25 février 2013

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 21:53

Interrogé, par le journaliste du "Sunday Times", sur le raid sioniste contre un centre de recherche de l'armée syrienne, le Président syrien Assad a affirmé :

 

"Notre pays n'a cessé de subir des coups, de la part d'Israël, mais cela ne veut pas dire que nous irons riposter tout de suite. Nous avons nos propres méthodes pour punir les Israéliens, et les Israéliens comprennent parfaitement ce Le-president-Bachar-Assad.jpgque nous entendons par le mot riposte. Ce n'est pas missile contre missile, balle contre balle, notre riposte aura une autre forme".

 

Le président syrien a souligné : "Dans notre guerre contre le terrorisme, l'Iran, le Hezbollah, la  Russie, nous soutiennent. Le rôle de la Russie est " très constructif", tout comme le rôle de l'Iran, mais le Hezbollah a pour mission, non pas, de défendre la Syrie, mais de défendre le Liban. Le peuple syrien est un peuple de 23 millions d'âmes, nous avons une armée nationale, une force de sécurité puissante. Nous n'avons pas besoin des combattants étrangers. En effet, ces combattants étrangers, ce sont le Qatar, la Turquie, l'Arabie saoudite, la Grande Bretagne et les Etats Unis, qui nous les envoient ", a dit Assad.

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:35

"Stéphane Hessel voulait rendre possible ce qui est souhaitable"

Stéphane Hessel

 

L'ancien résistant et diplomate, qui sera inhumé le jeudi 7 mars au cimetière Montparnasse après une cérémonie d'honneurs militaires aux Invalides à l'initiative de l'Elysée, restera surtout comme l'auteur d'Indignez-vous !

Dans son bloc-notes, un mois après la publication de l'essai, Jean-Emmanuel Ducoin nous expliquait pourquoi.


Hessel. De quoi le succès d’un livre est-il le ? Et à partir de quel moment peut-on, doit-on considérer qu’il échappe à son auteur pour devenir un phénomsigne ène 
de société intergénérationnel s’affranchissant de tous les codes en vigueur ? Depuis peu, le monde de l’édition et le petit microcosme parisien de toute l’intelligentsia médiacratique ne cessent de nous exprimer leur incrédulité – doub

 

lée d’une cynique stupéfaction. En cause, l’incroyable destin du petit opuscule façon coup de poing publié par Stéphane Hessel, qui, à quatre-vingt-treize ans, jouissant d’une popularité au zénith, a d’ores et déjà touché le cœur et les tripes de 500.000 acheteurs (plus de 4 millions en 2013, ndlr). Sachez-le : tous les exemplaires se vendront, signe d’une époque moins consumériste et individualiste qu’on ne le croit. Car pour une fois, le public en masse n’a pas attendu les sacro-saintes et habituelles prescriptions des éditocrates pour anticiper un engouement indépendant et authentiquement engagé.

Cette sincérité d’achats spontanés a rencontré une autre sincérité : celle de Stéphane Hessel. Pour son parcours, sa ténacité, ses combats, son universalité jamais démentie. Tandis que l’époque nous convoque quotidiennement dans l’imposture des postures, dans la connivence du fric des copains et des coquins, dans la fabrique des répliques toutes faites et des fausses idoles télédiffusées, Stéphane Hessel nous rappelle tous à la citoyenneté et à l’honneur de notre pays : «L’actuelle dictature internationale des marchés financiers, écrit-il, menace la paix et la démocratie. (…) Nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et de ses idéaux. Nous leur disons  : prenez le relais, indignez-vous!» 

Insultes. Le croyez-vous ? Cet homme en colère, qui a connu la Résistance, les camps, le secrétariat général de l’ONU avant de devenir diplomate, lui qui fut associé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, se voit depuis quelques jours raillé, critiqué, vilipendé, caricaturé… insulté. Des chroniqueurs du Figaro aux blogs du Monde, en passant par Causeur.fr ou l’Express, accrochez-vous bien… petit florilège. Ainsi donc, puisque «l’indignation est le leitmotiv» de ce court livre et puisque «ceux qui l’achètent y voient un programme d’action, un bréviaire», il y aurait de quoi être «consterné tant le contenu manque de contenu». Certains l’admettent pourtant : «Qui pourrait décemment s’opposer aux grands principes, aux grands idéaux et aux grandes idées qui sont énoncées dans le livre d’Hessel?» Mais ce n’est pas tout. «Indignez-vous! Oui! mais dans le sens inverse demandé par Hessel. Pourquoi la France tarde tant à récuser un modèle social dépassé par le monde actuel ? L’indignation, si elle s’accroche à un passé à bout de souffle, devient indigne.» Il y a pire : «S’agit-il d’autre chose que d’une habile mise en scène de lui-même par un vieillard dont toutes les apparitions publiques révèlent l’immense plaisir narcissique d’avoir acquis le statut d’icône nationale ? Parvenir à un très grand âge dans un état physique et mental acceptable relève d’une loterie qui ne tient compte ni des mérites, ni des mauvaises actions de ceux que le destin choisit.» 

Sans parler du Proche-Orient bien sûr. Parce que Stéphane Hessel avoue que, aujourd’hui, sa «principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie», il se voit traîné dans la boue: «Il y a aussi chez Hessel cette obsession anti-israélienne qui fait songer à la définition donnée jadis de l’antisémite par Pierre Larousse : “Personne qui hait les juifs plus qu’il n’est raisonnable.”» Rappelons qu’en octobre dernier, l’historien Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, avait paraphrasé un texte de Voltaire pour évoquer, à propos de la Palestine, la figure de Stéphane Hessel : « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu’on ait envie de lui écraser la tête. » Honte à tous ces propagateurs de haine !

Conclusion. L’indignation, à elle seule, avec sa petite colère sous le bras, ne renverse aucune montagne. Le discours de refus et de résistance peut s’avérer insuffisant, s’il reste dépourvu d’ambition d’à-venir et de projets aspirant à l’élévation de tous. Mais les libéraux jugent Hessel «irresponsable» en ces termes : «Brandir le programme du Conseil national de la Résistance pour faire honte aux gouvernants d’aujourd’hui relève au mieux de l’idiotie historique, au pire de l’imposture.» Nous y voilà ! Stéphane Hessel répond lui-même dans son livre : «Tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance est remis en cause. Le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’État.» Par ces mots et tous les autres, le vieil homme montre à ceux qui n’en ont pas l’habitude la volonté de rendre possible ce qui est souhaitable – et résolument tourner le dos à tous ceux qui prônent l’indifférence et le renoncement. Alors merci à lui.

 

Source : L’Humanité 28 Février 2013 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:37

Le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des militaires patriotes qui ont renversé le capitaine Sanogo le 7 avril 2012 - photo Joe Pe-copie-1le président malien Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012, a été officiellement investi mercredi à la tête du comité de réforme de l'armée, près de six mois après sa nomination à ce poste.  

Le capitaine Sanogo avait été nommé président du "Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité" par décret présidentiel daté du 8 août 2012. La cérémonie a eu lieu à Koulouba, siège de la présidence, en présence du président par intérim Dioncounda Traoré, du Premier ministre Diango Cissoko et de plusieurs chefs militaires maliens.  

 

Source : AFP 13/02/2013

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:18

L'architecte brésilien Oscar Niemeyer, qui a révolutionné l'architecture moderne dont la ville de Brasilia est devenue un symbole, est décédé mercredi à Rio de Janeiro à l'âge de 104 ans. 

 

  Oscar-Niemeyer-1907-2012.jpg 

 

Ses obsèques auront lieu vendredi au Palais de Rio de Janeiro, a annoncé le maire de la ville, Eduardo Paes.

 

Niemeyer "est décédé à 21h50" locales (23h50 GMT), a déclaré à une journaliste de l'AFP la porte-parole de l'hôpital Samaritano de Rio où l'architecte était hospitalisé depuis plus d'un mois.

 

Un communiqué postérieur de l'hôpital a précisé que l'architecte "est décédé à 21H55 ; il a présenté une aggravation de son infection respiratoire qui a provoqué son décès".

 

La présidente Dilma Rousseff a aussitôt déploré la perte d'un des génies du Brésil, le qualifiant aussi de "révolutionnaire" qui a toujours "rêvé d'une société plus égalitaire".

 

"Le Brésil a perdu l'un de ses génies et c'est un jour pour pleurer", a-t-elle souligné dans une note diffusée sur le blog officiel de la présidence.

 

La présidence de la République a indiqué que la veillée mortuaire serait organisée à Brasilia jeudi après-midi dans le Palais du Planalto, siège du gouvernement fédéral, un bâtiment construit par Niemeyer. La famille a été contactée à Rio et a accepté, selon la présidence.

 

Le corps sera ensuite rapatrié à Rio pour les obsèques vendredi.

 

Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, a décrété un deuil de trois jours dans l'Etat en hommage "au génie de l'architecture mondial, ferme dans ses convictions et aimé du peuple brésilien".

 

L'architecte, qui aurait eu 105 ans le 15 décembre, était hospitalisé depuis le 2 novembre en raison de complications rénales et d'hémorragies intestinales. L'hôpital Samaritano avait indiqué mercredi que son état s'était aggravé en raison d'une infection respiratoire.

 

Né le 15 décembre 1907 à Rio, dans une famille bourgeoise d'origine allemande, portugaise et arabe, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, a participé à la réalisation de plus de 600 œuvres en 70 ans de carrière. Une vingtaine sont encore en cours de réalisation dans divers pays.

 

C'est en 1940 que Niemeyer fait la connaissance du futur président Juscelino Kubitschek, qui lui donnera la "joie" de construire ex-nihilo Brasilia, l'actuelle capitale du Brésil, avec l'urbaniste Lucio Costa et le paysagiste Roberto Burle Marx.

 

"On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu'ils étaient différents", avait déclaré ce pionnier de l'utilisation du béton dans une interview à l'AFP.

 

Inaugurée le 21 avril 1960, Brasilia, dont il a réalisé les bâtiments phares, lui a fait remporter d'innombrables prix, comme le Pritzker (le Nobel d'architecture) en 1988.

 

"Ce petit homme frêle au regard vif aimait se rendre tous les jours dans son atelier aux grandes baies vitrées donnant sur la plage de Copacabana. Depuis quatre ans, il ne se déplaçait plus qu'en chaise roulante, après une fracture du bassin.

 

Au cours des dernières années, il avait été hospitalisé à plusieurs reprises, la dernière le 2 novembre en raison d'une déshydratation et pour la pose d'une sonde gastrique. Depuis, sa fonction rénale s'était détériorée, d'après son médecin.

 

"Avoir 100 ans, c'est une merde!"

 

Ces dernières années, il n'avait de cesse de répéter qu'"avoir 100 ans, c'est une merde" et qu'"il n'y a rien à commémorer!"

 

Surnommé "l'architecte de la sensualité" en raison de ses bâtiments tout en courbes, il est resté athée et militant communiste jusqu'à la fin dans un pays marqué par les inégalités sociales.

 

"Il ne reste que deux communistes dans le monde, Oscar et moi", avait dit en 1995 le dirigeant cubain de l'époque, Fidel Castro, lors d'une visite à l'architecte dans son atelier.

 

Le jour de ses 102 ans, Niemeyer confiait que sa seule consolation était de "voir que le Brésil était devenu plus égalitaire depuis l'arrivée au pouvoir d'un ancien ouvrier", l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

 

C'est en 1936 qu'il avait fait la rencontre décisive du Français Le Corbusier, à Rio, dont il se disait le disciple. Son premier grand travail sera le "Complexe de la Pampulha" (à Belo Horizonte) achevé en 1943 et "l'un de ses préférés".

 

L'architecte brésilien a participé notamment à la conception du siège des Nations unies (1952), à New York, et a dessiné le Musée d'art contemporain de Niteroi (1996), près de Rio, célèbre pour sa forme de soucoupe volante.

 

La France, qui l'a accueilli pendant ses années d'exil alors qu'il fuyait la dictature, compte près d'une vingtaine d'œuvres, dont le siège du Parti communiste à Paris (1965) et la Maison de la Culture du Havre (1972).

 

En 1928, Niemeyer s'était marié avec Annita Bildo avec qui il a eu une fille. Leur union durera 76 ans, jusqu'au décès d'Annita fin 2004. Sa fille, Anna, était décédée en juin d'un emphysème pulmonaire.

 

A l'âge de 98 ans, il s'était remarié avec sa secrétaire, Vera Lucia Cabrera, alors âgée de 60 ans.

 

Lors du dernier carnaval de Rio, Niemeyer avait encore visité les travaux de rénovation du Sambodrome, qu'il avait construit il y a trente ans et où se dérouleront certaines des compétitions des Jeux olympiques de 2016 à Rio.

 

 

Source : AFP 06/12/2012 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 16:43

La nouvelle a fait le tour du monde, ce 10 octobre 2012. C’est qu’elle était aussi sensationnelle que celle de la victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle étasunienne, quatre ans plus tôt. Voici, d’abord, comment l’événement a été présenté par l’Agence France presse :

 

 

Un noir à la tête de la Cour suprême, signe de changement au Brésil

par Claire de Oliveira - Agence France-Presse 12 octobre 2012

 

L'accession pour la première fois au Brésil d'un noir à la présidence de la Cour suprême est un fait historique et confirme une tendance au changement dans ce pays où les descendants d'Africains sont la majorité mais continuent à être en bas de l'échelle sociale, selon des analystes.

 

Joaquim-Barbosa---Dilma-Roussef.PNGMercredi, Joaquim Barbosa, 58 ans, est devenu le premier président noir de la plus haute instance judiciaire de ce pays de 194 millions d'habitants où 52% sont noirs ou métis mais restent nettement défavorisés par rapport aux blancs.

 

 « Nous constituons la majorité de la population, alors c'est un fait extraordinaire d'avoir pour la première fois l'un de nous à la présidence » de la Cour suprême, a lui-même déclaré M. Barbosa à l'issue de la séance où il a été désigné.

 

« L'élection de Barbosa est un fait historique, il est très rare de trouver au Brésil des noirs dans des positions de pouvoir, ni dans les entreprises, ni dans les universités, ni dans les gouvernements », a déclaré Marcelo Paixao à l'AFP, expert en relations raciales à l'Université fédérale de Rio (UFRJ).

 

En effet, 124 ans après l'abolition de l'esclavage, les deux tiers des pauvres au Brésil sont noirs ou métis. A qualification égale ils gagnent en moyenne deux fois moins que les blancs.

 

Dernière nation du continent à décréter l'abolition de l'esclavage le 13 mai 1888, au Brésil aujourd'hui « les descendants d'Africains sont moins de 5% au Parlement et moins de 3% dans le système judiciaire. Dans l'industrie, ils occupent moins de 4% des postes d'encadrement et à peine 10% des places à l'université », affirme Frei David, un religieux franciscain qui dirige l'ONG Educafro qui lutte pour faciliter l'accès des noirs à l'Education.

 

En revanche, « ils représentent 80% des employés domestiques, des éboueurs et ouvriers de la construction ».

 

C'est pourquoi l'élection de M. Barbosa « est synonyme de victoire et d'espoir pour les noirs et confirme une tendance au changement », a-t-il ajouté.

 

« L'élection de M. Barbosa est une étape inédite au Brésil et en fait un pays plus en accord avec lui même », a renchéri l'expert en questions raciales, Helio Santos.

 

Selon plusieurs analystes, les politiques de discrimination positive réclamées par les mouvements noirs depuis des décennie ont été le début du changement.

 

En août, la présidente Dilma Rousseff a promulgué – après 13 ans de débats au Parlement – la loi controversée qui réserve 50% des places dans les universités publiques aux étudiants venant des écoles publiques et donnant la priorité aux noirs, métis et indiens (une pratique déjà en vigueur dans de nombreux établissements avant même que la loi ne soit promulguée).

 

Pour ses détracteurs, « elle crée une discrimination parce que l'on partage les gens entre bénéficiaires et non bénéficiaires des quotas ».

 

« Cela a mis fin à une politique d'inaction qui convenait aux Brésiliens les plus aisés », rétorquent les mouvements noirs.

 

« J'étais d'une famille pauvre, je me suis battu et j'ai réussi, mais je sais que d'autres dans les mêmes conditions, avec la même volonté, n'ont pas réussi, car le système d'enseignement crée des mécanismes puissants d'exclusion des noirs », a dit récemment le nouveau président de la Cour suprême.

 

Il raconte que dans les restaurants de Rio où il allait dîner, déjà juge de la Cour suprême, on le prenait souvent pour le voiturier, chargé de garer les véhicules des clients.

 

Pour l'expert Santos, la discrimination raciale gagne d'autres secteurs au Brésil : « Le monde de la technologie avancée est pour les blancs. Aujourd'hui, le Brésil importe de la main d’œuvre qualifiée d'Europe alors que nous avons une réserve énorme de main d’œuvre non qualifiée qui est noire. Si les politiques de quotas avaient été adoptées dans les années 80/90, on n'aurait pas besoin d'importer de la main d’œuvre européenne », relève-t-il.

 

Et de conclure : « L'avenir du Brésil sera à la mesure du devenir de la population noire ».

 

 

Pour vous permettre à la fois d’apprécier l’importance de l’élection de Joaquim Barbosa Gomes à la présidence du STF, et combien, pour le Brésil, reste long et ardu le chemin à parcourir avant d'être complètement débarrassé des pesanteurs de son passé esclavagiste, voici, sous la plume de Nicolas Bourcier, du Monde, une espèce d’état des lieux – temporel et spatial, en un mot : archéologique – des relations raciales dans ce « pays [réputé] le plus inégalitaire du monde ».

 

 

Au Brésil, un racisme cordial

Par Nicolas Bourcier - Le Monde Culture et Idées 13.09.2012

 

A deux pas du centre-ville, au cœur de la zone portuaire de Rio de Janeiro chamboulée par les travaux d'embellissement en vue des Jeux olympiques de 2016, deux ouvriers à la "peau de feu" attendent le verdict des trois archéologues penchés avec leurs ombrelles au-dessus de la tranchée. Une vieille dame bistrée (brun noirâtre) tente de se frayer un chemin, sans même jeter un regard. Pour la énième fois, les employés municipaux butaient sur les vestiges du Valongo, le quai où débarquèrent le plus grand nombre d'esclaves aux Amériques. Un lieu de mémoire et de douleur, enfoui depuis des lustres sous les pavés et le bitume de la ville dite « merveilleuse ».

 

 

 

Plus de 600 000 Africains foulèrent ces maudites pierres au tournant du XIXe siècle. L'hôtel de vente aux esclaves était juste à côté. Leur cimetière aussi, surnommé « le cimetière des nouveaux Noirs ». Depuis le début des travaux, en 2010, de très grandes variétés de bracelets, pierres précieuses et petites affaires personnelles ont été découvertes sous les décombres. Des dizaines de milliers, selon Tania Andrade Lima, la responsable des fouilles.

 

 

 

Jour après jour, Valongo a aussi permis de donner corps à l'ampleur de la traite négrière au Brésil : sur les 9,5 millions de « pièces d'ébène » razziées en Afrique et acheminées dans le Nouveau Monde entre le XVIe et le XIXe siècle, près de 4 millions débarquèrent sur ces terres. Dix fois plus que les esclaves qui ont été expédiés aux Etats-Unis. Un abîme !

 

 

 

VALONGO, PIQÛRE DE RAPPEL DE L'HISTOIRE

 

 

 

Aussi, l'envers du décor est un Brésil qui a cherché pendant plus d'un siècle à effacer son passé. Refusant de solder l'héritage de la traite des Noirs. Et offrant l'image d'un pays métissé, où la couleur de peau ne compte pas, où le racisme n'existe pas, un pays dans lequel des populations d'origine indienne, européenne et africaine entretiendraient des relations cordiales.

 

 

 

Premier pays esclavagiste d'Amérique, le Brésil a été également la dernière nation du continent à décréter l'abolition de l'esclavage, le 13 mai 1888. Une époque où Rio et ses faubourgs représentaient la plus grosse concentration urbaine d'esclaves depuis la fin de l'Empire romain. Plus de 40 % de la population. Presque une ville entière « lestée de fers ». Aujourd'hui, la municipalité de Rio envisage de transformer une partie du quartier de Valongo en site archéologique à ciel ouvert. « Ce patrimoine peut être enfin reconnu, valorisé et devenir un instrument contre cette amnésie collective que s'est imposée notre société à l'égard de la communauté noire », avance Tania Andrade Lima. Valongo comme piqûre de rappel de l'Histoire. « Un petit exemple de la réévaluation bien plus large que connaît actuellement la question raciale au Brésil », ajoute finement l'hebdomadaire britannique The Economist.

 

 

 

De fait, le pays change. A Rio où ailleurs, rares sont ceux qui qualifient encore le Brésil de « démocratie raciale », la formule chère au sociologue et écrivain Gilberto Freyre (1900-1987). Les organisations noires préfèrent parler de « racisme institutionnalisé », soutenues, entre autres, par l'Eglise catholique, qui dénonce les discriminations et la perpétuation d'une culture de « négrier ». Chico Whitaker, l'un des défenseurs des droits de l'homme les plus connus du monde ecclésiastique, n'avait-il pas dit en 2009 que le Brésil vivait encore sous le régime de l'apartheid ?

 

 

 

D'après un recensement rendu public fin 2011 par l'Institut national de statistiques, les Brancos ("Blancs") représentent, pour la première fois depuis la fin du XIXe siècle, moins de la moitié de la population. Ils sont 50,7 % à s'autodéclarer preto (« noirs », 7,6 %) ou pardo (« métis », 43,1 %). Soit 5,4 % de plus qu'en 2000. Trait marquant, ces statistiques montrent aussi que les Brésiliens de couleur restent toujours nettement défavorisés par rapport aux Blancs. L'inégalité raciale est flagrante à tous les niveaux, à commencer par la répartition des richesses. Deux tiers des pauvres sont noirs ou métis. A qualification égale, les Noirs gagnent en moyenne deux fois moins que les Blancs. Une femme noire ne perçoit environ qu'un quart du salaire d'un homme blanc. Selon une étude de 2007, les citoyens de couleur n'occupaient que 3,5 % des postes d'encadrement. A peine 10 % des places d'étudiants à l'université. Moins de 5 % au Parlement. Et 3 % dans le judiciaire. Guère davantage aujourd'hui.

 

 

 

LA DETTE SOCIALE DE L'ESCLAVAGE

 

 

 

Le gouvernement de coalition, composé de 36 membres, de la présidente Dilma Rousseff ne comprend qu'une ministre noire, Luiza Helena de Bairros, chargée du... secrétariat pour la promotion de l'égalité raciale. Elle est la digne héritière du footballeur Pelé, premier homme de couleur à avoir exercé un poste de ministre des sports, en 1994. Singulière parabole de cette expression brésilienne, « le Noir doit savoir où est sa place ». Tous les chiffres et indicateurs vont donc dans le même sens et ils contredisent ce que ressent le visiteur de passage. « Le racisme au Brésil est caché, subtil, non avoué dans son expression, masqué et sous-estimé par les médias, souligne Joaquim Barbosa, premier juge noir à siéger à la Cour suprême de Brasilia. Il n'en demeure pas moins extrêmement violent. » Lui-même, nommé en 2003 par le Lula et pourtant devenu l'une des personnalités publiques les plus connues, dit s'être vu remettre, à deux reprises, une paire de clés de voiture par des hommes blancs au moment de franchir la porte d'un restaurant chic de Rio. Un Noir ? Il ne pouvait être que voiturier. « Et pourtant, ajoute-t-il, les choses se modifient, lentement, une prise de conscience prend forme. »

 

 

 

En avril, les dix juges de la Cour suprême ont fait sensation en prenant position pour la discrimination positive dans l'enseignement supérieur. A l'unanimité, les hauts magistrats décidaient que les quotas raciaux à l'université étaient constitutionnels et corrigeaient « la dette sociale de l'esclavage ». Des dizaines de spécialistes avaient été auditionnés et le jugement a été retransmis en direct à la télé.

 

 

 

Quatre mois plus tard, le 7 août, le Sénat vote une loi obligeant les institutions fédérales de l'enseignement supérieur à réserver 50 % de leurs places à des élèves provenant de lycées publics. Le texte vient d'être paraphé dans son intégralité par la présidente Dilma Rousseff. Les universités ont jusqu'à 2015 pour s'y conformer. Dans la pratique, la loi impose une combinaison sociale et raciale, un mixte astucieux prenant en compte les particularités locales. Elle réserve près de 25 % du total des places des universités fédérales aux étudiants dont le revenu familial est égal ou inférieur à 1,5 fois le salaire minimum (933 reais, 360 euros environ). Le quart restant étant alloué aux étudiants en fonction de l'autodéclaration de la couleur de peau. A charge pour les universités de faire en sorte que les proportions de Noirs, Métis et Indiens soient – au minimum - égales aux proportions de la répartition raciale de l'Etat dans lequel elles se trouvent.

 

 

 

Selon les calculs du quotidien O Globo, la loi entraînera une augmentation de 128 % du nombre de places destinées à la discrimination positive dans les universités fédérales de Rio. Les quatre universités concernées réservent actuellement 5 416 places aux quotas sociaux. Avec la nouvelle mesure, ces places passeraient à 12 351. Il n'en fallait pas plus pour que les adversaires des quotas dénoncent la « racialisation » du Brésil par l'« ethnicisation » du social. Surtout, le débat semble avoir mis à mal le mythe de la démocratie métisse, selon laquelle on ne se définit pas par la couleur de peau.

 

 

 

LE LONG DÉNI DE L'AFRO-BRÉSILIANITÉ

 

 

 

« Le pays le plus raciste du monde », comme l'avait vilipendé un jour, au début des années 1980, en pleine dictature militaire, le sociologue Alberto Guerreiro Ramos (1915-1982), serait-il en proie à une mutation profonde ? C'est le sentiment de la grande majorité des experts rencontrés. « Ces quotas sont la seule alternative aux mécanismes d'occultation et d'exclusion sociale mis en place depuis la fin de l'esclavage », souligne Spiritos Santos, auteur d'un blog vivifiant sur la question raciale et professeur de musique afro-brésilienne à l'université d'Etat de Rio. Pour le frère franciscain David Raimundo dos Santos, « cette nouvelle phase est une révolution pour le Brésil ». Responsable d'Educafro, une ONG qui lutte pour faciliter l'accès des Noirs à l'éducation, il dit être convaincu que le Noir est passé au fil des années « d'esclave du maître à esclave du système ». Il ajoute : « Le Brésil se réveille en pouvant annoncer qu'il a une méthode d'intégration. » Un réveil après une longue nuit tourmentée, celle d'« un long déni de l'afro-brésilianité », écrit Richard Marin, professeur d'histoire et spécialiste reconnu du Brésil.

 

 

 

Dès l'indépendance du Brésil en 1822, les élites n'ont eu de cesse de renier la matrice africaine. « Soucieuses de glorifier un passé ne devant rien aux Portugais, ces élites exalteront dans un premier temps l'Indien, le maître originel de la terre, ce qui est sans danger pour l'ordre esclavagiste », explique Richard Marin. Le Noir est marginalisé, comme rayé de la carte. Même l'écrivain abolitionniste Ruy Barbosa de Oliveira (1849-1923) autorisa en 1890, en tant que ministre des finances, la destruction de la majeure partie des archives du gouvernement liées à l'esclavage. Une manière de refouler une marque honteuse et d'éviter toute forme de compensation, explique Vik Birkbeck, cinéaste britannique installée à Rio et cofondatrice d'un abondant fonds d'archives vidéo sur la culture noire.

 

 

 

L'esclavage aboli, les anciens captifs sont livrés à eux-mêmes. Alors qu'aux Etats-Unis, le président Lincoln ouvre 4 000 écoles pour les esclaves, le Brésil n'en crée aucune. « Sans terre, sans éducation, coupé de toute structure sociale, le Noir libre fut condamné à la misère, souligne Alain Rouquié dans Le Brésil au XXIe siècle. L'abolition tant attendue enracina l'inégalité. »

 

 

 

Jusqu'à la crise de 1929, le boom caféier attire 4 millions d'immigrants d'Europe, peu soucieux du passé colonial et des racines de leur nouvelle patrie. Ceux-ci affichent avec fierté leur identité quand partout triomphe la « supériorité de l'homme blanc ». Une propagande immigrationniste venant du Vieux Continent s'installe, avec pour but de « blanchir » le Brésil, limpar o sangue (« nettoyer le sang »), comme on dit en portugais, au motif que cette jeune et désormais riche nation ne pouvait se faire avec une population majoritairement noire. L'arrivée massive d'Européens produirait naturellement une population à la peau plus claire. A Rio, en 1911, le Congrès international des races annonce le « blanchiment » du Brésil d'ici un siècle...

 

 

 

C'est avec le « modernisme » brésilien des années 1920, qui rejette avec force la servilité à l'égard de l'académisme européen, et aussi avec les romans de Mario de Andrade, qui évoquent le passage de la culture blanche à la culture noire, que la mémoire métisse se met en place. Mais il faudra attendre les travaux de Gilberto Freyre, et d'abord Casa Grande e Senzala (Maîtres et esclaves), en 1933, pour que s'ouvre une perspective qui exalte le métissage comme une « sublime spécificité » brésilienne. Si le sociologue de Recife développe une version magnifiée du colonialisme portugais et du passé esclavagiste, patriarcal et doux, il a l'immense mérite de n'établir aucune hiérarchie entre les « trois races » fondatrices (Africains, Indiens et Portugais).

 

 

 

Définie en contrepoint du modèle ségrégationniste nord-américain, cette notion connut un succès rapide au Brésil, où elle contribua à légitimer le régime autoritaire de l'Estado novo (1937-1945). Moitié blanche, moitié noire, Nossa Senhora da Conceiçao Aparecida devient la sainte patronne du pays. Plat des esclaves, la feijoada (riz blanc et haricots noirs ou marron) s'impose comme plat national. Autrefois musique de « nègre », la samba devient le son typique brésilien. « Au moins jusqu'à la fin des années 1970, c'est à travers ce stéréotype (du métissage biologique et culturel) que le pays se donne à voir à l'extérieur, poursuit Richard Marin. Et pourtant, il y a loin du mythe de la "démocratie raciale" à la réalité de la condition de nombreux Afro-Brésiliens, victimes du racisme – la plupart des Brésiliens préfèrent l'euphémisme "préjugé racial". »

 

 

 

Masqué par l'absence de ségrégation juridique et la chaleur des rapports sociaux, ce « racisme cordial » est nié par le tabou national. Les Brésiliens considèrent qu'ils n'ont pas de préjugé de race, sinon « celui de ne pas en avoir », selon l'expression du sociologue Florestan Fernandes. Une enquête conduite dans les années 1980 par l'anthropologue Lilia Moritz Schwarcz donne la mesure de ce refoulement. Si 97 % des personnes répondirent n'avoir aucun préjugé racial, 98 % avouèrent connaître des personnes racistes. Non sans humour, l'anthropologue en conclut : « Tout Brésilien se perçoit comme une île de « démocratie raciale » encerclée par des racistes. »

 

 

 

136 CATÉGORIES DE COLORATION

 

 

 

Une enquête de l'Institut national de statistiques, en 1976, dit très bien le rapport complexe des Brésiliens avec la couleur de peau. Elle demandait à chaque destinataire du questionnaire d'indiquer quelle peau il avait. Le succès fut immédiat, et provoqua un étonnant casse-tête. Les Brésiliens se reconnaissaient dans rien de moins que 136 catégories de coloration allant du blanc au noir.

 

 

 

Pour la couleur blanche, les ménages se sont décrits selon une douzaine de taxinomies, de « bem branca » (« bien blanche ») à « branca suja » (« blanc sale »), en passant par « branca queimada » (« blanc brûlé »), « branca avermelahada » (« blanc rougi ») ou « branquiça » (« blanc essentiel »). La peau jaune révèle quatre entrées. Trois pour la peau rose. Certaines peaux sont « roxas » (« violettes »), « verdes » (« vertes »), « palidas » (« pâles »), « trigos » (« blés ») ou « morenas bem chegadam » (« brunes bien arrivées »). Pour désigner une peau noire ou métisse, les nuances sont quasi infinies : « cor de cafe » (« couleur de café »), « tostada » (« grillée »), « bugrezinha » (« un peu bien foncée »), « meio preta » (« moitié noire »), « parda escura » (« gris sombre »), « queimada de praia » (« brûlé de plage »), Comme si l'identité raciale était un attribut social passager et relatif, « un objet de négociation », selon Lilia Moritz Schwarcz.

 

 

 

Et pourtant. Il fallut attendre 1986 pour assister à l'élection – tumultueuse et controversée – d'une Miss Brésil noire. Attendre encore la nouvelle Constitution brésilienne de 1988, trois ans après la chute de la dictature, pour inscrire le racisme comme un « crime imprescriptible ». Et attendre la loi du 9 janvier 2003, soutenue par le président Lula, pour que l'enseignement de l'histoire et de la culture afro-brésilienne soit obligatoire à l'école primaire et secondaire.

 

 

 

Malmené par le régime militaire, le mouvement noir, ultraminoritaire, trouve de solides relais dans l'opinion progressiste dès les premières heures du Brésil démocratique. Il fait pression pour remplacer le 13 mai, jour anniversaire de l'abolition de l'esclavage, par le 20 novembre, la Journée de la conscience nègre qui commémore la mort du légendaire Zumbi Dos Palmares, leader noir insurgé du Nordeste au XVIIe siècle. Il milite pour l'adoption de mesures de discrimination positive sur le mode de l'affirmative action des années 1960 aux Etats-Unis.

 

 

 

QUOTAS RACIAUX

 

 

 

Le débat sur les quotas raciaux apparaît sous le président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). Sensible à la question noire pour avoir consacré sa thèse de sociologie à l'esclavage, il instaure des groupes de travail où l'on évoque les actions publiques de valorisation des populations noires et l'obligation de mentionner la couleur de peau dans les documents officiels. En 2002, l'université d'Etat de Bahia s'ouvre aux quotas raciaux, suivie au compte-gouttes par une soixantaine d'établissements.

 

 

 

Avec Lula, l'objectif explicite d'une politique de quotas raciaux « vise à "réparer", observe Richard Marin, à compenser les discriminations sociales dont les Noirs sont l'objet, ce que peu de Brésiliens contestent ». C'est cette voie que la Cour suprême a voulu suivre après une dizaine d'années de débats et de tâtonnements. Et que le Sénat vient de baliser en croisant prudemment les critères sociaux et de couleur de peau.

 

 

 

Les rues du Valongo viennent d'être pavées et rouvertes à la circulation. Des façades de maisons ont été restaurées. Le jardin suspendu du vieux quartier Morro da Conceicao, situé en face du port, a été réhabilité. Tout est calme. Ce soir passe à la télé le premier épisode d'une telenovela, Lado a lado, « côte à côte » en français. L'histoire est consacrée à la vie des Noirs après l'abolition de l'esclavage. « C'est une période riche et encore peu explorée », a commenté l'acteur principal, Lazaro Ramos. Il a souri, dit-on.

 

 

 

Nicolas Bourcier (Rio de Janeiro (Brésil), correspondant)

 

 

Sur le même sujet, voir aussi, de Marcel Amondji, « L’Afrique noire au miroir de l’Occident », Editions nouvelles du Sud, Paris 1993 ; notamment, le chapitre intitulé « Riches Blancs, pauvres Noirs » (pages 185-191).

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